AccueilCollectivitésGestion de l'eau à Lyon : la collectivité remet la main sur le robinet

Gestion de l'eau à Lyon : la collectivité remet la main sur le robinet

En créant une régie publique opérationnelle en 2023, après une période de transition d’un an avec Veolia, la Métropole de Lyon a affirmé sa volonté de remettre la main sur la gestion de l’eau. Une décision politique, presque philosophique, qui ne doit pas masquer la nécessité d’œuvrer collectivement à échelle de la région, usagers, collectivités et entreprises, afin de répondre aux enjeux liés au réchauffement climatique.
Gestion de l'eau à Lyon : la collectivité remet la main sur le robinet
© Julien Verchère - Devant les champs captants de l’Est lyonnais, discussion serrée entre Frédéric Van Heems, alors directeur général Veolia eau, et Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon (à droite) en octobre 2021 au moment de l’officialisation du passage en régie publique.

Collectivités Publié le , Dossier réalisé par Julien Verchère, Julien Thibert, Thomas Richardson et Noémie Coquet

Les élus locaux remettent la main sur la gestion de l’eau et de plus en plus de communes, villes et métropoles font le choix de revenir à la régie publique. Grenoble a joué les pionnières au début des années 2000, suivie au cours des années 2010 par Paris, Nice, Rennes ou Montpellier. Au 1er janvier 2023, Bordeaux et Lyon rejoindront le mouvement, renforçant une tendance de fond.

Car au-delà de l’éclairage médiatique entourant les décisions de ces grandes agglomérations (de différentes sensibilités politiques d’ailleurs), de nombreuses communes de plus petites tailles choisissent aussi de reprendre la gestion directe de l’eau potable, quand certaines n’ont d’ailleurs jamais cessé d’opérer de la sorte.

En pourcentage de population desservie en France, la part de la gestion publique (en régie directe ou via une Société publique locale) est passée de 30 à 40 % entre 2008 et 2019. Avec la prochaine bascule de Bordeaux et Lyon, le cap symbolique des 50 % de population n’apparait plus comme un horizon lointain.

© Julien Verchère / L'usine de Croix-Luizet près des champs captants lyonnais.

Gestion de l'eau à Lyon : "Un enjeu démocratique"

L’exemple lyonnais est illustratif de la volonté de plus en plus de collectivités de maitriser la ressource du début à la fin de la chaine. "La reprise en régie du service public de l’eau potable est un axe majeur des politiques publiques que nous menons. La question de l’eau est en effet au carrefour des préoccupations : raréfaction de la ressource, risques de conflits d’usage, pollution par les micropolluants, difficultés d’accès à l’eau pour certains de nos concitoyens", soulignait Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon, lors d’une conférence de presse dédiée au sujet en décembre 2021.

Même analyse chez Anne Grosperrin, vice-présidente déléguée à l’eau et à l’assainissement : "Les collectivités doivent se ressaisir de la gouvernance de ce service public, c’est un enjeu démocratique par exemple pour sécuriser la ressource en eau. On peut établir le parallèle avec la sécurité énergétique, au cœur de la dramatique actualité. Il existe une culture à créer, en faisant passer les citoyens de consommateurs à usagers. Notre volonté est de les associer à travers cette régie."

Régie publique de l'eau du Grand Lyon : un processus de transition à finaliser

Il y a les grandes idées, et il y a pratique, à travers le processus de transition en cours. Créée le 1er janvier 2022, la régie publique prendra le relais d’Eau du Grand Lyon – filiale de Veolia - à l’expiration du contrat de délégation de service public au 1er janvier 2023. Sans s’en rendre compte, 400 000 clients basculeront au cours de la nuit du réveillon d’un système à un autre.

Ressources humaines, comptabilité, finances, systèmes informatiques, interconnexions…, préparer ce changement profond réclame temps et méthode. "Il nous reste neuf mois, tout progresse bien même s’il s’agit d’une véritable course d’obstacles. C’est d’une complexité inouïe. Pour bâtir notre projet, il a notamment fallu identifier et détricoter tous les liens entre Eau du Grand Lyon et la maison-mère Veolia", déclare Anne Grosperrin. (...) La suite de cet article est réservée à nos abonnés.

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