AccueilSociétéExposition - Le grand peintre Jacques Monory honoré pour la première fois à Lyon

Exposition - Le grand peintre Jacques Monory honoré pour la première fois à Lyon

Jacques Monory a été un membre actif du grand courant artistique de la Figuration Narrative dès 1962.

ActualitéSociété Publié le ,

Peintre reconnu internationalement, il participe à de nombreuses expositions personnelles et collectives en France et à l’étranger. Aussi, plusieurs institutions publiques et privées possèdent ses oeuvres dans leurs collections. Monory travaille en séries en bousculant l’ordre établi pour décrire une réalité très subjective axée sur la violence dans le monde qu’il condamne et sur la mort qui le hante. L’influence de la photographie et du cinéma est très présente dans ses oeuvres, non pas pour les sujets traités mais plutôt pour la manière qu’il a de raconter des histoires dans lesquelles il met en scène des personnages mystérieux dans des décors oubliés. Sa peinture lyrique privilégie les ambiances sourdes où le rêve et le cauchemar cohabitent en donnant une impression de malaise accentuée par une palette aux couleurs froides de bleus, de roses lilas, de noirs et parfois d’ocres et de verts, toujours en rapport avec le sujet traité. La pâte est lisse et la touche s’étire ; il travaille à la peinture à l’huile et plus rarement à l’acrylique. Le bleu est la couleur préférée de l’artiste car elle lui permet de prendre un certain recul vis-à-vis des histoires qu’il raconte.

Une ambiance oppressante qui traduit l’angoisse qu’il ressent face à un monde dominé par la violence

Dès l’entrée dans la première salle de l’IUFM, le visiteur est surpris par la monumentalité des peintures qui évoquent un écran de cinéma sur lequel Monory aurait fait défiler des scènes étranges où l’érotisme joue avec la mort et la sensualité avec la violence. Deux grandes toiles dans des camaïeux de rose lilas de la série « Sade-Révolution- Impossible » attirent notre attention par la violence qui s’en dégage, appuyée par la présence d’armes à feu : « Métacrime N°5 et N°7 ». Un peu plus loin, une grande toile carrée « Folies de femme » met en scène des femmes nues qui s’animent autour d’un singe attablé devant son assiette. La deuxième salle réunit des tableaux aux dominantes de bleus : « Mesure n°5 », une grande toile mystérieuse et angoissante montrant une femme malade assise dans un fauteuil roulant, qui observe son hôpital construit aux abords d’un barrage gigantesque – « Spéciale N°7 » avec l’opposition des cercueils alignés dans sa partie bleue et un charnier en bas à droite peint en lilas, la couleur du deuil. Jacques Monory dévoile, dans ses tableaux, ses fantasmes et ses peurs dans une ambiance oppressante qui traduit l’angoisse qu’il ressent face à un monde dominé par la violence.

Une oeuvre magistrale, poétique et sans concession

L’atmosphère régnant dans la Galerie Pallade paraît plus sereine bien que le drame soit toujours latent. Cette impression est sans doute due à l’accrochage original des peintures de format carré présentées les unes à côté des autres, à l’instar de prises de vues sur une pellicule. Chaque toile est un arrêt sur image d’une inquiétante étrangeté, à la frontière entre la réalité et la fiction. En avançant dans l’exposition, le visiteur est encouragé à déchiffrer les énigmes que chaque tableau peut lui poser : « Les Loups » de la série « Peinture sentimentale » montre une vieille et grosse voiture grise qui occupe tout le premier plan du tableau en se détachant sur un fond bleu composé de têtes de loups aux regards perçants – « Peinture sentimentale n°40 » ou la dualité d’un félin et d’un corps nu féminin sensuel - « Abréviation du vide n°4 »… Presque familières, ces scènes n’ont cependant ni commencement ni fin. Elles racontent simplement les émotions d’un artiste sentimental qui rejette la violence de notre monde. Une oeuvre magistrale, poétique et sans concession, surréaliste parfois bien que s’appuyant toujours sur une certaine réalité, inquiétante aussi par les non-dit et menaçante surtout par l’ombre de la mort omniprésente.

Brigitte Roussey


Galerie IUFM Confluence(s), 5, rue Anselme à Lyon 4e. Du lundi au vendredi de 9 h à 18 h, de 14 h 30 à 18 h le samedi. Jusqu’au 23 mars.

Galerie Anne-Marie et Roland Pallade, 35, rue Burdeau à Lyon 1er. Du mercredi au samedi de 15 h à 19 h. Jusqu’au 24 mars.

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