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Faire-savoir et savoir-fer

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Dans cette inlassable entreprise de séduction – compétition mondiale appariant une épreuve de vitesse, à savoir capter avant les autres les investisseurs et les décideurs économiques, et une course de fond, comprenez les fidéliser à long terme –, Lyon semble une fois encore tirer son épingle du jeu. L'indice « Dynamic Cities » de Savills Investment Management, qui « analyse l'attractivité des villes européennes et leur capacité à anticiper l'avenir », intègre pour la première fois la capitale des Gaules dans son Top 40. Certes il ne s'agit que d'un classement parmi une foisonnante litanie, mais sa légitimité n'en est point atrophiée. Et les édiles locaux, convaincus qu'il n'est plus temps de se payer de mots, saisissent l'opportunité pour porter au pinacle ce résultat, arguant, en parangons mélioristes, qu'il a été obtenu au prix d'exigeants efforts consentis lors des diverses mandatures.

Outre apprendre que Savills IM place Lyon à la 38e position au global d'un index dominé par Londres et Paris, on relève dans le détail une belle 30e place dans la catégorie « Inclusion » (promotion de la diversité, diffusion des savoirs et des connaissances, réduction des disparités territoriales) et une 36e en « Investissement ». Si Lyon apparaît dans le cercle très prisé des villes européennes les plus performantes en termes d'innovation et de production, « facteurs qui encouragent l'augmentation des richesses et stimulent la croissance démographique », et si, pour Savills IM, « Lyon est devenue une destination privilégiée pour les investisseurs », force est d'admettre qu'elle a du mal à soutenir la comparaison avec les métropoles qu'elle entend concurrencer. A l'aune du seul item de l'investissement, le fossé est important : Munich (7e), Manchester (9e), Amsterdam (12e) ou encore Francfort (14e). En revanche, dans ce Top 40, nulle trace de Milan ou de Turin. Le chemin pour les Italiens semble encore plus sinueux…

Ce chemin prendra, peut-être, la forme d'un tunnel. Celui du Lyon-Turin dont le premier tronçon a été achevé tout récemment, le 23 septembre. A cette occasion, l'opérateur du tunnel transfrontalier, TELT, a communiqué les conclusions d'une enquête BVA-DOXA. Cette dernière fait ressortir « un plébiscite ». Les Lyonnais jugent ce projet nécessaire pour « réduire le trafic de camions, lutter contre la pollution des vallées alpines et contre le réchauffement climatique, améliorer la mobilité des citoyens, renforcer l'unité de l'Europe ». La lecture de l'étude nous renseigne sur les impacts bénéfiques qu'aura ce chaînon alpin sur le développement économique et touristique mais aussi sur l'emploi d'Auvergne-Rhône-Alpes. Ce chantier sera également un bel exemple du savoir-faire français en matière d'infrastructures. Les premiers trains ne circuleront pas avant 2030. Mais avec ce premier tronçon, ce colossal chantier voit enfin… le bout du tunnel !

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