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Frédéric Michalak : « J'ai toujours fonctionné à l'instinct »

le - - Grand témoin

Frédéric Michalak : « J'ai toujours fonctionné à l'instinct »
© Marine Gonard

Frédéric Michalak est un jeune retraité actif. Ayant raccroché les crampons après 18 années au plus haut niveau rugbystique français et international, le meilleur buteur de l'histoire du XV tricolore a posé ses valisés à Lyon, au Lou Rugby, là où il a terminé sa carrière en 2018. Sa soif de performer en dehors du terrain l'a amené à co-organiser le festival Sport Unlimitech qui aura lieu au Matmut Stadium et au Palais des sports de Gerland du 19 au 21 septembre prochains. Un événement, avec l'appui de GL Events, destiné à valoriser la science et l'innovation au service du sport. L'ancien demi-d'ouverture s'engage dans la valorisation de son sport mais souhaite intégrer d'autres disciplines dans une ère technologique qui se fait jour avec l'essor de multiples innovations au service de la performance et de la santé humaines. Impliqué également dans la Coupe du monde de rugby qui aura lieu en France en 2023, dans le club de Blagnac (Fédérale 1) dont il est le propriétaire, le Toulousain, également consultant télé et dirigeant de sociétés est un entrepreneur heureux. De là à voir la vie en rose il n'y a qu'un pas…

Quelle est la genèse du festival Sport Unlimitech ?

Les choses se sont faites en toute simplicité, grâce à mon meilleur ami Nassim Arif avec qui je travaille déjà dans l'organisation de nombreux salons. C'est là que nous avons rencontré les co- organisateurs de Sport Unlimitech, Karine Hermann et Yohann Duval. Cet événement c'est d'abord un festival qui réunit l'ensemble des acteurs du sport avec comme point fort la présence de la recherche scientifique et publique ; autour de la thématique du sport bien sûr mais aussi de celle de l'innovation.

Comment s'intègre cet événement dans votre quotidien d'entrepreneur ?

C'était une opportunité. Nous avons ensuite travaillé pendant plusieurs mois à l'élaboration du projet puis à l'émergence d'un business plan. En tant qu'acteur fort de l'événementiel, GL Events nous a accompagné dans la mise en place de ce projet. C'est un appui qui a pesé dans sa faisabilité. Dans le même temps, nous avons eu toute latitude pour déployer notre propre vision et afficher nos ambitions. Nous avons aussi su écouter les conseils et avertissements de GL Events sur le positionnement du salon qui nous souhaitions donc mixte. (Ndlr : gratuit le dernier jour). Nous avons près de 150 exposants, qui œuvrent essentiellement dans la recherche. Les conférences auront lieu au Matmut Stadium et au Palais des Sport. Nous proposerons aussi des masterclass animées par des opérateurs comme bpifrance, businessfrance, Atout France. Le stade accueillera plusieurs animations pendant les trois jours. Le Palais des sports se transformera aussi pour l'occasion en temple du e-sport, un phénomène mondial en plein essor.

Prendre la lumière encore aujourd'hui est-ce facile ?

Ça ne se contrôle pas forcément. Après, certains l'achètent, certains se vendent… Ce n'est pas mon cas. J'ai une existence médiatique à travers ma fonction de consultant sur Canal +, je travaille pour le Lou Rugby en tant que conseiller du président (Ndlr : Yann Roubert) auprès des médias, des partenaires et des joueurs. Ce qui m'intéresse c'est le défi, mais pas le fait d'être un personnage public. J'ai la même envie de performer et de me nourrir de challenges autant que durant ma carrière sportive.

Comment avez-vous justement géré votre reconversion ?

