AccueilActualitéGrand témoinIsabelle Huault, présidente du directoire d’emlyon business school : "Renforcer notre dimension entrepreneuriale"

Isabelle Huault, présidente du directoire d’emlyon business school : "Renforcer notre dimension entrepreneuriale"

Cap sur 2025 pour emlyon business school avec une feuille de route marquée par l’ouverture à l’international et innovation pédagogique tout en boostant sa vocation entrepreneuriale. Rencontre avec Isabelle Huault, sa présidente du directoire.
Isabelle Huault, présidente du directoire d’emlyon business school : "Renforcer notre dimension entrepreneuriale"
© Marine-Agathe Gonard pour le Tout Lyon - Isabelle Huault, présidente du directoire de l'emlyon est docteure en sciences de gestion, diplômée de l'université Jean-Moulin Lyon 3

ActualitéGrand témoin Publié le ,

Quel premier bilan faites-vous depuis votre prise de fonction ?

Je suis arrivée dans un contexte ou l’école traversait une zone de turbulence, et pour lequel il fallait remettre de la sérénité sur la trajectoire de l’emlyon, qui a gardé des fondamentaux solides, qu’il s’agisse de la qualité des élèves, des équipes enseignantes et de recherche, ainsi que du réseau d’alumni. Je connaissais bien évidemment l’école et sa situation, étant une ancienne diplômée, et je savais que son pilotage serait serré.

Avec quelles ambitions avez-vous pris votre poste ?

Il y avait d’abord urgence à agir pour rétablir cette sérénité et redonner confiance à nos parties prenantes, internes et externes. Il fallait proposer rapidement un nouveau plan stratégique, adopté en janvier 2021 et baptisé "Confluences 2025", associé à une refonte complète de l’équipe de direction. L’objectif était de remettre sur les rails l’une des plus prestigieuses business school de France et d’Europe, qui cumule une histoire de plus de 150 ans.

© Marine-Agathe Gonard pour le Tout Lyon

"Viser le Top 15 des business school européennes d’ici 2025"

Que voulez-vous faire de l’emlyon exactement ?

L’ambition est de maintenir notre rang, voire de gagner des places dans le classement européen (19e meilleure business school d’Europe selon le Financial Times, Ndlr) et viser la 15e place d’ici 2025. Nous allons nous appuyer sur trois piliers : l’ouverture sur le monde, la pluridisciplinarité avec la volonté d’ouvrir le management et les sciences de gestion à d’autres disciplines et l’engagement social et environnemental, dans un contexte où la transition socio-écologiques est un enjeu majeur pour nos étudiants. Le rôle d’une grande business school est in fine est de produire de la connaissance sur ces sujets puis de la diffuser de manière sérieuse.

Isabelle Huault : ses dates clés

2020 : présidente du directoire d’emlyon business school

2016 : présidente de l’Université Paris Dauphine-PSL

1999 : agrégée en sciences de gestion

1990 : diplômée de l’emlyon

Cette réalité écologique et environnementale transpire-t-elle vraiment chez les étudiants ?

La nouvelle génération que nous accueillons se préoccupe de ces enjeux, avec des mouvements d’étudiants qui se sont d’ailleurs constitués il y a 4-5 ans pour promouvoir la formation aux enjeux socio-écologiques. L’école prend ses responsabilités sur ces sujets de manière extrêmement volontariste. Nous venons par exemple d’introduire un cours obligatoire dans notre programme grande école baptisé "agir pour le climat". Mais globalement, l’ensemble de notre offre de formation va être revue à l’aune des 17 objectifs du développement durable de l’ONU (ces objectifs sont destinés à assurer la paix et la prospérité pour les peuples et la planète à l'horizon 2030, Ndlr). C’est ce travail que nous menons afin que nos étudiants acquièrent des connaissances dans ce domaine et soient capables d’affronter ces enjeux ; qu’ils travaillent plus tard le dans le marketing ou la finance. Fin 2022, 60 % de nos cours auront été ainsi transformés avec un objectif de 100 % en 2023.

Ouverture sociale et territoriale

"Rien n’est plus injuste pour des élèves issus de milieux modestes de s’auto-censurer ou d’être censurés pour venir dans de grandes écoles"

Vous avez annoncé une nouvelle mesure destinée aux étudiants boursiers avec une prise en charge à 100 % des frais de scolarité ? Pourquoi ?

