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Fondation Saint-Irénée à Lyon : "Nous sommes au service des projets et de l’intérêt général"

Orienter ses impôts grâce au don en toute sécurité. C’est le message de la Fondation Saint-Irénée à Lyon aux personnes concernées par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ou sur le revenu (IR) ou sur les sociétés (IS).
Fondation Saint-Irénée à Lyon : "Nous sommes au service des projets et de l’intérêt général"
© J.T - De g. à d. : Lionel Devic, Anne Nortier, Etienne Piquet-Gauthier et Matthieu Hanachowicz.

EconomieFinances Publié le ,

Les contribuables du Rhône ont jusqu’au 8 juin 2022 pour effectuer leur déclaration d’impôts (sur les revenus 2021) en ligne. Ceux qui sont assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) peuvent, depuis le 1er janvier 2018, déduire un don de leur IFI, si celui-ci est réalisé au profit d’une association ou d’une fondation d’utilité publique.

"Le passage à l’acte n’est pas toujours aisé, c’est pourquoi, en tant que fondation reconnue d’utilité publique, nous devons éduquer les gens à la générosité ; il y a bien sûr des règles de succession à respecter et pour les entreprises, le mécénat d’entreprise n’est pas seulement réservé aux grands groupes et il faut encore mieux en faire connaître les avantages auprès des dirigeants et des professions libérales", explique Etienne Piquet-Gauthier, directeur de la Fondation Saint-Irénée à Lyon.

Fondation Saint-Irénée à Lyon : "Nous sommes dans une démarche d’évangélisation"

Mais où et à qui donner ? Pour quelle cause ? La proximité de la réalisation, selon le dirigeant, est un facteur essentiel dans l’acte de don.

"Les gens regardent que l’action rendue possible par le don soit au plus proche d’eux et grâce à notre organisation, nous garantissons cela et la bonne utilisation des fonds. Pour les projets que nous soutenons et accompagnons, nous versons l’argent sur présentation des justificatifs de dépenses. Pas avant".

La vocation de la Fondation avant tout acte de don, réside dans le partage des bonnes pratiques. "Nous sommes dans une démarche d’évangélisation. Je constate que le rapport à l’écologie et à l’économie sociale et solidaire a grandement évolué ces dernières années, et a donné place à un élan plus « naturel » en matière de don et de prise de conscience de l’intérêt général", poursuit Etienne Piquet-Gauthier.

Et Anne Nortier, responsable des ressources et de la collecte à la Fondation Saint-Irénée de compléter : "L’économie sociale et solidaire a effectivement fait beaucoup bouger les lignes. Dans le cadre de la RSE, il y a une volonté chez le dirigeant de développer le mécénat avec ses salariés ; cela devient un projet d’entreprise pour embarquer l’ensemble des collaborateurs et créer une vraie cohésion. Avant, le mécénat, c’était l’affaire réservée du patron qui décidait seul. Aujourd’hui, il y a une réflexion et une décision collectives autour du mécénat".

En 2019, le marché du don s’évaluait à 8 milliards d’euros et le mécénat global des entreprises à 3 milliards d’euros.

Un contexte que confirme Matthieu Hanachowicz, associé et expert-comptable au sein du cabinet AFIGEC à Lyon : "Quand on regarde les statistiques, le mécénat des entreprises a doublé, entre 2010 et 2020 et la quote-part est passée de 1 à 2 milliards d’euros. En 2019, le marché du don s’évaluait à 8 milliards d’euros et le mécénat global des entreprises à 3 milliards d’euros. Ça progresse donc mais le chemin reste encore long car moins de 9 % des entreprises ont une démarche assumée de mécénat. Deuxième élément notoire, plus de 80 % des entreprises orientent leur choix de don au niveau local. Il y a une volonté forte de l’entreprise à participer à l’animation de son écosystème".

La période Covid, si elle a été un révélateur du renforcement de la sensibilisation à la chose écologique et à la notion d’intérêt général, a révélé les insuffisances déjà connues de l’Etat et des collectivités locales sur la question de la solidarité.

"L’Etat a bien sûr été très réactif durant la crise Covid sur les aspects sanitaires et financiers au niveau des entreprises, mais nous avons constaté une précarisation accrue des situations. Avec l’aide d’urgence de la Fondation, les paroisses par exemple, se sont mobilisées très vite pour la préparation de paniers repas au profit des personnes à la rue mais également des étudiants et des retraités, gravement touchés par le premier confinement.", précise Etienne Piquet-Gauthier qui salue cette mobilisation spontanée mais qui alerte aussi sur le besoin d’actions durables grâce au don.

"Il y a bien sûr nécessité d’agir au quotidien mais aussi sur le plus long terme et la Fondation peut garantir cette pérennité".

