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Jacqueline Delubac, la collectionneuse

C’est un portrait étonnant de cette Lyonnaise d’origine, qui a passé l’essentiel de son enfance à Valence, que brosse le musée dans sa nouvelle exposition sous-titrée « Le choix de la modernité ».

ActualitéSociété Publié le ,

On y entre comme on entrerait dans son grand appartement du quai d’Orsay, un parti pris délibéré de la commissaire de l’exposition, Salima Hellal. L’exposition s’ouvre sur un grand portrait de sa mère, peint par le peintre valentinois Paul Audra, qui a beaucoup compté pour la comédienne, puisqu’elle a repris son nom de jeune fille comme nom de scène. Des photos d’elle, de sa mère, de ses proches, sur la plage, à Nice ou dans sa loge des Bouffes- Parisiens voisinent avec Poisson sur une assiette de Pierre Bonnard. Ensuite, le visiteur pénètre dans l’entrée à la moquette impression panthère où il découvre un fameux Bacon, un Dubuffet et d’incroyables chaises de Ruth Francken. Où les meubles grand siècle voisinent avec des objets très contemporains, comme dans l’appartement du quai d’Orsay, qu’elle fait aménager par le célèbre décorateur des années 1970, Henri Samuel, après la mort de son second mari. L’ensemble de l’exposition est ainsi une audacieuse traversée dans l’intérieur de celle que Paris-Match avait consacrée comme la « femme la plus élégante de Paris ». La conservatrice du Musée des Beaux-arts a réalisé un véritable travail d’enquête, photos de l’appartement à l’appui, pour reconstituer les espaces, même si elle a choisi de prendre quelques libertés avec les accrochages. Il y a également ici une salle avec des oeuvres appartenant à Sacha Guitry, qui fut son premier mari, et que Salima Hellal a patiemment cherchées, bien qu’il ne lui ait rien laissé lors de leur divorce en 1939, à part quelques bijoux qu’il lui avait offerts. Il faut dire que Jacqueline Delubac s’est sensibilisée à l’art au contact du dramaturge, dans son hôtel particulier de la rue Élisée Reclus où les tableaux « se touchent bord à bord. Cézanne, Renoir, Monnet, Fantin-Latour, Seurat, Vuillard, Bonnard », écrit-elle dans Faut-il épouser Sacha Guitry ? On peut admirer une splendide petite danseuse de Degas en bronze ou regarder une reconstitution virtuelle de l’appartement avant de découvrir dans le Salon rouge le fameux Déjeuner sur l’herbe de Claude Monet, désormais propriété du musée d’Orsay, qui faisait partie de la collection de son second mari, Myran Eknayan. .../...


Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5131 du samedi 13 décembre 2014

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