Flics et voyous

Flics et voyous
© Frédéric Iovino

CultureSpectacle vivant Publié le ,

A la fin des années 30, l’Allemagne se débat dans la crise économique. La République de Weimar assiste impuissante à la montée du nazisme. Exit la rédemption par l’amour et les grands mythes wagnériens. Dans ce contexte, Bertolt Brecht accentue la rupture. Avec la complicité de Kurt Weill, il signe L’Opéra de Quat’sous. Faux opéra destiné à faire tourner la tête au public, l’oeuvre rencontre rapidement un écho auprès du public séduit par les dissonances de la partition ou encore le mélange des genres, les frictions entre flics et voyous.


Dans L’Opéra de quat’sous, il n’y a pas un personnage pour racheter l’autre. Les plus vieilles amitiés, les sentiments en apparence les plus purs, se fissurent sous les coups de la réalité incarnée par Jonatham Peachum. Pour lui tout se monnaye puisque même les puissants achètent leur conscience en accordant l’aumône aux faux handicapés que le roi des mendiants exploite sur le pavé londonien. Même Tiger Brown, le terrible chef de la police, cède à la corruption lorsqu’il s’agit de son ami Mackie-le-serineur. Inutile de s’interroger sur l’actualité de cet ouvrage. Procès, corruption, connivences contre nature, scandales financiers, amitiés trahies, les médias alimentent régulièrement la chronique.


Gilles Bugeaud, Pauline Gardel, Vincent Heden,, Nolwenn Korbell, Florence Pelly et Jacques Verzier incarnent les principaux personnages de cette comédie grinçante, mis en scène par Jean Lacornerie avec le concours des grandes marionnettes imaginées par Emilie Valantin. Jean-Robert Lay dirige la partition, dans l’orchestration originale pour 9 instruments.

Théâtre de la Croix-Rousse, 3 au 12 novembre.
croix-rousse.com

Effets spéciaux sur Ravel

Puni par sa mère, l’enfant brise et persécute tout ce qui lui tombe sous la main. Mais lorsque sonne l’heure des sortilèges, objets meurtris et bêtes torturées prennent la parole. Maurice Ravel prend prétexte de leurs remontrances pour pasticher divers genres musicaux. Un morceau de jazz, un foxtrot, un ragtime, un menuet, une polka ou encore une valse se succèdent dans L’Enfant et les sortilèges, une oeuvre plus proche des comédies musicales actuelles que d’un opéra. Cette fantaisie lyrique, composée sur un livret de Colette, fait partie de ces petits trésors musicaux dont on abuse avec gourmandise.


Pour cette nouvelle production, interprétée par les solistes du Studio, l’Opéra invite le vidéaste Grégoire Pont créateur des images projetées sur les personnages. Vous verrez des fleurs poussant sur des robes et des chanteurs toussant des notes. Martyn Brabbins et Phillippe Forget se partagent la direction d’orchestre.


Opéra de Lyon, 1er au 5 novembre
opera-lyon.com

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