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Faux dévot, vrai escroc

Benoît Lambert met en scène un Tartuffe, sorte d'Arsène Lupin déguisé en dévot pour mieux réussir son coup.
Faux dévot, vrai escroc
© Vincent Arbelet - Emmanuel Vérité (Tartuffe) et Mac Berman (Orgon)

CultureSpectacle vivant Publié le ,

A propos de Tartuffe, certains évoquent une origine italienne, un personnage d’hypocrite dans la commedia dell’arte. Les plus nombreux accordent à Molière la paternité de cette figure, entrée dans le langage populaire. La censure des dévots de la compagnie du Saint-Sacrement, avait obligé le dramaturge à revoir plusieurs fois sa copie. Aujourd’hui, elle se traduit de manière plus insidieuse. Dans un siècle gangrené par le radicalisme religieux, se moquer des hommes de Dieu peut s’avérer dangereux. En 1995, à Avignon où elle avait transposé l’argument dans un pays du Moyen Orient, Ariane Mnouchkine avait même reçu des menaces. Plus prudents, les metteurs en scène d’aujourd’hui abordent la pièce moins frontalement. Quelques exceptions confirment la règle, comme Laurent Vercelletto il y a quelques années au Centre Charlie Chaplin de Vaulx-en-Velin.

On présente généralement Tartuffe sous les traits d’un vieil hypocrite manipulateur, masquant ses tares sous la dévotion d’un crapaud de bénitier. Et si le personnage de Molière avait le visage d’un ange, la silhouette androgyne d’un Johnny Depp, comme Brigitte Jaques-Wajeman l’a présenté en 2009 aux Fêtes nocturnes de Grignan. Au théâtre de la Croix-Rousse, il aura les traits d’Emmanuel Vérité (cela ne s’invente pas) dans Tartuffe ou l’imposteur, la production mise en scène par Benoît Lambert. Le comédien joue un « genre d’Arsène Lupin, charmant et inquiétant, déguisé en dévot pour mieux réussir son coup », apparaissant comme un simple profiteur, séduisant et malin, s’étonnant lui-même de ce qui lui arrive et de l’ampleur que cela prend Aux côtés d’Emmanuel Vérité, Marc Berman, (Orgon), Anne Cuisenier (sa femme), Etienne Grebot (son beau-frère) et Martine Schambacher (Dorine) incarnent les principaux rôles.


Théâtre de la Croix-Rousse, 1er au 12 mars.

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