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Rencontre / François Bordry, des VNF à la Biennale d'art contemporain

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Rencontre / François Bordry, des VNF à la Biennale d'art contemporain

La 15 è Biennale d'art contemporain de Lyon sera dévoilée officiellement le 6 juin prochain. Elle aura lieu pour la première fois dans le vaste site des anciennes usines Fagor du quartier Gerland. Elle disposera de 25000 m2, contre 7000 m2 auparavant à La Sucrière. Elle sera présidée par François Bordry, qui était vice-président jusqu'à fin 2018, et succède à Bernard Faivre-d'Arcier. Rencontre.

François Bordry qui fut pendant 10 ans l'attaché de presse de Simone Veil au Parlement européen, est un Lyonnais de cœur. S'il est peu connu entre Rhône et Saône, c'est qu'il a partagé sa carrière entre sa région d'origine, l'Orléanais (Région Centre), Paris et Lyon depuis 20 ans, où il a fortement contribué à la création, puis au succès de la Biennale d'art contemporain.

La prochaine édition aura lieu de septembre 2019 à janvier 2020, avec une invitation à l'équipe du Palais de Tokyo comme commissaires artistiques invités (lire Le Tout Lyon 5359 du 27 avril, page 24) .

Ancien président des Voies Navigables de France (VNF), de 1994 à 2008, François Bordry fut à l'origine, pendant ses mandats à la tête du réseau national, de la reconquête des berges de la Saône, et de la réhabilitation des anciens docks, qui seront les premiers bâtiments du nouveau quartier Confluence.

« VNF était propriétaire des 8 hectares et des bâtiments à l'abandon du port Rambaud, explique François Bordry. Il se trouve que j'étais aussi à l'époque Président du FRAC Centre (Fonds régional d'art contemporain) et que nous avions créé à Orléans Archilab, un salon de l'architecture la plus innovante. C'est ainsi que j'ai pu proposer à Gérard Collomb, au cours de son premier mandat, de confier à de jeunes architectes extrêmement prometteurs la valorisation de l'ensemble de ce port, seule solution nous permettant de trouver un équilibre financier acceptable pour pouvoir accueillir la Biennale d'art contemporain à La Sucrière. En effet, la Biennale ne pouvait assumer une location de la Sucrière que 5 mois tous les deux ans… C'est ce montage qui a permis de doter Lyon d'une façade sur la Saône de bâtiments devenus icôniques de la modernité de la ville ».

A partir de cet aménagement urbain via les VNF, François Bordry est devenu vice-président de la Biennale auprès de Bernard Faivre-d'Arcier, ex directeur du festival d'Avignon.

C'est pendant sa jeunesse d'étudiant en droit et sciences po que François Bordry découvre la peinture et les arts au contact d'un oncle collectionneur plutôt classique. Il l'accompagne dans les expositions et les galeries parisiennes. Ce n'est que plus tard qu'il s'intéresse à l'art contemporain. Parallèlement à sa carrière auprès de Simone Veil, puis aux VNF, il a toujours eu un pied dans le monde des créateurs, en présidant l'Ecole Spéciale d'Architecture de Paris et l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Bourges :

« L'art contemporain et l'art en général peuvent apporter beaucoup aux jeunes générations, en les ouvrant sur le monde [...] affirme François Bordry, à condition d'avoir une bonne médiation […] cela donne du recul face aux évènements, une vision du monde […] beaucoup de jeunes visiteurs de la Biennale se souviendront des œuvres, et feront des connexions au quotidien avec ce qu'il rencontreront … On ne peut que regretter que l'art ne soit pas suffisamment enseigné en France, par rapport à l'Italie par exemple […] »

François Bordry avoue qu'il a aujourd'hui au sein de la Biennale de Lyon un rôle plutôt terre à terre, de mise au point de conventions, de relations avec les élus, de recherche de soutiens financiers… : « Toute ma carrière, les relations avec les élus ont été au coeur de mes activités, cette fois c'est un rôle au service des artistes, affirme-t-il, avec Dominique Hervieu (directrice de la Maison de la danse) comme directrice artistique pour la danse, Isabelle Bertolotti, (directrice du MAC de Lyon), comme directrice pour l'art contemporain, et Sylvie Burgat, directrice générale, avec son équipe pour régler l'ensemble et aller à la recherche de mécènes… L'intérêt d'une structure unique pour les deux biennales permet de faire travailler une même équipe de 15 E.T.P (22 à 25 CDI), auxquels on ajoute une myriade de CDD chaque année pour l'événement (environ 15 pour la danse, 40 pour l'art contemporain)… »

Fagor, comme siège des Biennales ?

Côté budget, la biennale d'art contemporain mobilise 9 M€* pour l'art contemporain et 7,3 M€ pour la danse : « La Biennale de Lyon est la plus importante dans l'art contemporain en France et l'une des plus importantes en Europe, le ministère de la culture l'a compris, il est inutile d'essayer de refaire ailleurs ce qui marche bien à Lyon. Quant à la Danse, c'est l'une des plus importantes biennales au monde […] Il y a une énorme renommée des biennales, de fortes retombées internationales. S'il fallait financer une campagne touristique de ce niveau, aucune structure ne pourrait la porter. Et des programmes pour les amateurs, les scolaires etc. dans l'ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes […] Notre objectif, notre orientation est que les œuvres puissent être au maximum fabriquées dans la région, en fournissant aux artistes les entreprises, les ateliers etc.de la région…»

Les anciennes usines Fagor, le musée d'Art contemporain, l'institut de Villeurbanne (IAC), mais aussi la Presqu' Île seront les principaux lieux d'exposition, sans compter de nombreux lieux dans la région regroupés sous le vocable "Veduta" (fenêtres ouverte sur 12 territoires de la région Auvergne Rhône-Alpes).

Les usines Fagor appartiennent à la Métropole, ce qui permet d'économiser le coût de la location de La Sucrière, qui est gérée par le groupe GL. Events, qui a accueilli 8 biennales depuis 2003.

La Biennale pourrait s'installer durablement sur le site des usines Fagor dans un quartier très accessible : « Je serais heureux d'installer le siège de la biennale dans l'usine Fagor, cela permettrait notamment des économies de loyer sur nos bureaux de la rue Edouard Herriot […] Le site pourrait accueillir d'autres évènements […] Ce sera à la Métropole d'en décider […] » conclut François Bordry.

Les lieux et les artistes sont d'ores et déjà connus : https://www.biennaledelyon.com/les-artistes/usines-fagor/

*Financement de la Biennale d'art contemporain

Métropole : 2,4M€ ; Drac, 1,4M€ ; Région, 700 000 €, mécénat, 1,5M€ et billeterie (270 000 visiteurs en 2007-Danse environ 110 000 festivaliers dont 70000 billets en salles.)




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