AccueilEditos-BilletsEDITO : Instincts primaires

EDITO : Instincts primaires

La démocratie face au terrorisme. Jeudi, le libellé de l'intervention du chef de l'Etat, enchâssée dans une matinée organisée sous l'égide de fondations, était sans ambages.
EDITO : Instincts primaires

ActualitéEditos-Billets Publié le ,

Sur un ton dogmatique et lors d’un discours scolastique à dessein, François Hollande a fait vibrer la corde sensible d’une France des libertés, axant sa logorrhée sur la préservation de la culture démocratique, la pérennité du modèle social de notre pays, la consolidation du socle commun qui engendre l’épanouissement des spécificités… Pour lui, en raison du terrorisme islamiste et du fanatisme, « la conception même de la France est en jeu ». Et de promouvoir une démocratie qui incarne la liberté, la tolérance, le respect, l’égalité et aussi, voire surtout, la culture.
A Lyon, qui dit culture, dit Biennale. De mi-septembre à la fin du mois, la Biennale de la danse occupera l’espace public et médiatique, avec ses dizaines de spectacles, ses 17 créations et ses quatre œuvres inédites, comme le souligne, non sans une pointe de contentement, sa directrice Dominique Hervieu (lire notre Grand témoin, pages 4-6). Un festival de découverte et de partage de toutes les danses, un rendez-vous festif, multiculturel, international et avant tout populaire, à la différence, au moins sur ce point, du locataire de l’Elysée. Cette 17e édition aura pour thème « Ensemble ». De quoi enraciner l’idée d’une démocratie une et indivisible, en cultivant les racines de l’humanité au détriment de celles du mal.
Mais l’intérêt de cette allocution du Président de la République résidait tout autant dans les petites phrases distillées, dans ces allusions à peine voilées aux hommes politiques qu’il pourrait avoir à affronter lors des échéances du printemps. Sarkozy, via une nouvelle anaphore le ciblant, la Droite, qu’il a tancée en endossant le costume de défenseur de l’Etat de droit, mais aussi Macron, les eurosceptiques et même les enseignants grévistes, lui, Président, préférant que l’on s’exprime dans les urnes plutôt qu’en manifestant dans les rues. Chacun est donc reparti avec le viatique d’une mention corrosive.
Difficile, on le voit, nonobstant le singulier consensus de cette thématique sécuritaire, de résister à ses instincts de politique. Des instincts quasi primaires ! Patience, celles de LR et de la Gauche se profilent… A l’heure où les contradicteurs entrent dans la danse, on scrutera leur capacité à élever le débat, dans un vrai exercice de vivre ensemble ! Et là, c’est pas gagné…

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?