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Grand Témoin : Grégory Mouilleseaux (Vulcania) explore la planète

Grand Témoin : Grégory Mouilleseaux (Vulcania) explore la planète
© Vulcania

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Comment définissez-vous le parc Vulcania ?

Créé en 2002, Vulcania explore les volcans et la planète Terre. Il est difficile de parler des volcans sans évoquer la planète. Ludique et pédagogique, notre mot d’ordre est « Apprendre en s’amusant ou s’amuser en apprenant ». Le site, unique en Europe, apporte des clés de compréhension pour petits et grands qui se questionnent sur les phénomènes naturels, comme les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques. Installé sur 57 hectares, le parc trouve sa légitimité dans sa situation géographique même. Il suffit de lever les yeux pour admirer les 80 volcans de la chaîne des Puys qui s’étendent sur plus de 45 km au nord du Massif Central. Le site a naturellement trouvé sa place entre notre thématique et l’environnement qui l’entoure.

Comment sont imaginées vos animations et quelles coopérations avez-vous nouées pour rester à la pointe ?

Le parc propose en permanence 20 animations, dont 2 à 3 nouvelles chaque saison, pour offrir toujours plus de nouveautés à nos visiteurs et qu’ils reviennent nous voir. Les sièges dynamiques, les effets 3D, les projections d’eau et de vent pour immerger nos visiteurs ne constituent que des outils pour accompagner le show. Notre véritable savoir-faire, depuis le repositionnement du parc en 2006-2007, repose sur le contenu scientifique présenté aux familles et aux scolaires. Notre direction scientifique se compose de 25 experts en haute saison. Ils travaillent sur les animations à proposer en fonction de l’actualité et répondent aux questions des enfants en visite au parc, en essayant toujours de vulgariser au maximum les sujets complexes. Quant à la technologie, le parc possède depuis près de six ans l’ancêtre de la « Google car » qui conduit en toute autonomie les visiteurs au cœur du parc. Elle a été imaginée avec un constructeur et fonctionne parfaitement bien ! Nos équipes collaborent avec le cluster TIC d’Auvergne qui s’est aujourd’hui rapproché de ceux de Lyon et de Saint-Etienne. La technologie en réalité augmentée utilisée dans nos animations a été développée avec le centre de recherche d’Orange, à Lyon.

La grande région compte de nombreuses start-up dans les jeux vidéo à Lyon, les nouvelles technologies à Grenoble ou encore l’animation à Valence. Avez-vous des liens avec elles ?

Quelques coopérations ont été engagées, notamment avec des entreprises de Saint-Etienne, pointues sur les technologies liées au monde scolaire. Les portes de Vulcania sont ouvertes à toutes les start-up qui veulent profiter de notre formidable terrain de jeu pour tester des projets. Présentez-vous et nous étudierons ensemble la faisabilité de vos investigations.

Le parc a connu un repositionnement en 2007. Pourquoi ?

Très médiatisé à son ouverture grâce à un projet en gestation depuis plus de 10 ans, porté par la volonté de l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, le parc a connu une affluence record sa première année d’exploitation avec 625 000 visiteurs. Malheureusement, le contenu n’était pas adapté. Essentiellement axé sur la muséographie, il ne fallait qu’1h30 à 2h pour en faire le tour. En 2006, c’est la chute libre : seuls 220 000 visiteurs franchissent les portes de Vulcania. Propriété de la Région Auvergne, le site, qui avait bénéficié de 110 M€ d’investissements publics (Région, Etat, Europe), était en péril. Que fallait-il faire ? Fermer ? Continuer ? L’équipe écoute alors les visiteurs, se pose les bonnes questions et décide de mettre l’accent sur ce fameux contenu scientifique qui a séduit 344 000 visiteurs en 2015 : des familles, des scolaires et des professionnels en séminaire.

Qui exploite Vulcania ?

La Société d’économie mixte Volcans, présidée par Brice Hortefeux depuis le 29 avril, vice-président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, dispose d’une délégation de service public. La seconde délégation, de 2006 à 2016, a permis de repositionner le parc, qui a bénéficié de 28 M€ d’investissements supplémentaires sur la période. Une nouvelle concession a été accordée à la SEM Volcans cette année pour 2017-2031. 40 M€ d’investissements sont prévus sur le mandat de cette troisième concession. Ils serviront à apporter toujours plus de contenu scientifique et à imaginer de nouvelles animations. 33 M€ proviendront directement de la SEM et seuls 5,4 M€ de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, nouveau propriétaire du parc depuis la fusion du 1er janvier 2016. Rhône-Alpes hérite d’un parc aux finances assainies. Le site affiche un chiffre d’affaires de 10 M€ pour la saison 2015, la troisième meilleure performance depuis le repositionnement de 2007, avec un résultat brut d’exploitation avoisinant 1 M€. Nos recettes proviennent à 60 % de la billetterie et à 40 % des produits annexes comme la boutique souvenirs ou la restauration. La SEM Volcans dispose d’un capital de 3,6 M€ et reverse chaque année au Conseil régional une redevance proportionnelle aux investissements réalisés.

Quel sera le visage de Vulcania dans 15 ans ?