Dans notre engament sociétal et environnemental, nous voulons promouvoir une plus grande ouverture sociale de l’école en accueillant plus de boursiers, 35 % à l’horizon 2025. Il s’agit d’une source de diversité. Rien n’est plus injuste pour des élèves issus de milieux modestes de s’auto-censurer ou d’être censurés pour venir dans de grandes écoles. Nous promouvons aussi les formations d’apprentissage pour favoriser l’alternance et ainsi créer un levier de financement de la scolarité et relançons aussi la fondation emlyon par l’élection d’un nouveau président, Philippe Klocanas.

Comment l’école a-t-elle traversée la crise Covid ?

Nos étudiants ont été fortement impactés par cette crise, certains même se retrouvant dans une situation de précarité. D’où la mise en place d’un fonds de solidarité qui a permis de financer à hauteur de 600 000 € les frais de scolarité de certains étudiants. La crise a aussi des effets sur la vie sociale qui s’est appauvrie et sur les conditions d’enseignement qui se sont dégradées, mais nous avons pu tous nous adapter. À l’inverse, la crise nous a aussi permis de progresser sur le contenu de nos cours et sur la pédagogie numérique.

En coulisses

Le grand amphithéâtre du campus de l’emlyon à Ecully porte le nom de Julie-Victoire Daubié, femme qui a promu l’accès à l’éducation des femmes. Un parcours inspirant pour Isabelle Huault.

Quel est le modèle économique de l’emlyon ?

Notre source principale de revenus provient des droits de scolarité. Dans ce cadre-là, la pédagogie numérique n’a pas eu d’effet de faire baisser les droits de la scolarité puisque nos coûts fixes n’ont pas changé. La promesse de l’enseignement dispensé a été tenue avec une absence de dégradation sur l’employabilité de nos étudiants. Nous restons la 2e business school française après HEC en termes d’insertion professionnelle.

Le déménagement de l’emlyon prévu en 2024 est très attendu, l’emlyon sera encore plus proche de son écosystème ?

À n’en pas douter, l’emlyon a cette spécificité d’être bien ancrée dans son territoire et nous souhaitons l’être encore plus. Nous avons de plus des accords académiques avec l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, l’Insa, la Cité du Design de Saint-Etienne ou encore l’Ecole Centrale. Nos partenariats avec les entreprises du territoire sont denses, comme aussi avec le Medef, la CPME et la CCI notre actionnaire de référence. Côté institutionnel, nous sommes aussi partenaires de la Région de la métropole mais aussi des communes comme celle d’Ecully et de Lyon. Nous sommes une école ouverte sur l’international mais bien ancrée sur son territoire. À Saint-Etienne, nous dispensons, en français, un Bachelor dont le campus noue des partenariats avec la Cité du Design ou l’École des Mines.

"Conforter et amplifier notre héritage, renforcer la dimension entrepreneuriale et puis se projeter"

Quel projet vous anime autour de nouveau site pour une école ?

L’idée serait plutôt de réinscrire l’histoire de l’école dans le monde de demain. C’est-à-dire conforter et amplifier notre héritage, renforcer la dimension entrepreneuriale très présente et puis se projeter. Le campus de Gerland incarne notre nouveau modèle scientifique et pédagogique, ancré sur un territoire et une attractivité augmentée. La rationalisation de l’espace va aussi favoriser les synergies et les transversalités. Nous pourrons augmenter la pédagogie numérique, mais raisonnablement avec 20 % de cours en ligne. Notre plan ambitionne de passer de 8 600 à 12 000 étudiants en 2025, mais tous ne seront pas sur le site de Lyon.

De quelle manière la thématique de l’égalité homme femme vous inspire-t-elle ?

C’est un vrai sujet et qui reste un élément de préoccupation. Notre directoire est composé de trois femmes et de deux hommes. C’est une cause qui me tient à cœur depuis toujours. Nous avons une charte égalité femmes-hommes à l’emlyon destinée à garantir la meilleure égalité salariale possible et les trajectoires professionnelles plus égalitaires. Nous avons aussi mis en place une cellule de veille contre les discriminations de toute nature. Nous déclinons aussi un volet de la formation auprès de nos étudiantes pour la négociation salariale, la sensibilisation à des filières peu féminisées, comme la finance et l’intelligence artificielle. Nous sommes aussi en lien avec l’International Woman Forum auquel j’appartiens et qui travaille sur ces sujets de mentoring des jeunes femmes. Enfin, le collectif Olympe de l’emlyon est une association de promotion des femmes.

Son style de management

Je tiens à la dimension collégiale de notre gouvernance et au dialogue social

Ses lectures

La révolte, enquête sur les jeunes élites face au défi écologique, de Marine Miller

Ses inspirations

Julie-Victoire Daubié : journaliste, militante du droit des femmes et première femme française à obtenir le Baccalauréat à Lyon en 1861

Son lieu ressourçant

La Corse

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