Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

Gestion de patrimoine : Stratégies diverses pour les investisseurs

le - - Economie

Gestion de patrimoine  : Stratégies diverses pour les investisseurs

Conseil en investissements financiers, courtage en assurance, immobilier, prévoyance… Les activités liées à la gestion de patrimoine ont évolué au fil du temps, et ce, dans un contexte réglementaire plus contraignant pour les sociétés de conseils au bénéfice d'une stratégie patrimoniale plus sécurisée pour leurs clients. Les Français, rois de l'épargne (en 2018, les ménages détenaient en moyenne 14 000 € sur leurs comptes courants selon la Banque de France) restent par ailleurs friands de placements avec un flux annuel de 135,4 Md€ au premier trimestre 2019 (+ 21,7 Md€ par rapport au précédent). De là, peuvent s'établir diverses stratégies patrimoniales, qui seront au coeur de la Convention Patrimonia, les 26 et 27 septembre, au Palais des Congrès de Lyon. Un temps fort pour les professionnels de la gestion de patrimoine qui développent des solutions adaptées en fonction des souhaits et profil des investisseurs selon des critères prédéfinis de rentabilité, de risque, de transmission…

« Un temps fort pour la profession » : Blandine Fischer - Directrice de Patrimonia (groupe Info pro Digital)

Quelle est la genèse de Patrimonia ?

La convention Patrimonia a été pensée comme les Entretiens de Bichat (Formation dans les métiers de la santé) avec la volonté de devenir une manifestation d'experts qui permette d'accompagner la montée en puissance des métiers de la gestion de patrimoine. En 1994, la première édition était une convention de formation, sous la houlette de Jean Aulagnier considéré comme l'un des pionniers en matière de gestion de patrimoine. Depuis 20 ans, notre événement se tient à Lyon après avoir voyagé dans plusieurs villes de France. De 25 exposants nous sommes passés aujourd'hui à 300 et nous prenons l'entièreté du Palais des Congrès. Patrimonia est devenu un temps fort pour la profession.

Celle-ci reste encore mal appréhendée par les épargnants, qu'en pensez-vous ?

C'est une profession qui fonctionne beaucoup par la recommandation. Le secteur se porte tellement bien que pendant des années, le bouche à oreille suffisait. Aujourd'hui, il a besoin de communiquer plus largement face à un environnement fiscal changeant et qui concerne une typologie d'épargnants plus diversifiée.

Quelles seront les principales thématiques proposées et pourquoi ?

Nous avons souhaité remettre les clients au centre de la Convention. La gestion de patrimoine ne serait pas grand chose sans eux ! Ils ont évolué en France, il est donc nécessaire de mieux les connaître pour mieux les conseiller.

Les chefs d'entreprises et les cadres CSP figurent toujours parmi les clients mais une nouvelle génération, je pense aux dirigeants de start-up, ont des besoins particuliers car certains s'enrichissent rapidement. Je pense aussi aux familles recomposées, aux expatriés -qui souhaitent internationaliser leur patrimoine-, et aux enjeux d'héritages tardifs du fait du vieillissement de la population.

Ces nouvelles situations patrimoniales méritent d'être débattues et mises en relief à travers les questions d'immobilier, de block-chain, d'épargnes retraite et salariale. Sans oublier la loi Pacte bien sûr.

Quid des questions financières stricto sensu ?

Elles sont bien sûr au cœur des problématiques abordées. La présence de l'Autorité des marchés financiers à Patrimonia en atteste comme celle de Patrick Artus chef économiste et directeur de la recherche et des études de Natixis. Avec d'autres experts, il animera un débat prospectif autour de l'économie mondiale, des enjeux géopolitiques, des marchés financiers et posera la question de l'impact que pourrait avoir la politique protectionniste américaine et sur les choix d'investissement à moyen terme.

De l'investissement à la stratégie patrimoniale

Il est loin le temps où presque n'importe qui pouvait exercer le métier de conseil en gestion de patrimoine. Aujourd'hui, la profession est encadrée pour garantir la qualité du parcours de l'épargnant dans sa quête de rentabilité.

Selon Emmanuel Wahl, responsable du bureau lyonnais de Cyrus Conseils, les contraintes réglementaires, si elles favorisent la protection des clients, poussent aussi les petites sociétés indépendantes de conseil à se rapprocher de structures plus grandes. « Les CGP (conseillers en gestion de patrimoine) ne peuvent plus agir de manière isolée et nous sommes dans un vaste processus de concentration ».