J'ai toujours joué à l'instinct. On a bien sûr tous des envies de tracer une route parfaite mais c'est rare. J'ai pu goûter au monde des affaires pendant ma carrière car j'ai monté différentes entreprises. Certaines ont été fructueuses, d'autres non. Mais ces échecs font que tu te relèves et sont riches d'enseignements. Je nourris d'autres projets, comme la reprise de mes études puisque je vais entamer un MBA à l'emlyonbusiness school. C'est une brique qui me manquait quand j'étais joueur de rugby. Aujourd'hui, on peut suivre des formations en parallèle de sa carrière sportive. Au Lou Rugby, l'une de mes missions est justement de préparer les joueurs à leur reconversion.

En partant par deux fois jouer en Afrique du Sud, vous êtes sorti de votre zone de confort. Cette démarche est-elle aussi vertueuse dans le monde des affaires ?

C'est tout l'enjeu autour d'une carrière sportive professionnelle. Quant tout va bien c'est top mais quand on vit des moments de doutes durant lesquels on ne performe pas, on peut se retrouver dans une situation difficile comme être amener à changer de club. Le fait de partir et de tenter une nouvelle aventure permet aussi de se connaître un peu plus et d'appréhender un autre environnement : nouvelle culture, nouvelle langue… Et puis le voyage ouvre naturellement sur le monde.

Quid du projet du Lou Rugby ?

J'ai senti pendant mes deux saisons au Lou que le club était en train de structurer. Il y a tout à faire et c'est super excitant de participer à cette aventure. J'avais ainsi l'envie d'apporter ma pierre à l'édifice, côté sportif et business. Avec l'ambition d'accompagner le club au plus haut-niveau car je sais que le Lou a la capacité à devenir un grand club français.

Il faut avoir une vision à long terme et c'est ce qu'ont compris les dirigeants en s'implantant dans ce nouveau stade, en formant une équipe compétitive et en recrutant des collaborateurs performants sur le pan administratif. On sent une envie de réussir tant sur le terrain qu'en dehors. C'est tout l'enjeu car d'autres clubs avancent aussi vite dans ce sens.

Les joueurs sont-ils sensibles à l'environnement économique d'un club ou seulement motivés par le projet sportif ?

L'important pour un joueur aujourd'hui est aussi de savoir dans quelle ville, quelle métropole ou région il va atterrir. Les écoles, le bassin économique sont des éléments importants ; tout comme les écoles et le bassin d'emploi. Certaines entreprises paient des formations pour les joueurs ; ils ont alors un pied dans le club et un autre en entreprise. Bien qu'il soit à 100% professionnels de rugby, le joueur garde un lien avec l'entreprise. Ça rassure aussi les parents, les joueurs eux-mêmes et leurs conjointes. Le discours réside surtout dans l'accompagnement proposé au joueur. Le club peut gagner de l'argent il n'en sera pas forcément plus attractif pour le joueur. On renforce de plus en plus l'aspect sportif aussi sur l'accompagnement des joueurs et de leur famille.

Le rugby est un sport médiatique, avec des saisons longues. Le corps et le mental sont mis à rude épreuve, c'est pourquoi le management est l'une des clés de la réussite d'une équipe et d'un club. Au Lou, Pierre Mignoni et ses adjoints l'ont bien compris et gardent un état d'esprit performant depuis 6 ans. Une stabilité qui rend le club attractif. Nous recherchons des joueurs avec la tête bien faite qui ne jouent pas juste pour toucher leur salaire. On regarde ce qu'ils peuvent aussi apporter hors du terrain.

La bonne marche d'un club c'est aussi un état d'esprit, du travail et de l'humilité. Au Lou c'est plus un collectif qui performe. Le management est intéressant sur le plan sportif avec un grand renfort de communication. Les individualité sont importantes, mais il faut des profils capables de s'adapter c'est que nous sommes allés chercher avec le recrutement de Mathieu Bastareaud, Josua Tuisova, Demba Bamba ou encore Killian Geraci.

Dans quelle dynamique se situe le rugby français ?

