AccueilActualitéSociétéExposition - Valadon, Utrillo et Utter, la « Trinité maudite » entre Paris et Saint-Bernard (1909-1939), à Villefranche

Exposition - Valadon, Utrillo et Utter, la « Trinité maudite » entre Paris et Saint-Bernard (1909-1939), à Villefranche

Le Musée Paul Dini poursuit sa politique d’exposition en présentant une sélection d’oeuvres de trois peintres parisiens familialement liés, qui ont vécu et travaillé ensemble dans la région Rhône-Alpes pendant les années de l’entre-deux-guerres. Suzanne Valadon, son fils Utrillo né d’un premier mariage, et son mari André Utter, achètent en 1923 le château de Saint- Bernard, dans l’Ain.

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Le Musée Paul Dini poursuit sa politique d’exposition en présentant une sélection d’oeuvres de trois peintres parisiens familialement liés, qui ont vécu et travaillé ensemble dans la région Rhône-Alpes pendant les années de l’entre-deux-guerres.


Suzanne Valadon, son fils Utrillo né d’un premier mariage, et son mari André Utter, achètent en 1923 le château de Saint- Bernard, dans l’Ain. Ils partagent alors leur temps entre leurs ateliers de Montmartre à Paris et les bords de Saône, accueillant dans leur propriété de nombreux amis et artistes de la région. Les Ziniars, peintres ou sculpteurs, sont leurs hôtes assidus et la mise en commun de leur travail proche des tendances artistiques parisiennes est très bénéfique pour tous. Utrillo, Valadon et Utter entretiennent entre eux des relations passionnelles et conflictuelles malgré l’apaisement qu’ils trouvent à travailler dans leurs grands ateliers du château. Cette « Trinité maudite » aime cependant fréquenter le milieu influent lyonnais tout en restant attentive à ce qui se fait à Lyon. D’ailleurs, les trois peintres participent souvent aux expositions locales comme le Salon du Sudest, ou exposent dans les galeries lyonnaises des Archers et Saint-Pierre.

Parcours chronologique

L’exposition réunit plus de 150 peintures dont 40 sont issues de la collection du Musée de Villefranche, une centaine de documents d’archives, dix oeuvres graphiques et une trentaine de photographies de Blanc-Demilly. Pour compléter les oeuvres de Valadon, Utrillo et Utter, celles des artistes lyonnais comme Combet-Descombes, Morillon, Laplace, Ponchon, Sénard, Tresh… ou des sculpteurs, Marcel Gimond et Salendre. Le parcours est chronologique et les oeuvres sont regroupées par thèmes : les paysages, les natures mortes et fleurs, les nus surtout féminins, les portraits et les représentations du château de Saint-Bernard et de ses environs.

Sensibilité du trio familial

Avant de s’orienter vers la peinture, Suzanne Valadon est le modèle préféré du grand peintre lyonnais Puvis de Chavannes, puis de Renoir et de Toulouse-Lautrec. Douée pour le dessin, elle peint ensuite à l’huile des motifs simplifiés qu’elle cerne d’épais traits noirs : Maternité 1883 – Après le bain - Nu à la draperie rouge 1914 – La femme aux bas blancs, petit clin d’oeil à La femme aux bas rouges 1908 de Picasso – Adam et Eve 1909 – Marie Coca et sa fille Gilberte 1913, ainsi que de nombreux bouquets de fleurs. Utrillo, quant à lui, aime peindre d’une pâte généreuse des paysages urbains, des villages et leurs rues bordées de maisons et d’arbres. Alcoolique et schizophrène, il peint pour chasser ses démons et aussi pour régler ses dettes dans les bistrots alentour avec des toiles rapidement brossées : Eglise Saint-Bernard sous la neige : une magnifique gouache de 1929 – Rue Cortot à Montmartre 1912 – Le Moulin de la Galette à Montmartre 1910-12 – Pérouges 1936, les églises de Montrevel et de Saint-Bernard… Dans la salle des Ziniars, on peut voir parmi plusieurs autres peintures un Portrait d’homme 1928 d’Adrien Bas, une Nature morte aux fruits d’Antonin Ponchon, Les toits roses 1931 d’Emile Didier et un peu plus loin Bouquet de roses 1936 – Vase de fleurs sur un guéridon 1936 – Nature morte au lièvre, faisan et pomme 1930 de Suzanne Valadon. Le chemin de ronde du château de Saint-Bernard 1925 – Paysage en Beaujolais 1927 – Autoportrait 1935 – et Suzanne Valadon se coiffant 1913 d’André Utter montrent une technique puissante et une simplification de la composition des tableaux. La salle centrale de l’exposition présente le majestueux André Utter et ses chiens de Suzanne Valadon, La Femme au chignon 1932, un bronze de Gimond ou le buste d’Edouard Herriot de Georges Salendre… autant d’oeuvres qui traduisent les goûts et la sensibilité du trio familial, de leurs amis lyonnais, et de cette époque fertile de l’entre-deuxguerres.

Brigitte Roussey


Musée Paul Dini, 2, place Faubert à Villefranche (69). Le mercredi 13 h 30 - 18 h, les jeudi et vendredi 10 h - 12 h 30 et 13 h 30-18 h, et les samedi et dimanche de 14 h 30 à 18 h. Jusqu’au 12 février.

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