Nous visons 500 000 visiteurs, soit une augmentation de 3 % par an, tout à fait réalisable au vu de la croissance de 7 % enregistrée en 2015 par rapport à 2014. Nous comptons passer d’une moyenne de 6 000 visiteurs/jours à 8 ou 10 000. Cette augmentation entrainera forcément des aménagements pour optimiser les structures d’accueil, sans pour autant étendre plus le foncier bâti. Boutiques, espaces de restauration ou d’accueil, sanitaires devront être adaptés pour faire face à ce nouvel afflux. Comme le Vulcania de 2002 ne ressemblait pas au Vulcania de 2007, celui de 2016 sera encore bien différent de celui de 2031.

Quel est l’impact du parc sur l’économie locale et régionale ?

Vulcania est un parc de destination. Huit visiteurs sur dix viennent spécifiquement en Auvergne pour visiter notre site. Si le démarrage a été long et fastidieux, il se révèle aujourd’hui un très bon investissement pour la Région et le territoire tout entier. Les estimations parlent de 35 à 50 M€ de retombées économiques chaque année en Auvergne. Le cahier des charges de la Région mentionnait d’ailleurs deux éléments principaux pour le parc : son rôle de médiation scientifique et son attractivité pour la région. Depuis trois ans, il dispose d’une agence de voyage en interne pour organiser des séjours, qui s’allongent d’année en année. En 2015, elle a commercialisé 28 000 nuitées auprès de nos partenaires hôteliers locaux, car le parc ne dispose pas d’hébergements en propre, soit une progression de 30 % par rapport à 2014. Les séjours passent d’une nuitée en majorité en 2014 à deux, voire trois nuitées, en 2015. Cette progression s’explique par nos efforts pour séduire toujours plus les visiteurs mais également par un contexte international qui incite les vacanciers à rester en France et à privilégier les courts séjours.

La fusion des deux Régions a-t-elle eu un impact sur votre activité ?

Administrativement, non. Mais Rhône-Alpes n’a jamais autant entendu parlé de l’Auvergne. Et inversement. Un seul chiffre illustre le phénomène : Vulcania a accueilli 17 % de Lyonnais en plus en 2015… La clientèle internationale représente moins de 8 % de notre visitorat, alors qu’elle approche les 15-20 % dans les grandes agglomérations comme Paris et Lyon. Cette nouvelle communication depuis le 1er janvier 2016 pourrait drainer davantage d’étrangers depuis Lyon.

Votre modèle est-il duplicable ?

En juin, deux tours opérateurs chinois ont visité le parc. Chaque année, nous accueillons des étrangers intéressés par le concept. Ils posent des questions, nous répondons avec plaisir à leurs sollicitations. Mais nous n’avons pas de projet pour franchiser le modèle par exemple.

Ses dates clés

2015 Directeur de la SEM Volcans
2008 Conseiller indépendant pour des complexes touristiques au Maroc
2004 Directeur d’un casino en Normandie pour le Lyonnais Joa Groupe
1999 Retour en France pour diriger des complexes hôtel/golf/parc aquatique en Picardie
1996 Entre dans le groupe Fram et s’enrichit d’expériences en tant que directeur de villages vacances en Tunisie et au Sénégal
1994 Ecole de commerce à Toulouse
1973 Naissance à Dijon

"Devant Hawaï"

Vulcania a accueilli 5 millions de visiteurs depuis son ouverture en 2002. Il est le 5e parc le plus connu en France derrière Disneyland Paris, le Puy du Fou, le parc Astérix et le Futuroscope. En 2015, le Best of du guide Lonely Planet classe l’Auvergne en 6e place des dix régions à découvrir dans le monde et Vulcania numéro 1 dans la liste des sites à visiter lors de son trip en Auvergne. « L’Auvergne est classée devant Hawaï ! », s’amuse Grégory Mouilleseaux.

Quatorze actionnaires pour la SEM Volcans

Actionnaires publics : la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Clermont-Ferrand Agglomération et les quatre départements de l’Auvergne (Puy-de-Dôme, Cantal, Haute-Loire, Allier)
Actionnaires privés : Volvic, Michelin, Hop !, Limagrain, Orange, Caisse des dépôts, Caisse d’Epargne Auvergne et Crédit Agricole Centre France
Elle compte 116 emplois équivalents temps plein et s’enrichit de quelque 220 salariés saisonniers au cours des 8 mois d’exploitation. Ils œuvrent dans 69 métiers différents, du pilote du ballon captif au cuisinier, en passant par l’animateur scientifique et le responsable de la maintenance.

La Chaîne des Puys au patrimoine mondial de l’Unesco ?

La candidature est portée depuis 2007 par le Conseil départemental du Puy-de-Dôme, les universités Clermontoises, le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, avec le soutien de l’Etat, la Région et Clermont Communauté. Présentée en 2014 à Doha, la décision d’inscrire ou non la Chaîne des Puys et la Faille de Limagne au patrimoine mondial de l’Unesco a été reportée pour ajouter des éléments au dossier. Ce report a été motivé par un rapport de l’UICN (Union nationale pour la conservation de la nature), jugeant la demande injustifiée. Les contestations scientifiques ont permis de retravailler sur le projet afin qu’il soit représenté au comité de l’Unesco, en Turquie, le 10 juillet 2016. Les résultats ne sont pas encore connus à l’heure où nous bouclons.

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