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François Turcas : "Mon seul parti c'est la PME"

le - - Grand témoin

François Turcas : "Mon seul parti c'est la PME"
© Marine-Agathe GONNARD - "Nous voulons e?tre comple?mentaires"

A la tête de la CPME du Rhône depuis 1992 (ex-CGPME), François Turcas reste un homme incontournable dans le milieu économique lyonnais mais également à l'international où il a développé l'activité des entreprises qu'il a dirigées, dont la dernière en date, Proli, pour laquelle il a revendu ses part en 2017. Ardent défenseur des PME-PMI, cet amoureux de la montagne a choisi le marathon en format trail plutôt que sur le plat, dans son combat pour la reconnaissance des petites entreprises. En juin prochain, la CPME Auvergne-Rhône- Alpes organise en ce sens la première édition de Made in PME. Une opération qui rassemblera les entreprises de l'ensemble des territoires de la région avec l'ambition de mieux faire connaître leurs savoir-faire et stimuler des synergies entre elles. Ne craignant pas l'affrontement, cet ancien "para" a toujours su garder les pieds sur terre pour la bonne marche de l'entreprise et de l'entrepreneuriat. Il ne s'efface pas encore totalement de sa vie d'homme public mais tend à plus de quiétude. Futur retraité ? Pas tout à fait...

Pourquoi lancez-vous cette première édition de Made in PME à Lyon le 25 juin 2020 à Eurexpo ?

La CPME affiche une volonté affirmée pour les entreprises patrimoniales. Des chefs d'entreprises qui investissent tout leur temps, leur savoir et leur argent et qui plus est sont cautions de leur entreprises. Ces gens-là méritent d'être à l'honneur. L'opération Made in PME que nous organisons le 25 juin 2020 va nous permettre de rassembler plus de 500 chefs d'entreprises qui vont représenter l'ensemble des 12 dé- partements du territoire de la CPME Auvergne-Rhône- Alpes pour créer la meilleure des synergies entre les entreprises qui ne se connaissent pas, du Cantal à la Haute-Savoie.

Ces entreprises patrimoniales méritaient d'être encore plus valorisées ?

Il faut rappeler au monde politique et économique que les spécificités des PME sont multiples et qu'elles repré- sentent 99 % des sociétés en France. Seulement 2 000 entreprises possèdent plus de 150 personnes. Le tissu qui maintient les emplois dans les territoires sont les PME. On ne délocalise pas. Il faut que nos spécificités soient reconnues, notamment auprès de l'Etat. Nous voulons précisément porter à la connaissance du plus grand nombre notre vocation citoyenne. La RSE par exemple incarne une dimension que nous promouvons dans nos entre- prises. Nous voulons donc profiter de cette plateforme Made in PME pour créer un élan d'adhésion à travers nos structures départementales.

S'agit-il d'une opération régionale, est-elle destinée à essaimer dans d'autres territoires de France ?

C'est une opération régionale mais je serais heureux si elle est reprise dans d'autres territoires de France. Je rappelle que la CPME Auvergne- Rhône-Alpes est la première de France en nombre d'adhérents avec 12 000 membres dont 3 500 dans le département du Rhône. Nous voulons montrer que ces territoires existent au sein de nos régions et que la décentralisation opérée au niveau des collectivités territoriales doit aussi s'appliquer à notre structure syndicale.

Pouvez-vous nous détailler cette opération ?

Il s'agit de réaliser un évènement BtoB unique pour rapprocher les entreprises de la région à Lyon. Nous voulons un rendez-vous qui se place sous le signe de l'échange et du partage, avec la présence d'experts. Nous attendons 300 experts et 5 000 participants avec des têtes d'affiche et des grands témoins, des ateliers et des conférences. L'idée est que les participants ne s'ennuient pas pendant une journée et qu'ils puissent profiter pleinement de l'ensemble des opportunités qui vont se présenter à eux. Et qu'ils puissent repartir aussi avec de nouveaux clients, partenaires et four- nisseurs. Le rassemblement avec l'Auvergne a suscité des craintes avec la vision, sur Lyon, d'une CPME toute puissante. Ce rendez-vous donne l'occasion à des territoires comme le Cantal, la Haute-Loire, de sortir de leur bassin économique local, de montrer leurs savoir-faire et de trouver des synergies avec des entreprises de Haute-Savoie par exemple. Le choix de la date correspond à une période où globalement les chefs d'entreprises sont un peu moins sollicités.

Il fallait changer l'image de la CPME par rapport au Medef ?

Nous voulons être complémentaires. Nous avons tous notre rôle et nos synergies. C'est une force. Nous avons évidemment besoin des grands groupes, qui à l'international par exemple sont pour les PME des chevaux de Troie. N'oublions pas aussi que la plupart de leurs sous-traitants sont des PME-PMI. Par exemple, 80 % des fournisseurs du Groupe Casino proviennent de petites et moyennes entreprises. Nous avons la chance en plus sur Lyon d'avoir une gouvernance intelligente entre les grandes et petites entreprises.

Ce message s'adresse aussi aussi aux politiques ?

Ils ne portent pas l'intérêt nécessaire à nos spécificités. Le rôle de la CPME est de rappeler à chacun que cet environnement fiscal est difficile. Et malgré les charges qui pèsent sur nos PME nous voulons montrer qu'en France nous sommes résilients. Nous reconnaissons que le gouvernement a œuvré en faveur des PME mais quelques fois, ces efforts sont annihilés par de nouvelles lois contre-productives.

Que vous inspirent les prochaines échéances électorales à Lyon ?

Ca fait trente ans que je suis président de la CPME et je ne crois pas avoir fait de fautes politiques. Je me suis toujours entendu avec tous le monde. Mon seul intérêt, mon seul parti, c'est la PME- PMI. Le reste, c'est une affaire de personnes sérieuses pour que, in fine, l'économie se porte bien. Bien sûr que la question politique m'intéresse. Nous irons là où l'intérêt de l'entreprise est défendu.

Le monde économique peut-il faire entendre sa voix auprès des candidats pour les prochaines élections ?

Oui. Un syndicat comme le nôtre, c'est une famille. Et lorsque le chef de famille prend une position, ou s'il n'est pas d'accord avec des propositions qui ne vont pas dans l'intérêt des PME-PMI, on nous entend. Nous avons du poids car nous faisons vivre des personnes qui elles-mêmes font vivre d'autres personnes. Quand on fédère 3 500 personnes sur le seul département du Rhône, c'est une force. Il suffit de la montrer pour ne pas être obligé de s'en servir.

Ses dates clés

2018: Nommé consul honoraire de Russie à Lyon

1992 : Fonde la CGPME à Lyon

1990 : Création de la société Proli (suite à la vente de Sodap au groupe Lafarge)

1961 : Entre à l'Ecole Royale Militaire de Soreze (Tarn)




Julien THIBERT
Journaliste

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