AccueilSociétéGrande Guerre : les grenadières de Cervières auraient pu disparaître

Grande Guerre : les grenadières de Cervières auraient pu disparaître

A la fin du XIXe siècle, une jeune femme « monte à Paris » : elle y apprend la broderie en fil d’or pour les uniformes et les oriflammes.

ActualitéSociété Publié le ,

De retour à Cervières, elle crée une petite entreprise et forme des ouvrières brodeuses de cannetille d’or spécialisées dans la confection de grenades brodées que l’on trouve sur les pattes de col des uniformes et les képis mais aussi sur les drapeaux et fanions. Ce sont aussi toutes les broderies, des tenues de préfets aux habits d’académiciens en passant par les pompiers et même les vêtements sacerdotaux. Vers 1890, une trentaine de brodeuses est employée ; cet artisanat s’accroît jusqu’à compter, au milieu du XXe, quelque cinq cents femmes qui pour la plupart travaillent chez elles, souvent dans les fermes de la région, afin d’améliorer les revenus familiaux. A partir de 1970, la demande de travail décroît ; les broderies réalisées par des machines prennent le pas sur le fait main et l’effectif des armées diminue fortement. Cette activité artisanale aurait néanmoins pu disparaître plus tôt, durant la Grande Guerre.
C’est au cours du Premier Empire que les uniformes français ont été les plus riches en couleurs et les plus chers à confectionner ; la magnificence des broderies allait de pair avec le rang des officiers. Jusqu’en 1914, les uniformes militaires étaient toujours chamarrés. Les fusils et les canons utilisaient alors une poudre qui dégageait beaucoup de fumée et rendait le champ de bataille opaque. Les uniformes de couleurs éclatantes permettaient de se voir et de se reconnaître. Après l’invention de la poudre dite sans fumée, en 1886, tous les combattants sont parfaitement visibles. Les guerres en Afrique du Sud et en Chine montrent qu’il faut parfois se fondre dans la couleur du paysage pour combattre. Les Anglais, les Italiens, les Russes et les Allemands adoptent des tenues de teinte grise ou kaki. L’infanterie française persiste à porter le pantalon garance – c’est ce que l’on retient – mais aussi les tenues chatoyantes aux galons entrelacés des chasseurs et des hussards et les bandes écarlates du pantalon des artilleurs. Se montrer ou se cacher, tel est alors le cruel dilemme des militaires : les anciens contre les modernes. Certains allant même jusqu’à considérer que ce serait lâcheté que de faire la guerre en se dissimulant. Le général Cherfils écrit ainsi en 1887 : « Les uniformes d’autrefois […] étaient riches, soutachés, tressés, rehaussés d’ornements étincelants, empanachés d’aigrettes, de plumets, de flammes superbes et impressionnantes ». Ce dernier vocable explique la philosophie de leur genèse et de leur pompeux développement. .../...


Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5101 du samedi 17 mai 2014

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