Pendant longtemps le fort de Bron a vibré des tirades des pièces classiques montée par André Fornier, un été sur deux . Puis le chant des comédiens s'est tu. Et voilà que l'ouvrage militaire va de nouveau s'emplir de cris d'enfants et du cliquetis des fourchettes et des couteaux. En effet, si le festival, porté par l'espace Albert-Camus et Pôle Pik (qui sont en train de fusionner) se tourne vers la danse, le cirque et les arts de la rue, il reprend le concept de spectacle-repas qu'avait pratiqué, en son temps, le metteur en scène André Fornier.
À déguster, au sens propre, Les grands fourneaux de la compagnie Max et Maurice. Deuxième volet de leur trilogie Cirques et petits commerces en tout genre, ce spectacle immerge les spectatrices et les spectateurs dans l'univers d'un grand restaurant pas comme les autres où les employé.es défient les lois de la pesanteur et celles du sens commun. Entre jongle, acrobatie et danse, musique et casseroles, les huit artistes conjuguent au présent art culinaire et arts du cirque tout en régalant le public d'un savoureux repas.
Sous-titrée fantaisie lyrique et culinaire, ces Grands fourneaux promettent une dégustation circassiennne hors des sentiers battus. Un peu plus loin, dans la « clairière » du fort, les Five foot fingers, boys band à la française, embarquent tout le monde dans leur show à l'américaine, estampillé Brodway-sur-Marne.
Élevés aux comédies musicales, nourris de funk et de burlesque, ces cinq moustachus s'en donnent à cœur joie, cultivant l'absurde comme d'autres cultivent leur jardin et rivalisant d'ingéniosité pour éviter le pire (qui ne manque pas d'arriver). Pour terminer la soirée en beauté, les danseuses et danseurs du Pôle pik improvisent quelques pas de danse et invitent le public dans la cour des Parados, transformée pour l'occasion en dance-floor éphémère.
Gallia Valette-Pilenko
Fort en scènes, 6 au 9 juillet, www.albertcamus-bron.fr