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Exposition / Guernica, à Paris, Musée Picasso

L'exposition remarquable du Musée Picasso est dédiée à l'œuvre magistrale de Picasso : Guernica, une peinture monumentale réalisée en 1937 et conservée depuis 1992 au Musée de la Reine Sofia à Madrid. Une reproduction à l'échelle permet au public de découvrir ce tableau exceptionnel intransportable, l'un des plus connu au monde.
Exposition / Guernica, à Paris, Musée Picasso

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Picasso a réalisé cette immense peinture (3,50 X 7,80m) anti-franquiste et anti-fasciste en réponse aux bombardements épouvantables de l'aviation allemande et italienne sur la ville basque de Guernica, entièrement détruite le 26 avril 1937. Elle témoigne du cri du cœur d'un espagnol déraciné qui assiste impuissant au drame du premier crime contre l'humanité.

Picasso n'a pas souhaité donner une quelconque interprétation de son œuvre : « Je peins les choses pour ce qu'elles sont », aussi toutes les analyses de la toile sont intéressantes.

Il a réalisé plus d'une centaine d'études préparatoires avant la peinture finale qui a été exposée dans le Pavillon de la République espagnole à l'Exposition Internationale de Paris en 1937, accompagnée du poème d'Eluard « Guernica ».

L'exposition en deux parties rappelle tout d'abord le contexte de création du chef-d'œuvre en insistant sur le choc de la destruction de Guernica et de tous ses morts. Elle montre aussi l'importance de cette icône pacifiste. Puis elle raconte l'histoire de sa protection pendant la guerre et de son exposition au MOMA de New-York jusqu'à sa restitution à l'Espagne en 1981, voulue par l'artiste.

« Guernica » est peinte en noir et blanc, évoquant les photos de guerre dans la presse écrite. La violence qui se dégage de l'oeuvre est accentuée par de forts contrastes de lumière : des corps démembrés, des visages tordus par la peur et la souffrance, l'esthétique cubiste convenant à cette vision d'horreur. De format horizontal, sa composition pyramidale délimite sept groupes de figures dont le centre est occupé par un cheval blessé qui agonise. A gauche, une mère hurle avec son enfant mort dans les bras devant un taureau impassible tandis qu'à droite une femme accourant affolée referme la composition. Le lieu où se déroule la scène n'est pas indiqué car elle peut être partout comme nulle part ! On relève de nombreux symboles dont le cheval blessé ou la liberté perdue, le taureau, la cruauté et la force brutale, la lampe pour la femme en flamme, le soldat décapité qui tient une épée brisée et la fleur au centre de la composition, une petite note d'espoir. Nous notons aussi quelques références à Poussin : Le Massacre des Innocents et à Michel –Ange et sa Pieta pour la mère et l'enfant mort.

Etude pour Guernica : Tête de cheval - 2 mai 1937

La « Tête de cheval », l'une des études les plus connues, ouvre le parcours. Au fil des salles les visiteurs suivent le processus de création de Picasso ainsi que les étapes de l'avancement de l'œuvre photographiées par sa compagne Dora Maar. A l'étage nous pouvons voir de nombreuses Femmes qui pleurent, des huiles sur toile et des dessins ainsi que des documents relatant l'histoire de la restitution de la peinture à l'Espagne (1950-1981). La visite s'achève sur une note d'optimisme car Guernica est devenue avec les années, un symbole de paix et de lutte contre les barbaries.

Femme qui pleure

Une grande exposition remarquablement illustrée. Jusqu'au 29 juillet 2018

Brigitte Roussey

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