AccueilServicesImmobilier - Woopa : un bâtiment plein de ressources !

Immobilier - Woopa : un bâtiment plein de ressources !

C’est, a priori, le premier en Europe.

EconomieServices Publié le ,

Le premier bâtiment à énergie positive (BEPOS) aussi abouti. Les BEPOS, on en annonce un certain nombre. Il faut dire que, côté image, on est forcément impressionné par ce qui est avant-gardiste. Or, avant-gardiste, le BEPOS l’est, puisqu’il ne devrait constituer la norme dans la construction qu’à partir de 2020 (conséquence du Grenelle de l’environnement). D’ici là, un label aura sans doute vu le jour, de la même façon que le label BBC avait précédé la RT2012. Aujourd’hui, il n’existe aucun véritable élément sur les BEPOS. On a seulement deux pistes. D’abord, le bâtiment doit produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. Ensuite, pour avoir une idée de l’énergie dont on parle, on peut se référer aux réglementations thermiques successives qui n’encadrent que les consommations en éclairage, ventilation, chauffage et froid. Le Woopa fait mieux. Tout comme son aïeul, le pôle SOLERE, rebaptisé depuis Cité de l’environnement, construit en 2008 sur le Parc Technologique de Saint-Priest, le Woopa se veut un BEPOS, toutes consommations ! Et cela change tout. Car on parle ici de bâtiments tertiaires. Or, dans un tel édifice, les consommations liées à la bureautique sont très importantes. Autant dire que le Woopa vise un niveau qui ne sera peut-être jamais imposé…
Ses commanditaires ont voulu en faire un modèle. Ce sont des gens bien décidés. Le Woopa appartient à une SCI composée d’entreprises particulièrement attentives au développement durable : l’union régionale des SCOP, la société coopérative d’HLM Rhône-Saône Habitat, des bureaux d’études coopératifs, une coopérative de finances solidaires, Biocoop (magasins bio), ainsi qu’une société spécialisée dans l'ingénierie du développement et une autre dans l’assistance à maîtrise d’ouvrage.

Une véritable bouteille Thermos

Pour créer un BEPOS, il faut s’attacher à minimiser les consommations et, parallèlement, à produire une énergie renouvelable en quantité.
Pour minimiser les consommations, il y a d’abord le choix de l’orientation et de la forme du bâtiment. Il y a également des techniques constructives et des matériaux adaptés. Cela a été le travail de l’équipe hollandaise d’architectes, le cabinet RAU, de son relais sur Lyon, le cabinet Soho, et des bureaux d’études. Le bâtiment est composé de dalles soutenues par des poteaux et auxquelles on a accroché des panneaux reliés entre eux par des joints. Il n’y a donc pas de murs en béton. Les panneaux ont une structure en bois. En partant de l’extérieur, on trouve un parement en aluminium laqué ou en verre granité (effets esthétiques), 17 cm de laine minérale et une tôle métallique. A l’intérieur, cette façade est habillée de 5 cm de laine de verre et de panneaux perforés. Les menuiseries ont également un châssis en bois, plus un triple vitrage avec paresoleil intégré.
Très bien isolé et parfaitement étanche, le bâtiment est aussi équipé de dalles actives qui apportent une inertie thermique, source d’économie et de confort. Au lieu d’être coulées dans une chape sur la dalle, toutes les tuyauteries le sont dans une dalle épaisse de 40 cm.

Des énergies zéro carbone

Selon Bruno Lebuhotel, président du groupe de bureaux d’études Quadriplus et de l’union régionale des SCOP (par ailleurs ingénieur bâtiment), qui mène les opérations, le Woopa est une véritable bouteille Thermos. Eclairages performants et ventilation double flux à récupération d’énergie complètent l’équipement. Au final, la consommation du bâtiment devrait être de 47 kWh/ m2 quand on est à 80 kWh/m2 en RT2012. La consommation électrique liée à la bureautique est également estimée à 47 kWh m2. Soit un total de 94 kWh/m2. A la Cité de l’environnement, le prévisionnel, qui n’a pas pu être tenu, était de 85 kWh/m2. Les 94 kWh/m2 sont donc sans doute réalistes.
Concernant les énergies, le Woopa est suréquipé. Pour le froid, on va chercher la fraicheur de la nappe phréatique un échangeur thermique et de l’eau qui circule dans les dalles actives. Pour la chaleur, le Woopa dispose d’une centrale de cogénération à l’huile de colza qui assure les premières calories. A partir de zéro degré, des chaudières à condensation à granulés bois sont mises en marche. A partir de - 5 degrés, une chaudière gaz fait l’appoint.
Pour l’électricité, 40 % des besoins sont assurés par la centrale de cogénération et 60 % par des capteurs photovoltaïques : 1 600 m2, à cheval sur les bâtiments et sur les logements construits à côté. Biensûr, on parle de BEPOS d’un point de vue comptable : le bâtiment n’est pas autonome. L’électricité produite est injectée sur le réseau et revendue (à Enercoop). Elle devrait être supérieure à 1 million de kWh.
Et le prix dans tout cela ? 30 M€ pour le bâtiment, le terrain et les honoraires. Soit 20 M€ pour 11 000 m2 Shon dont 9 000 m2 de bureaux (commerces en rezde- chaussée) et deux niveaux de parking souterrains. Ce qui fait 1 820 €/m2 (2 200 €/m2 pour la Cité de l’environnement en 2008). « Sans parking et sans panneaux photovoltaïques, on tombe à 1 500 €/m2 », indique Bruno Lebuhotel, qui précise qu’un bâtiment BBC revient à environ 1 350 €/m2. La SCI reloue les locaux aux entreprises (propriétaires de la SCI) pour 160 €/m2. Quant aux charges d’énergies, estimées par notre homme à 10 €/m2/an en BBC, elles sont ici nulles. Un suivi de deux années sera assuré par l’ADEME pour le vérifier.

Alban Razia

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?