AccueilCultureExpositionFoujita, le dandy des Années Folles, Paris

Foujita, le dandy des Années Folles, Paris

Le Musée Maillol consacre actuellement Foujita, le plus français des peintres japonais ! Venu à Paris pour s'imposer et se confronter aux avant-gardes qui fleurissent dans la Capitale, il a laissé une œuvre lumineuse et originale que l'on redécouvre le temps de cette belle exposition.
Foujita, le dandy des Années Folles, Paris

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Plus d'une centaine d'œuvres issues de collections publiques et privées témoignent de la participation active de Foujita à ces années euphoriques dites les « Années Folles ». En célébrant le cinquantenaire de sa mort, l'exposition se concentre sur les années particulièrement fertiles du peintre : 1913-1931, une période qui coïncide avec les grandes années de l'Ecole de Paris.

Femme allongée, Youki 1923

Foujita (1886-1968) eut dans sa vie deux passions : la peinture et Paris. L'homme est élégant, charmeur et excentrique ; il est ce dandy raffiné invité à toutes les fêtes de Montparnasse et de Deauville ! Il étudie et analyse les avant-gardes parisiennes mais il choisit de s'en démarquer en orientant son travail vers une figuration très personnelle qui allie l'Orient et l'Occident.

Dès l'annonce de l'armistice de la première Guerre mondiale, la « parenthèse de fêtes » des Années Folles s'ouvre à Paris en permettant à de nombreux artistes émigrés dans la Capitale de donner libre cours à leur créativité au sein de l'Ecole de Paris : Zadkine, Modigliani, Chagall, Kisling, Soutine, Picasso ou Van Dongen… Ils se réunissent dans les brasseries de Montparnasse jusque tard dans la nuit (Le Dôme, la Rotonde) avant de partir au petit matin s'égailler à Deauville. Cependant ils trouvent le temps de travailler !

Le Petit Bouddha 1919

Après des débuts prometteurs au Japon, le travail anticonformiste de Foujita le fait remarquer des milieux artistiques parisiens de l'époque et acquérir rapidement une grande renommée.

Il peint, dessine et grave en utilisant toutes les techniques et s'intéresse aussi au théâtre, à la couture, à la photographie et au cinéma. Ce « touche à tout » brillant est adulé par le Tout-Paris et les commandes affluent !

Sa peinture est plate et lisse. Sa matière forme une sorte de glacis léger qui recouvre les motifs soulignés d'un trait fin presque calligraphique. La couleur raffinée n'est là que pour sublimer la forme de ses aplats légers.

Le parcours de l'exposition se partage en seize séquences qui illustrent les étapes du travail parisien de l'artiste. Le petit Bouddha de 1919 charme les visiteurs par la tendresse de l'enfance qui se dégage de cette peinture lisse comme une estampe !

Puis au fil des salles : Le Chat courant après une souris 1925 – Femme allongée, Youki 1923 – Portrait de l'artiste 1928 et tant d'autres peintures étranges et fascinantes.

Les grandes compositions réalisées sur commande sont exposées à l'étage inférieur : Grande Composition 1, dite composition au lion…La visite se termine avec le beau Portrait d'un garçon 1923 et Mon Intérieur, Paris 1922.

En 1929 la grave crise économique de Wall Street éloigne les clients français et internationaux, mettant un terme aux fêtes des « Années Folles ». Foujita retourne au Japon en 1931, revient à Paris dans les années cinquante et est naturalisé français en 1955.

Une exposition remarquable de l'œuvre parisienne « du plus oriental des peintres de Montparnasse » qui a su fusionner avec talent la culture japonaise et l'esthétique de l'Occident. Foujita a incarné une modernité qui se démarque des conventions et des frontières.

Jusqu'au 15 juillet

Brigitte Roussey

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