AccueilCultureSpectacle vivantFesten de Cyril Teste, glaçant mais incontournable !

Festen de Cyril Teste, glaçant mais incontournable !

À découvrir, au théâtre des Célestins, un Festen très personnel de Cyril Teste, créé en novembre dernier à Annecy.
Festen de Cyril Teste, glaçant mais incontournable !
Simon Gosselin

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Festen, coup de pied dans la fourmilière cannoise 1998, imposait une nouvelle façon de filmer dictée par le manifeste Dogme95 instauré par Lars von Trier et Thomas Vinterberg. Celui-ci filmait caméra à l'épaule une sombre histoire de secrets de famille.

Cyril Teste reprend le scénario et les dialogues de ce film-culte pour donner sa propre version, une « performance filmique » comme il aime à définir son travail. Après Nobody, brillante adaptation de textes de Falk Richter, il reprend le concept de tournage, montage, étalonnage et mixage en temps réel sous le regard du public pour désosser à sa manière ce repas de famille qui se transforme en grand déballage. Où Christian, le « héros » se met à nu comme pas possible, la caméra braquée en gros plan sur son visage ou furetant dans les coulisses, le suivant comme on traquerait un gibier. Dans un décor parfait de salon bourgeois de grande classe, de cuisine high-tech et de bibliothèque très chic, la caméra s'attache aux personnages, aux recoins, à l'envers du décor pour mieux serrer les protagonistes de cette farce macabre.

En effet, Cyril Teste et le Collectif MxM s'emparent des outils d'aujourd'hui pour forger un théâtre profondément actuel. « Chaque « langue » incomplète isolément prend sens dans une grammaire commune et synchrone. », chaque élément tisse les communs, afin d'entrer dans la matière plus crûment.

En s'appuyant sur la version théâtrale de Bo Hr. Hansen, traduite par Daniel Bénoin, le metteur en scène qui clôturait également la saison des Célestins l'année dernière, avec Nobody, justement, s'approprie le film et transforme le personnage principal en héros élisabéthain, tel un Hamlet des temps modernes.

Hanté par le fantôme de sa sœur, et le parfum de celle-ci, qui flotte dans l'air comme une trace minuscule, il devient une figure. Sans pour autant écraser les autres personnages, tous magnifiquement campés par les comédiennes et comédiens du collectif. Une belle démonstration d'intelligence théâtrale est à l'oeuvre ici, . Avant l'adaptation très attendue de Opening Night avec en vedette Isabelle Adjani en mars prochain.

Théâtre des Célestins, 12 au 16 juin, www.theatredescelestins.com

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 05 août 2022

Journal du05 août 2022

Journal du 30 juillet 2022

Journal du30 juillet 2022

Journal du 23 juillet 2022

Journal du23 juillet 2022

Journal du 16 juillet 2022

Journal du16 juillet 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?