Cyrus Conseil opère ainsi en croissance externe et a récemment acquis Capitis Conseil à Limonest pour devenir un acteur global et couvrir l'ensemble des problématiques liées à la gestion de patrimoine : droit de la famille, fiscalité, courtage en assurance, prévoyance…

En ligne de mire, la proposition de solutions d'investissement sur-mesure par rapport à des clients qui ont évolué. « La clientèle change car le paysage fiscal s'est complexifié. Concernant les héritages et selon leur montant, des arbitrages sont par exemple nécessaires. Faut-il s'acquitter des droits de succession et conserver un patrimoine ou le céder pour éviter de générer des revenus qui tomberaient sous la coupe d'une fiscalité trop coûteuse…»

Des structures comme la Chambre nationale des conseillers en gestion de patrimoine (CNCGP) permettent de promouvoir la profession, de défendre ses intérêts et d'accompagner ses adhérents (1500 au total). Les CGP ont l'obligation depuis les années 2000 de s'immatriculer auprès de l'Orias, Organisme pour le registre des intermédiaires en assurance, banque et finance et placé sous la tutelle de la direction du Trésor. Il permet aux particulier d'identifier, de vérifier des informations-clés sur une structure de conseils : ses statuts, sa forme juridique, son activité principale, auprès de quelle association professionnelle est-il adhérent. Aujourd'hui une structure de gestion de patrimoine doit par exemple fournir à son client un document complet sur l'identité de sa société lors du premier rendez-vous et doit lui signifier par ailleurs que dans le cadre du RGPD, les informations personnelles sont susceptibles d'être transférées à des organismes partenaires.

« Trouver du rendement dans un environnement incertain » : Christophe Barraud*, chef économiste et stratégiste chez Market Securities

Comment placer son argent dans une optique de court ou moyen terme pour essayer d'avoir un niveau de rendement positif avec un risque limité ? Bonne question dans un environnement économique mondial incertain, les choix ne sont pas si limpides. Eléments de réponse avec Christophe Barraud*, chef économiste et stratégiste chez Market Securities.

Votre analyse sur l'économie mondiale ?

Depuis juin 2018, je suis plus pessimiste que le consensus au regard de la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine, l'Europe et les Etats-Unis ou encore les Etats-Unis et l'Inde… Ces tensions ont eu des impacts significatifs sur les échanges mondiaux, avec un ralentissement du commerce mondial mi-2018. Ce dernier se situe dans une période de récession au dernier trimestre avec une contraction notoire qui va se poursuivre jusqu'à la fin de l'année 2019, avec plus de restriction au niveau des barrières douanières.

Il faut bien comprendre que le conflit Etats-Unis-Chine reste le cœur du problème. Il y a bien sûr des tensions commerciales « secondaires » entre les Etats-Unis et l'Europe mais la question tarifaire est moins vivace. Il y a surtout une dimension qui est l'incertitude, à court terme, sur les annonces des prix de l'aérien par l'OMC ou sur le secteur automobile à l'horizon novembre. Ce qui aura pour effet de peser sur les investissements privés et indirectement publics, surtout dans les pays émergents.

On s'aperçoit que sur la partie trade nous sommes sur des niveaux historiques et qui poussent l'ensemble des éléments constitutifs de l'incertitude à ce plus haut niveau jamais enregistré. Il y a des échanges qui ralentissent mécaniquement en raison des barrières douanières, des incertitudes sur les investissements privés. Les entreprises vont alors faire le choix d'opter pour l'ingénierie financière ou de racheter des actions plutôt que de valider des projets de relocalisation par exemple. Cela crée un cadre mondial où malgré des taux d'intérêts bas partout, les gens n'investissent pas du fait de cette incertitude. On arrive à une inefficacité des politiques monétaires à court terme.

Quel impact sur les choix des gestionnaires de patrimoine ?

Avec des taux d'intérêts bas, les contrats d'assurance-vie, hors frais de gestion, ne seront pas très bien valorisés. La problématique va donc être de trouver du rendement dans cet environnement incertain, le tout sans prendre trop de risque. Les gens vont-ils choisir d'acheter des actions dans un environnement risqué ou, dans un contexte de taux bas, investir dans la pierre ? Il peut aussi y avoir une problématique pour les gestionnaires de grosse fortune pour lesquels les dépôts sont taxés, ce qui peut les pousser à investir dans les métaux précieux.

Ces postures dépendent bien sûr de la taille du client et de ses problématiques à court ou moyen terme.

Ce contexte que vous décrivez peut-il conduire à l'inaction finalement ?

Les gens ne placeront pas leur argent pour avoir 0 ou un taux négatif. C'est une vraie barrière psychologique. Si vous aviez des taux négatifs partout dans le monde sur des dépôts, les gens retireraient l'argent des banques et le placeraient ailleurs. Ces taux bas poussent à se mettre dans une logique de rendement vers les high yield (obligations à haut rendement car placées par des émetteurs présentant un profil de risque important) par exemple.

Aussi, on constate que peu de gens regardait l'or en début d'année. Avec l'afflux monétaire des banques centrales, qui elles-mêmes achètent beaucoup d'or, les particuliers comme les gros investisseurs institutionnels ont commencé à se tourner vers l'or. Ce métal précieux peut être potentiellement une valeur refuge et un stockage de valeur. La logique des marchés financiers réside dans un besoin de fond : investir sur des besoins solides, une logique de long terme.

*Classé par Bloomberg comme meilleur prévisionniste sur les statistiques américaines depuis 2012 et sur les statistiques de la zone euro depuis 2015, Christophe Barraud sera présent sur le salon Patrimonia.




Julien THIBERT
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer