AccueilActualitéPolitiqueGrève à Lyon : 7ème semaine de mobilisation des agents de Perrache, leur perspective d'emploi au point mort

Grève à Lyon : 7ème semaine de mobilisation des agents de Perrache, leur perspective d'emploi au point mort

Depuis le début du mois d’octobre, les agents d’entretien de la plateforme d’échanges de Perrache sont en grève. Une contestation déclenchée par la décision de la Métropole, souhaitant réserver le marché à une structure d’insertion professionnelle.
Plateforme d'échange de Perrache, les déchets s'accumulent malgré le service minimum assuré par les agents d'entretien
© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste - Plateforme d'échange de Perrache, les déchets s'accumulent malgré le service minimum assuré par les agents d'entretien

ActualitéPolitique Publié le ,

7ème semaine de grève pour les salariés d’Arc en ciel chargés de l’entretien de la plateforme d’échange de Perrache. Une contestation bien visible, mais inaudible. Le sol de l’édifice s’est habillé de mouchoirs usagers, de gobelets à moitié remplis de café daté et de tâches adhésives. Les grévistes peinent pourtant à faire entendre leur requête à la Métropole.

"On ne demande rien, juste de garder notre boulot"

"On ne demande rien, juste de garder notre boulot, pas d’augmentation de salaire, pas de 13ème mois, le but c’est de garder notre boulot, c’est tout", se désole Mannai Mehrez, agent d’entretien à Perrache. Une rengaine répétée jusqu’au siège de l’institution lyonnaise, où les grévistes se sont déplacés, accompagnés par la députée Rachel Kéké le 26 octobre dernier.

© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste - Piquet de grève des agents d'entretien à Perrache

Une initiative pour la réinsertion qui pénalise d'autres employés

Benjamin Badouard, co-président du groupe écologiste à la Métropole de Lyon, les avait alors reçus et s’était engagé à relayer leurs revendications auprès des autres élus de la collectivité.

"Je vais faire des retours rapides, j’ai entendu, je vais en parler. J’ai écouté madame Keke et les salariés. J’ai écouté leurs demandes qui sont légitimes. Donc nous allons voir ce qu’il est possible de faire de notre côté, sachant qu’on est aussi en discussion avec Arc en Ciel. La société doit elle aussi gérer la problématique car ce sont leurs salariés", a indiqué l’élu local lors de l’échange devant le bâtiment de la Métropole.

© Tout Lyon / Mathilda Ruiz-Yeste - Plateforme d'échange de Perrache

Si l’initiative de la Métropole vise à favoriser l’insertion professionnelle, elle mène 22 salariés vers la perte de leur poste. Cependant, cette dernière estime être en droit de décider à quel prestataire elle délègue son service public.

Elle rappelle par ailleurs, dans un communiqué du 26 octobre, sa décision de réserver le marché à des structures d’insertions, conformément à sa politique de Schéma de promotion des achats responsables (SPAR). D’après le communiqué cela l’engage à "garantir des débouchés professionnels aux publics fragiles, réduire les pollutions et les impacts environnementaux négatifs et promouvoir des modèles qui priorisent la qualité et le sens des emplois au sein des entreprises locales."

Des critères auxquels la société Arc en ciel ne répond pas. Cette dernière est une entreprise nationale dont le siège est basé à Paris. Elle n’est pas identifiée comme une structure d’insertion. Ainsi, la réinsertion professionnelle des uns mènera les salariés actuels au chômage.

Les salariés de Perrache contraints par une décision qui les dépasse

Quatre ans en arrière, l’entreprise Arc en Ciel avait répondu à l’appel d’offre lancé par la Métropole et repris les salariés alors en poste. "La Métropole ne nous a prévenu à aucun moment. On a découvert la situation quand ils ont lancé l’appel d’offre et qu’on a vu qu’on n’avait pas l’habilitation pour répondre au marché", indique Mohammed Tandert, PDG de Arc en ciel, lors de sa visite le 4 novembre.

Alors que le PDG indiquait que la Métropole était fermée au dialogue, Benjamin Badouard a souligné, lorsque les salariés l’ont interpellé le 26 octobre, que les négociations avaient déjà eu lieu avec Arc en Ciel. Dans un courrier adressé à la société, la Métropole rappelait la responsabilité de cette dernière envers ses salariés. Un argument également évoqué dans le communiqué du 26 octobre.

Capture d’écran, extraite du courrier de la Métropole adressé à Mohammed Tandert, PDG d'Arc en ciel, daté du 13 octobre et signé par Béatrice Vessilier, vice-présidente de la Métropole chargée de l’urbanisme et du patrimoine.

Lors du conseil de la Métropole, lundi 21 novembre, Bertrand Artigny, 9ème vice president de la Métropole chargé des finances, a pris la parole sur le sujet, soulignant une fois de plus que la gestion des salariés revenait à Arc en Ciel. "La Métropole assumera son rôle d’employeur territorial", a cependant annoncé l’élu écologiste.

"Mr Artigny n’a fait aucune proposition concrète [...] . Ils sont en train de regarder en interne, car ils ont peut-être des postes de maîtres-nageurs, de maîtres-chiens à proposer à nos salariés dans le cadre d’une reconversion professionnelle, mais ces postes sont soumis à conditions", indique dans un mail adressé au Tout Lyon, le PDG d'Arc en Ciel après s'être entretenu avec Bertrand Artigny lundi 21 novembre.

Si l’initiative de favoriser la réinsertion professionnelle est louable, ce conflit questionne l’efficacité d’une politique publique aboutissant à faire basculer d’autres salariés dans la précarité de l'emploi.

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