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GerMANIA, sombre éclat d'une création magistrale

GerMANIA, sombre éclat d'une création magistrale
Corentin Fohlen

CultureMusique Publié le ,

C'est Serge Dorny, le directeur de l'Opéra et germanophile convaincu, en partance, qui a suggéré au compositeur de créer une œuvre autour des pièces d'Heiner Müller, Germania et Germania 3, deux textes puissants et difficiles, dont l'un met en scène, entre autres, un dialogue entre Staline et Hitler.

Une sacrée gageure quand on connaît ces textes du dramaturge allemand mort en 1996. Il choisit ainsi d'écrire le livret en allemand et parfois en russe (quand le tyran soviétique s'exprime), alternant deux idiomes comme il alterne les scènes entre soldats russes et soldats allemands de la Seconde guerre mondiale. Raskatov s'emploie à « rechercher une écriture vocale juste et équivalente à l'écriture de Heiner Müller, coupante et abrupte parfois » et il y parvient.

Le travail sur la voix est franchement impressionnant tout comme celui sur les sonorités bizarres que peuvent produire les instruments de l'orchestre. Mené à merveille par le jeune chef argentin que certains habitués de la maison connaissent déjà pour avoir dirigé Pelléas et Mélisande de Debussy et Le Rossignol de Stravinsky, Alejo Perez, grand amateur de challenges, l'orchestre déploie une virtuosité proprement étonnante.

Cuivres assourdissants, percussions aussi violentes que les propos de cette œuvre sombre et ravageuse, et voix traitées littéralement comme des instruments de musiques, dont une partition de rires des trois uniques voix féminines utilisées comme des notes de musique.

La mise en scène quant à elle joue à la fois la sobriété que lui impose la scénographie magnifique et abominable de Magda Willi et la surenchère dans l'exposition des cadavres et autres membres sectionnés. Il y a du Géricault, du Beckett aussi, et les images de Nuit et brouillard reviennent nous hanter, comme « toutes les âmes ruinées » auxquelles Alexander Raskatov dédie son GerMANIA, tout comme il dédie la plupart de ses œuvres vocales à la chanteuse soprano, Elena Vassilieva qui tient le rôle de Dame 2.

Opéra de Lyon, 28, 30 mai et 4 juin, www.opera-lyon.com

Don Giovanni en bouquet final de saison

Pour clore la saison, l'Opéra présente une nouvelle production du célébrissime Don Giovanni de Mozart, « l'opéra des opéras » comme disait Wagner. Avec David Marton à la mise en scène et le sémillant chef d'orchestre Stefano Montanari, ce Don Giovanni totalement nocturne d'après ce qu'en dit le jeune metteur en scène hongrois installé à Berlin, devrait offrir au public un morceau de choix.

Des interprètes à la jeunesse et au talent flambloyant, un chef qui a déjà dirigé Don Giovanni à plusieurs reprises et un metteur en scène salué la saison dernière pour sa version de La Damnation de Faust la saison dernière, tous les ingrédients sont réunis pour que ce Don Giovanni soit une fête !

Opéra de Lyon, 25 juin au 11 juillet

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