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Fabrice Sposito, autodidacte heureux

Fabrice Sposito, autodidacte heureux
Photo DR - Fabrice Sposito, directeur général de Riso France

Economie Publié le ,

Il a la carrure et la gouaille d'un rugbyman. Pourtant, c'est du foot professionnel que vient FabriceSposito, l'actuel directeur général de Riso France. Co-équipier de YouriDjorkaeff au centre de formation de Grenoble, sa ville natale et son club de toujours, il a régulièrement été sélectionné à ses côtés en Équipe de France junior. De cette époque, FabriceRiso a gardé un goût prononcé pour le sport – il court plus de 10 km par semaine et joue un golf – même s'il n'est plus qu'un spectateur averti du ballon rond. "Je n'aime pas ce qu'est devenu le foot : ni comment on parle sur les terrains, ni l'état d'esprit général qui y règne", souligne ce papa attentif d'un garçon de 6 ans.

De cette expérience,Fabrice Sposito tire également ses préceptes de manager. "J'ai toujours été capitaine", indique l'ancien coach, titulaire du brevet d'état d'éducateur sportif, qui fait rapidement le parallèle entre un club sportif et la conduite d'une entreprise. "La présidence, ce sont les investisseurs. Pariant sur les bons éléments, ils attendent – et c'est normal – de bons retours sur investissement. Moi je suis le coach, le lien entre la direction et mes équipes, les joueurs", explique avec humour le leader d'une équipe fidèle et stable, "qui n'a pas bougé depuis 14 ans", indique-t-il avec une certaine fierté. "Et comme un coach, il m'arrive parfois de m'emporter à la mi-temps même si je sais aussi les protéger quand il le faut", avoue-t-il, humblement.

Homme de terrain, l'autodidacte a gravit les différents échelons chez Riso. "Je suis le pur produit de la promotion interne. C'est une valeur forte que je perpétue", ajoute-t-il même s'il intègre de temps en temps des compétences extérieures. "Alors que je pensais être juste nommé directeur commercial, la direction japonaise m'a choisi pour être manager du pays. Ils ont cru en moi alors que mon premier réflexe a été de demander si j'en étais capable. Je n'oublie jamais cette chance quand je dois proposer à un collaborateur d'évoluer".

Sur le tas, Fabrice Sposito apprend la finance, la gestion, le management et le marketing lui étant plus familier. Il découvre aussi l'interculturalité, même si les terrains de foot lui ont appris beaucoup des autres, et en particulier les codes du Japon. "Là-bas, le directeur est presque une divinité. Quand le grand patron passe dans les couloirs, les salariés s'inclinent, c'est vraiment un autre monde, complexe mais passionnant", indique le patron du marché français (premier de la division internationale du groupe de 3 500 personnes) qui couvre aussi le Benelux, le Moyen-Orient et l'Afrique Francophone, "où les relations de travail sont plus facilement compréhensibles".

Même s'il n'a pas percé dans le foot, le marathonien n'a aucun regret. "Pour réussir dans un métier, il faut être vraiment passionné. Et puis je crois qu'au fond de moi, je n'étais pas fait pour cela". Concentré sur ses objectifs, il a permis à la filiale française de passer de 170 collaborateurs en 2002 à 225 personnes (60 M€ de chiffres d'affaires en 2015). Fabrice Sposito ne compte pas s'arrêter là. Depuis Lyon, il n'exclut pas la possibilité d'agrandir son périmètre d'intervention et caresse l'idée d'implanter, un jour, une usine en France. A l'aise au quotidien, il se verrait bien, comme ses collègues japonais, rester chez Riso jusqu'à la fin de sa carrière. "Les diplômés des plus grandes universités japonaises rentrent chez Canon à 25 ans et en sortent à la retraite. Pourquoi pas moi ?", conclut-il, avec beaucoup d'humour.

Fabrice Sposito en 5 mots clés

Date : 1er avril 2002, le jour où mes patrons japonais m'ont nommé Directeur Général. C'était un vrai pari pour eux, comme pour moi

Lieu : Les bois de l'ouest lyonnais, où je cours le week-end

Ambition : Etre heureux sans rien regretter

Citation : "Ce n'est pas parce que c'est difficile qu'on n'ose pas, c'est parce qu'on n'ose pas que tout devient difficile", Sénèque

Personnalité : Nelson Mandela, j'admire que l'on puisse donner une partie de sa vie pour défendre ses idées, c'est exceptionnel

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