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Exposition - Icône de mode

Pendant près de six cent cinquante ans, les statues de la Vierge ont possédé une véritable garde-robe, composée de costumes majestueux, scintillants de pierreries et de perles, offertes par les souverains ou les simples fidèles.

ActualitéSociété Publié le ,

La tradition encore très vivante dans nombre de pays d’Amérique latine, voire en Espagne, demeure cependant plus confidentielle en France. D’où l’intérêt de l’exposition proposée par le Musée des Tissus de Lyon qui, sous le titre « Icône de mode », invite à découvrir cet univers singulier.
C’est ainsi que, récemment, des grands noms de la Haute Couture ont conçu de nouveaux vêtements pour la statue de la Vierge noire de Toulouse. Ainsi, étoffes brodées d’or anciennes et motif camouflage contemporain se répondent-ils dans une conception sélective du costume et du corps puisque seule la face visible est parée. Au coeur de la basilique Notre-Dame de la Daurade de Toulouse, une vierge noire, réputée miraculeuse, domine l’autel où l’on célèbre son culte. La statue originale, brûlée à la Révolution, a été remplacée au début du XIXe siècle par une sombre madone, sculptée à l’identique, dont la tête, le bras droit et l’enfant surgissent au milieu de tissus somptueux. Car cette vierge noire est habillée et possède une véritable garderobe, changée au gré des fêtes et de la liturgie. La statue est ainsi revêtue d’une robe, d’un voile, et une robe supplémentaire, en miniature, habille l’enfant Jésus. Ce ne sont pas moins de vingt-deux robes, chacune accompagnée de son voile et de la robe du Christ, qui sont présentées dans l’exposition.

Création contemporaine

En 2009, des créateurs de Haute Couture ont renouvelé cet extraordinaire vestiaire et réalisé de nouvelles tenues pour la statue. La Battle Dress de Jean-Charles de Castelbajac , au motif de camouflage, évoque une vierge forte et protectrice, foulant au pied le serpent du mal, protégeant les peuples meurtris par les conflits. Quant à la robe de fête de Franck Sorbier, elle rappelle les tenues des souveraines du XVIIIe siècle. La robe de Carême de Jean-Michel Broc, en tissu broché de viscose, qui utilise cette fibre artificielle issue du bois, produit de terre-mère, évoque la maternité de la Vierge.
L’exposition présente, en plus du vestiaire de la vierge noire de la Daurade, d’autres habits issus de ces garde-robes aujourd’hui méconnues. Fragiles et convoités pour la richesse de leurs matériaux constitutifs, décriés par les détracteurs d’une expression de foi jugée trop populaire, ces vestiaires ont souvent été détruits ou ont disparu. La présentation de ces robes de statues de Vierge s’avère donc exceptionnelle et permet d’évoquer cette histoire séculaire, grâce au travail de Maximilien Durand, directeur du Musée des Tissus de Lyon, commissaire de l’exposition.


Pratique

L’exposition est présentée jusqu’au 25 mars prochain au Musée des Tissus de Lyon, 34, rue de la Charité à Lyon 2e. De nombreuses animations sont prévues autour de l’exposition, visites guidées pour les individuels tous les dimanches de 15 h à 16 h, visites en famille, visites insolites, ainsi que des activités pour les enfants pendant les périodes de vacances scolaires. Un catalogue de 224 pages (éditions Livres-EMCC) complète l’exposition.

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