AccueilCollectivitésJarrie (Isère) peut se (re)construire

Jarrie (Isère) peut se (re)construire

La chimie (du chlore notamment), historiquement installée depuis 100 ans, a certes généré des milliers d’emplois mais aussi de très fortes contraintes.

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Pas moyen de construire, d’accueillir de nouveaux arrivants ni même de satisfaire une demande interne en logements sociaux, individuels et en foncier. La population a même décru de quelque 40 habitants depuis 2010 (de 4 040 à 4 000).

C’est de l’histoire ancienne depuis le 24 mai, date à laquelle le PPRT nouveau devait entrer en vigueur et libérer les deux tiers du territoire communal, les rendant ainsi potentiellement à l’urbanisme : « Nous n’allons pas reprendre 1 000 habitants en 5 ans, ce n’est pas notre objectif et le Scot ne nous l’autorise pas de toute façon ; par ailleurs, le coût du foncier à Jarrie (200-300 € le m2) est dans les plus chers de la Métropole. Nous voulons simplement reprendre une progression démographique moyenne et normale pour une commune comme la nôtre », explique le maire de Jarrie Raphaël Guerrero.

Les nouvelles technologies chimiques, articulées avec une baisse des volumes de production (170 kt à 60 kt de chlore) et un drastique plan de protection du bâti et de l’environnement directs (100 M€ financés par les industriels et l’Etat) ont permis de réduire les périmètres contraints autour des installations chimiques, tant à Jarrie, qu’à Pont-de-Claix et à Roussillon (Isère rhodanienne) : « J’ai usé trois préfets sur ce dossier, plaisante Raphaël Guerrero, mais ça y est nous touchons au but. »

Aujourd’hui, la commune accueille 1 500 emplois (plus du tiers du chiffre de sa population) dont 1 000 environ dans la chimie (emplois directs et sous-traitants d’Arkema, Areva). Des PME composent aussi le riche paysage industriel de la commune comme Axyma-Cofely, qui emploie 250 salariés dans la chaudronnerie plastique, ou Capelli (100 salariés, chaudronnerie).

Bien positionnée à 15 mn du centre de Grenoble, Jarrie risque d’attirer du monde , mais il va falloir redistribuer les cartes, car si la commune a longtemps empoché l’intégralité d’une coquette taxe professionnelle, ce n’est plus le cas aujourd’hui, les recettes étant mises au pot commun de la métropolisation intercommunale : « Nous avions l’habitude de faire bénéficier des communes de certains équipements (garderies ,entre autres), ce ne sera plus possible de tout financer. A cela, il faut retrancher 2 M€ de dotation d’Etat qui ne seront pas au rendez-vous sur le mandat. »

La clé est intercommunale et métropolitaine pour toutes les communes qui vivent dans ce même bassin de vie. La maire mise beaucoup sur les transports en commun, à commencer par un cadencement adéquat du train sur la ligne vers Grenoble, qui bénéficie d’investissements SNCF / RFF sur des travaux en cours. Le SMTC (Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération grenobloise), qui sera un gros souci financier pour le vice-président est aussi très attendu : « Bien sûr il y a toujours le doute sur la compétence de la Métro ou du Département, et surtout à qui va échoir le poids de la dette du SMTC (environ 700 M€) entre la Métro et le Département de l’Isère, mais en attendant les usagers attendent des transports tous les jours, les entreprises de transports attendent de fonctionner grâce au SMTC… Ce sont de très gros enjeux »

Sur ce dossier comme sur les autres, la Métro attend une redéfinition claire des positions du Département qui vient d’arriver aux commandes : « Une fois que l’on saura ce que veut faire ou ne pas faire le Département (rénovation des quartiers, ANRU, etc.), on avancera nous aussi. J’ai cru comprendre que le président Barbier souhaite travailler avec la Métropole et donner les moyens au SMTC de fonctionner, avance Raphaël Guerrero, le Département est aussi prêt à financer sa part de l’échangeur routier du Rondeau, comme la ville et la Métro…».

Cependant, la Métropole, elle aussi, démarre tout juste, et des entreprises s’impatientent, les commandes publiques tardent à venir : « Avant de dépenser 1 euro, je veux être certain d’avoir 1 euro en caisse, affirme le vice-président aux finances, la difficulté de la Métro est double, il y a la question des compétences et il faut faire remonter toutes les données financières et administratives. Passer de 27 communes à 49, ce n’est pas rien. Si Grenoble a un service financier, ce n’est pas le cas de toutes les communes, bien souvent c’est le secrétaire de mairie voire le maire qui doit fournir les données. On doit tout compiler, tout remettre à plat, tout analyser… Je ne veux pas laisser un trou béant au futur VP aux finances en 2020 […] »




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Lire la suite dans Le Tout Lyon Affiches n°5155 du samedi 30 mai 2015

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