Haut

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On a complètement oublié la décision du 27 février 1990, capitale dans l'histoire administrative française : le décret, signé par François Mitterrand et Michel Rocard paraissant au J.O. et officialisant le changement de nom du département des Côtes-du-Nord en Côtes-d'Armor ; un événement-phare aurait pu dire le maire de Fréhel, commune de ce département qui elle aussi, franchissant un cap, changea de nom à cette époque...

Ce fut le dernier épisode d'un feuilleton ayant débuté le 4 septembre 1941. Ce jour-là, la Charente-Inférieure devint Charente-Maritime. Dans la foulée, la Seine-Inférieure elle-aussi devint « Maritime » (18 janvier 1955), puis la Loire-Inférieure fut rebaptisée Loire-Atlantique (9 mars 1957) ; les Basses-Pyrénées disparurent au profit des Pyrénées-Atlantiques (10 octobre 1969) et les Basses-Alpes entamèrent une nouvelle jeunesse en devenant Alpes-de-Haute-Provence (13 avril 1970). Et étonnamment, les dix départements dont le nom commençait par « Haut » ou « Haute » ne demandèrent rien, eux... Tout au plus en ajouta-t-on un onzième, les Hauts-de-Seine, en janvier 1968, puis un douzième, en créant la Haute-Corse en janvier 1976 ; mais la moitié restante de l'île ne devint pas la Basse-Corse, on opta pour Corse-du-Sud. Par prudence ? En revanche, la demande de changement de nom du département d'Ille-et-Vilaine, le caractère péjoratif du nom du fleuve traversant Rennes étant invoqué, ne fut pas prise en compte, et ce département ne devint pas la Haute-Bretagne. Pas encore ?

Haut-de-France, en revanche, est le premier nouveau nom de régions venant d'être créées, proposé par ses élus. Haut-de-France, on le sait pour Nord-Pas-de-Calais-Picardie. On veut bien parier que Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon n'emboitera pas le pas en proposant de s'appeler Bas-de-France... Pas plus qu'on imagine voir ressortir le projet de Georges Frêche, en 2004-2005, de rebaptiser sa région Septimanie, les Catalans s'y étant fortement opposés. Même casse-tête pour Poitou-Charentes-Aquitaine-Limousin ; pour Champagne-Ardenne-Lorraine-Alsace... et pour Auvergne-Rhône-Alpes. Une consultation est en cours sur Internet, à l'initiative du conseil régional, à ce sujet. En tout cas, sans chauvinisme aucun, on ne peut que remarquer que le nom de Haut-de-France a été usurpé par les gens du Nord ; la région qui légitimement devrait porter un tel nom, n'est-ce pas celle où se trouve le point culminant de notre pays, le Mont-Blanc ? Nonobstant son diplôme d'agrégé d'histoire-géo, notre président de Région devrait le faire remarquer à son collègue du Nord... A moins qu'il ne préfère jouer plus finement : les 4807,73 mètres du Mont-Blanc en font le plus haut sommet d'Europe, dès lors Toit-d'Europe comme nouveau nom de notre région (plutôt que Toit-de-France, pas assez ambitieux) témoignerait d'une... hauteur de vue certaine.

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