AccueilSociétéJean Caire et Marie Tonoir, peintres régionalistes et orientalistes

Jean Caire et Marie Tonoir, peintres régionalistes et orientalistes

Jean Caire voit le jour en 1855 au coeur de la vallée de l’Ubaye, dans les Alpes de Haute-Provence.

ActualitéSociété Publié le ,

Quatre ans plus tard, Marie Tonoir, fille de soyeux, naissait à Lyon. C’est dans cette ville que les deux artistes en devenir se rencontrent pour la première fois. En effet, Jean, qui débute une carrière de commerçant, se tourne vers la peinture sous l’enseignement de Louis Guy et c’est en exposant pour la première fois dans la capitale des Gaules, en 1885, qu’il fait la connaissance de Marie Tonoir, qu’il épouse en 1887. Le couple d’artistes va vivre les mêmes années d’apprentissage, d’abord dans les ateliers lyonnais, puis au sein de l’Académie Julian, à Paris, sous la conduite de professeurs émérites, tels Jules Lefebvre, Gustave Boulanger ou encore Benjamin-Constant. Le couple commence à se bâtir une solide réputation dans la capitale, permettant à Jean Caire d’être élu président de la Société fraternelle des Bas-Alpins de Paris. Les deux artistes participent à de nombreuses expositions et sont plusieurs fois récompensés. Si leurs oeuvres célèbrent la province française et la vie paysanne, en particulier l’ancienne vallée de Barcelonnette (actuelle Ubaye), ils se distinguent radicalement par leur style, bien distincts. Tandis que l’oeuvre de Jean se matérialise essentiellement en des paysages de campagne, où toute présence humaine est exclue, l’engagement artistique de Marie Tonoir s’intéresse, à l’inverse, à la représentation de la figure humaine. Deux regards qui se complètent, en reposant, finalement, sur une même notion : l’amour qu’ils portent à leur terre et à ses habitants.

L'appel du Magreb

Au XIXe siècle, surtout après la prise d’Alger, les artistes se pressent aux portes du Maghreb : écrivains, philosophes ou simples voyageurs, ils sont nombreux à visiter la Tunisie et à publier, de retour au pays, leurs carnets de voyage. La peinture ne fait pas exception. Louis Appian, Lucien Mainssieux, Jules Migonney… Tous sont frappés par « l’appel de l’Orient » et se rendent sur les terres africaines pour restituer, à leur manière, leurs impressions sur le continent étranger. Les Caire font définitivement partie de cette « nouvelle vague ». S’il n’arrête pas pour autant de peindre les champs de l’Ubaye, le couple va se rendre une première fois en Tunisie dans les années 1890, avant d’y retourner régulièrement au cours de l’hiver. Se liant d’amitié avec les autochtones, ils réalisent sur place de nombreuses vues photographiques, mais aussi quelques tableaux au réalisme saisissant, portraits d’anonymes ou paysages saturés de lumière. Certains d’entre eux – Tête de femme Biskra, Place à Tunis, Fileuses algériennes – sont aujourd’hui dispersés dans les collections publiques des musées de France (Lyon, Marseille, Digne, musée de la Vallée à Barcelonnette, jusqu’au prestigieux musée du quai Branly), mais aussi dans des collections de privés, en France et à l’étranger. .../...

Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5105 du samedi 14 juin 2014

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