Lionel Devic, avocat associé chez Delsol Avocats, appuie ces propos sur l’orientation des dons : "La France repose sur un mécanisme d’Etat Providence où l’Etat prélève beaucoup d’impôt, par exemple, à travers la TVA ou les impôts directs et indirects. Et les contribuables pensent naturellement que l’Etat prend en charge massivement les structures sociales et sanitaires ou d’entraide. Ce n’est pas toujours synonyme d’efficacité et de réactivité ; on l’a vu avec la crise Covid. Les structures comme la Fondation Saint-Irénée, agissent avec agilité en phase d’amorçage des projets ou dans des segments où l’Etat n’intervient pas. On l’a vu dans des projets de colocation solidaire avec des personnes de la rue ou dans le soutien aux personnes en état d’addiction. Ce type d’action concrète plaît aux donateurs. Le vrai défi est de maintenir le mécénat sur la durée et les modèles de développement d’entreprise intègrent justement ces mécanismes de mécénat très favorables et encore trop peu actionnés".

Flécher et sécuriser le don

De surcroit, le don en France repose sur une fiscalité attractive comme le rappelle Etienne Piquet-Gauthier :

"Cette fiscalité doit être rappelée : il y a une réduction réelle et massive de la part d’impôt à payer : 75 % au titre de l’IFI, 66 % au titre de l’impôt sur le revenu et 60 % au titre du mécénat d’entreprise. Cela permet d’orienter l’impôt des contribuables. En tant que fondation d’utilité publique nous sommes garants du bon usage de la générosité des personnes donatrices et de l’Etat".

En 2020, on comptabilise 171 millions d’euros de dons au titre de l’IFI sur les 2 milliards collectés par l’Etat au total. Cela veut dire que les contribuables pourraient donner plus aux fondations et orienter leur don vers des causes qui leur sont chères.

"La législation permet aux TPE-PME de pouvoir faire des dons plus importants en augmentant le plafond du don annuel à 20 000 euros au lieu du 0,5 % du chiffre d’affaires. Il y a donc un encouragement donné au mécénat d’entreprise", ajoute Lionel Devic.

Matthieu Hanachowicz renchérit : "Il y a donc un potentiel énorme à aller chercher. Cette situation est due à une méconnaissance et une absence d’identification de projet pertinents. Il faut présenter des projets locaux qui ont du sens".

La fidélisation d’une démarche de don, c’est aussi la démonstration pour les fondations de sécuriser le parcours de don : "Nous avons une expertise fine et une transparence réelle (contrôle de la Cour des Comptes, certification des comptes par des commissaires au compte, publication des comptes, etc) et nous respectons scrupuleusement la volonté du donateur. A travers la Fondation Saint-Irénée, il est possible de flécher son don", explique Etienne Piquet-Gauthier.

Et ce dernier d’arguer sur la fonction de « fondation abritante » de la structure qu’il dirige. "Notre fondation offre un réceptacle intéressant pour une personne ou une entreprise qui veut organiser sa propre philanthropie via sa propre structure de mécénat ou accompagner des initiatives locales. Nous avons par exemple amorcé le démarrage Petites Cantines à Vaise qui depuis, essaime dans toute la France. Nous accompagnons actuellement La Pause Brindille, un projet qui nous tient à cœur et s’occupe des jeunes aidants. C’est le genre de pépite qu’il faut mettre en lumière et accompagner dans son développement. Nous soutenons environ 80 projets par an".

Capitaliser sur des actions durables

Au sortir de deux ans de crise Covid et dans un contexte actuel de guerre en Ukraine, les contribuables et dirigeants d’entreprise sont-ils dans une démarche de don tandis qu’ils doivent assurer la pérennité de leur structure ?

"Il est certes difficile de se projeter. Si l’on regarde sur les deux dernières années pourtant, on se rend compte que la crise Covid n’a pas freiné les dons, au contraire. Des chefs d’entreprises restent donc mobilisés mais doivent se passer le mot et pratiquer encore plus le mécénat", décrit Matthieu Hanachowicz.

Pour attester de ce potentiel encore mal exploité : le mécénat d’entreprise représente un marché de 3,5 milliards d’euros mais seulement 2 milliards font l’objet de reçus fiscaux. De quoi prouver que la générosité ne se fonde pas seulement sur des mécanismes fiscaux. Mais que dans le même temps, l’intérêt du reçu fiscal est bien réel puisqu’il permet de donner plus avec un impact trois fois supérieur.

"C’est pourquoi nous souhaitons à la fois éviter les risques de gaspillage en sécurisant les parcours de dons et concrétiser des projets que nous analysons au préalable, à la fois pour éviter la déperdition de valeur et d’énergie consacrées des acteurs", conclut Etienne Piquet-Gauthier.

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