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Quelles motivations et quels freins au développement d'une monnaie locale ?

Quelles motivations et quels freins au développement d'une monnaie locale ?
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Ces dernières semaines, Veolia Eau Centre Est et la Ville de Villeurbanne ont adhéré à la gonette pour une phase d'expérimentation. Si la monnaie locale lyonnaise existe depuis six ans, ses principaux utilisateurs étaient jusqu'à présent des particuliers, des associations, des commerçants et des petites entreprises. L'arrivée d'un grand groupe et d'une collectivité locale constituent donc une première. Les motivations de ces deux acteurs sont toutefois bien en phase avec la philosophie du réseau, notamment de maintenir l'argent au sein de l'économie réelle et locale et de créer du lien social.

Paiement des salaires et des fournisseurs

« La gonette est un moyen de soutenir l'économie locale. Alors que l'euro finit tôt ou tard sur les marchés financiers, la gonette ne peut être ni mise en banque, ni quitter le territoire lyonnais », souligne Julien Ravello. Le conseiller municipal de Villeurbanne délégué aux circuits courts et à l'économie sociale et solidaire met en exergue un autre atout. « Pour chaque gonette en circulation, il y a un euro placé sur un compte en banque éthique, en l'occurrence la Nef et le Crédit coopératif, pour financer des projets éthiques sur le territoire », explique-t-il.

Du côté de Veolia Eau Centre Est, l'adhésion a été portée par des salariés. Après de nombreux échanges et l'organisation d'une consultation auprès des adhérents, l'association la Gonette a finalement accepté la candidature de la filiale lyonnaise de Veolia. « Les objectifs sont triples : un paiement partiel du salaire en gonettes pour les collaborateurs volontaires, le recours à des fournisseurs du réseau, notamment pour des prestations de communication ou de restauration, et un travail sur la possibilité de payer en gonettes sa facture d'eau », expose Guillaume Arama, directeur marketing de Veolia Eau Centre Est qui précise que l'adhésion reste soumise à l'accord du Comité Social et Economique.

Des tests pour étudier la faisabilité technique

En pratique, l'utilisation de la gonette soulève quelques questions et demande des adaptations. « Notre adhésion marque un premier acte de soutien, mais nous devons travailler pour aller plus loin. Début 2022, nous voudrions pouvoir indemniser les élus volontaires en gonettes. Nous étudions aussi la possibilité d'accepter le paiement en gonettes de certains services publics, comme la piscine ou la bibliothèque. C'est plus compliqué car nous devons évaluer une éventuelle lourdeur pour les services et recueillir l'acceptation du trésorier public », détaille Julien Ravello.

Les freins à lever sont quasi identiques pour Veolia Eau Centre Est. « Nous devrons tester un système informatique et comptable et l'ouverture d'un compte pour encaisser et décaisser des gonettes. Et il faudra convaincre le contrôle interne de l'entreprise », indique Guillaume Arama. Promesse de campagne d'un côté, conviction des collaborateurs de l'autre, la gonette suscite un intérêt de plus en plus fort. La Ville et la Métropole de Lyon devraient d'ailleurs suivre….

La gonette : mode d'emploi

Pour utiliser la gonette, il faut d'abord adhérer à l'association afin d'avoir accès aux 70 comptoirs de change ou créer son compte gonette numérique. Une gonette = 1 euro. Il existe 6 coupures : des billets de 1, 2, 5, 10, 20 et 49 gonettes. A ce jour, 251 450 gonettes sont en circulation grâce à 1 200 utilisateurs particuliers et 350 partenaires professionnels et associations. Tous les besoins du quotidien sont couverts car ces partenaires sont issus de tous les secteurs d'activité : 24 % alimentaire, 18 % bien-être, 15 % restauration, 14 % culture, 13 % services, 6 % formation, 4 % artisanat et 6 % autres.

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