Franc-parler

Malmenée. Martyrisée. Vilipendée. Outragée. Raillée. Suppliciée. Cet inventaire à la Prévert témoigne des assauts répétés, supportés par une langue française bafouée jusque dans son berceau.

ActualitéEditos-Billets Publié le ,

Relevons avant tout les belles initiatives. De celles qui servent à réenchanter la langue française. Le « Magnifique printemps ! » de l’espace Pandora (du 11 au 26 mars) appartient à cette catégorie. Réunis sous cette bannière alliciante, mettant en exergue une saison où la vie recouvre ses droits, le 19e Printemps des poètes à Lyon et la 22e Semaine de la langue française et de la francophonie en Auvergne-Rhône-Alpes irrigueront les territoires d’événements où se croiseront poètes et musiciens, artistes et écrivains. Ou plus prosaïquement, tous les amoureux de notre langue.


Une langue vivante et vibrante, heuristique et plurielle. Manier la langue, jouer avec les mots, réveiller sa créativité : voici exposé le triple dessein poursuivi par le rendez-vous de fin mars, « Le jeu des dix mots ». Ou comment s’approprier, le temps d’une création littéraire, visuelle ou sonore, des vocables aux forts accents numériques : avatar, canular, émoticône, favori, fureteur, héberger, nomade, nuage, pirate, télésnober.

Plus politique, la « clause Molière » a occupé l’espace médiatique ces dernières semaines. La « clause Molière » ? C’est cette mesure, réclamée avec insistance par les artisans du bâtiment, qui impose le français sur les chantiers. Après la Normandie et les Hauts de France, la région Auvergne-Rhône-Alpes a voté cette clause qui impose donc la langue de Molière sur les chantiers dont elle est maître d’œuvre. Laurent Wauquiez y voit une mesure pour lutter contre le travail détaché et s’assurer du respect des consignes de sécurité. Pas de quoi calmer une opposition qui fustige une opération de communication.

Autre polémique concernant le domaine de la communication, celle affectant la candidature de Paris aux jeux Olympiques de 2024. Le slogan en anglais, « Made for sharing », passe mal auprès d’associations de défense de la langue française. Rassemblées au sein d’un collectif, elles s’insurgent contre l’emploi de l’anglais alors que le français est langue officielle du CIO. Pour ces associations, ce slogan, utilisé par le passé par la chaîne Burger King pour une campagne publicitaire, est une « insulte à la langue française » et « enfreint plusieurs articles de la loi Toubon ». Le Lyonnais Bernard Pivot, président de l’Académie Goncourt, a vertement réagi : « Ce slogan est une faute, une ânerie ». Plus modéré, le Brondillant Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux sports, a précisé que ce slogan était double, avec anglais et français (ndlr : « Venez partager »). Sauf que la traduction française n’apparaît pas dans la communication officielle du dossier de candidature. Simple balourdise ou réelle impéritie ? A-t-on mandaté sur ce dossier la crème des équipes de com’ ? La crème anglaise, il s’entend…

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 28 mai 2022

Journal du28 mai 2022

Journal du 21 mai 2022

Journal du21 mai 2022

Journal du 14 mai 2022

Journal du14 mai 2022

Journal du 07 mai 2022

Journal du07 mai 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?