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Femmes décideurs 2022 : Clémentine Colin-Richard (Paraboot) décroche le prix Made in ici

Clémentine Colin-Richard (Paraboot), dirigeante de l'entreprise iséroise Paraboot, a remporté le trophée Made in ici à l'occasion de la soirée Femmes décideurs 2022 organisée par Tout Lyon et ses partenaires. Une grande émotion pour cette ambassadrice de la production de chaussures en France et dans la région.
Femmes décideurs 2022 : Clémentine Colin-Richard (Paraboot) décroche le prix Made in ici
© DR

EconomieFemmes décideurs 2022 Publié le ,

Clémentine Colin-Richard, dirigeante de Paraboot, a reçu mardi 31 mai le trophée Made in ici, remis par Sylvie Pelegrini Husson (groupe Metalpe). La cheffe d'entreprise iséroise est l'une des quatre lauréates de l'événement Femmes décideurs 2022, dont le verdict est tombé à l'occasion d'une grande soirée au H7 à Lyon.

Dans un discours vibrant d'émotion et de passion, Clémentine Colin-Richard a évoqué un parcours d'entrepreneure qui dépasse sa seule personnne. "C'est une grande émotion... Que ce trophée Femmes décideurs s'appelle Made in ici, c'est encore plus fort ! Toute ma famille est née en Isère", a-elle délivré.

"On s'est battus pour garder notre entreprise en Isère, la fabrication de chaussures dans la région. Je fais partie de la quatrième génération et ce prix veut dire beaucoup au regard de mon histoire familiale."

Sa première réaction en vidéo


Son portrait / Clémentine Colin-Richard, l’ambassadrice

Arrière-petite fille des fondateurs de Paraboot, Clémentine Colin-Richard a développé une solide expérience au sein de l’entreprise familiale. Impliquée dans sa gouvernance, elle prodigue des conseils aux entreprises tout en étant l’ambassa drice nationale de la chaussure.

"On ne m’a pas fermé les portes, mais on ne me les a pas ouvertes en grand non plus." Avec enthousiasme et franchise, Clémentine Colin-Richard évoque son parcours professionnel, indis sociable de sa famille.

Née à Tullins, en 1974, elle fait ses armes en dehors de Paraboot, chez Hermès, puis Charles-Jourdan, après des études de commerce à Lyon. En 2000, malgré les réticences de son père, Michel, elle rejoint l’entreprise familiale spécialisée dans les chaussures haut de gamme, fabriquées en Isère.

Telle une enfant défiant un interdit, Clémentine se lance. Elle pilote l’équipe R&D pour "harmoniser les collections" et supervise l’organisation des premières boutiques Paraboot. Se donnant à 200 % pour l’entreprise familiale dont elle devient administratrice en 2004, tout en assurant son rôle de mère pour ses deux enfants, Chloée et Rémy.

© Thomas Richardson /

"Casser les codes"

Mais en 2007, Clémentine fait un burn out. "Après mon arrière-grand-mère, Julienne Pontverd, qui a cocréé, avec son mari, Rémy Richard, l’entreprise (Richard-Pontvert), j’étais la première femme à m’y impliquer vraiment, à avoir des responsabilités… dans un monde d’hommes. J’avais besoin de faire un point sur ma situation et trouver un nouveau souffle." La reconstruction passe par une année d’études et la naissance de sa seconde fille, Mahée, en 2009.

Quatre ans plus tard, nouveau coup dur : Michel est victime d’un AVC qui le cloue dans un fauteuil roulant. Avec sa sœur, Capucine, son frère, Marc-Antoine, un cousin et le directeur général de l’époque, Clémentine reprend les rênes.

"La première chose a été de discuter entre nous, de définir la stratégie… Une décision de rupture a été de recruter un directeur général en dehors de la sphère familiale (Éric Forestier, Ndlr)." Michel, qui a conservé ses facultés mentales, reste président de l’entreprise. Tout en restant au conseil d’administration et en représentant Paraboot dans les événements publics, Clémentine crée sa société de conseils aux chefs d’entreprise, 3C Conseils, en 2017.

A la tête de la Fédération française de la chaussure

En 2021, elle se présente à la présidence de la Fédération française de la chaussure et est élue. "J’ai découvert qu’il y avait plein de femmes, des jeunes qui reprennent des ateliers et des marques. On ne sait pas tout ça ! Ma valeur ajoutée était là : casser certains codes en étant la première femme élue, en ayant moins de 50 ans et donner ce coup de projecteur sur la filière."

Son élection attire l’attention du Medef national qui la sollicite en janvier 2022 pour rejoindre le comité exécutif. "Forcément, tout cela se répercute sur Paraboot en termes d’attractivité. Car le recrutement, c’est le nerf de la guerre !"

Thomas Richardson

Son entreprise

114 ans après sa création, Richard-Pontvert (18,8 M€ de CA), avec sa filiale Capuce (7,4 M€ de CA) en charge des boutiques, compte près de 200 employés, répartis entre l’usine et le siège situés à Saint-Jean-de-Moirans et la trentaine de boutiques dans le monde. « 50 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger. Je veux qu’on renforce notre part de marché en France. »


Son conseil pour se lancer

Il faut oser et s’entourer. On interagit et on se sent moins seul. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises questions. Si elle est sincère, on ose la poser et on s’entoure.

Ses influences

Mes moteurs ? Il y a une notion de plaisir. Quelqu’un qui va à reculons pour travailler, chapeau mais ce n’est pas pour moi. Mon énergie, je la tire des autres. Ce qui m’intéresse, c’est le relationnel. Ensemble on va plus loin.

Son rituel d’entrepreneur

Je n’aime pas la routine. J’ai besoin d’une certaine organisation, de quelques bases, mais si chaque jour est différent, c’est top !

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