Tous les clubs ont des modèles de développement différents et il est dur de les comparer. Celui du Lou Rugby plaît en revanche à de nombreux clubs. Le club est propriétaire de son stade et possède aussi du foncier. Les bases sont fortes sans compter la croissance du groupe GL Events qui accompagne cet essor. Ce n'est pas ça qui fait être bon sur un terrain mais économiquement le Lou est structuré et viable et fait partie des rares clubs à gagner de l'argent aujourd'hui. La viabilité économique des clubs est ainsi hétérogène. Le Stade Français était par exemple déficitaire de 17M€ l'année dernière.

Le rugby français ne va pas si bien que ça malgré les performances de nos moins de 20 ans champions du monde. Les clubs vont-ils faire le nécessaire pour les faire grandir et performer au plus haut niveau en équipe de France ? Quid aussi des relations entre les clubs français et l'équipe nationale ? Ces enjeux sont importants. Le rugby doit encore grandir sous l'impulsion aussi du rugby à 7 et des féminines.

D'où votre engagement en tant qu'ambassadeur de l'organisation de la Coupe du Monde de Rugby qui aura lieu en France en 2023 ?

Ça fait partie des héritages de notre sport. C'est une chance de pouvoir accueillir la Coupe du Monde chez nous. Il faut aussi anticiper ce que cela peut générer en termes de licenciés, d'un point de vue médiatique et les retombées économiques sur les clubs associatifs. Tous n'ont pas la chance de finir la saison avec des budgets à l'équilibre. Nous perdons des licenciés, il est donc nécessaire de montrer que les valeurs du rugby ne se perdent pas.

En quoi la technologie permet-elle d'être meilleur ?

Elle est essentielle. Le développement des différents sports et de leur support digitaux m'intéresse beaucoup. Se confronter à d'autres communautés, d'autres disciplines est très motivant … J'ai pu rencontrer récemment d'ailleurs Eric Abidal à Barcelone sur la question de l'accompagnement tactique et digital, pour analyser les forces et faiblesses de l'adversaire, cibler les zones de jeu favorables…

Dans cet environnement, l'utilisation de la data est essentielle. Tant sur un plan sportif que médical : savoir anticiper les blessures par exemple. Nous aurons dans un avenir proche des technologies qui permettront de récupérer plus vite.

Nous utilisons déjà des protège-dents connectés et qui détectent les risques de commotions cérébrales. On sent qu'il y a une prise de conscience et un mouvement qui se créé autour de différentes disciplines, d'où l'organisation de Sport Unlimitech. Côté technologie, je citerais aussi le e-sport qui est en plein essor : nous ciblons un public différent mais nous nous s'interrogeons sur la manière de les faire venir dans le rugby.

Un pronostic sur la prochaine Coupe du monde au Japon (20 septembre au 2 novembre) et le parcours du XV de France ?

Je pense que les joueurs peuvent passer les phase de poule. On sent de l'application et de la sérénité. Depuis 4 ans l'équipe de France a prouvé qu'elle pouvait être performante même si l'on perd encore trop de match, notamment sur les dix dernières minutes, soit pas des fautes d'inattention ou individuelles.

Quels sont vos projets à venir ?

J'accompagne la structuration de club de Blagnac davec une feuille de route jusqu'en 2022. Je suis également impliqué depuis trois ans dans le développement du rugby à 7 avec le club de Monaco.

Nous allons capitaliser sur la première édition de Sport Unlimitech pour renforcer d'éventuels partenariat dans le cadre de la Coupe du Monde de rugby au Japon, et de la Coupe du Monde de football au Qatar en 2022. Avec l'ambition de mobiliser les forces françaises pour le développement international du pays.

Et puis, nous allons travailler sur la marque Lou Rugby et sur l'internationalisation du club à travers des partenariats au Japon et en Chine. C'est aussi un moyen de renforcer l'attractivité de notre territoire.

Ses dates clés

2018

Président de Sport Unlimitech, conseiller auprès du Lou Rugby et consultant médias

2017

Ambassadeur de la Coupe Coupe du Monde de rugby 2023

2015

Meilleur marqueur de l'histoire du XV de France

2001

Premier titre de champion de France (Stade Toulousain) et première sélection en équipe de France




Julien THIBERT
Journaliste

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