AccueilSociétéExposition - « Greatest Hits » de Robert Combas, au MAC de Lyon

Exposition - « Greatest Hits » de Robert Combas, au MAC de Lyon

Le parcours de l’exposition se déroule sur trois niveaux dans une ambiance musicale choisie par l’artiste.

ActualitéSociété Publié le ,

Au deuxième étage, le musée a mis à sa disposition pendant deux mois un atelier-studio dans lequel il peint, écrit, joue, écoute ou compose de la musique. Il y rencontre les professionnels et les visiteurs sur rendez-vous, ces derniers pouvant aussi le voir travailler derrière une grande baie vitrée.
Le nom de Robert Combas évoque les années 80 au cours desquelles il fut une figure importante du mouvement artistique de la « Figuration libre » formé en 1981. Restée volontairement à l’écart des modes, cette figuration « à la verve populaire » privilégie la spontanéité en rejetant les acquis de l’histoire de l’art. Le succès de cette peinture a fait très, ou trop vite, de Combas une « star », peut-être au détriment de son oeuvre éclectique.
L’exposition montre l’ensemble du travail de l’artiste avec tout ce qu’il véhicule, les liens qu’il forme entre son art et la musique, et aussi sa sensibilité à une culture à la fois populaire, savante et complexe. Dès l’entrée dans le musée, une grande sculpture polychrome représentant un personnage tendant un disque donne l’orientation de l’exposition : Combas et la musique. La visite commence chronologiquement avec ses premières oeuvres, celles qu’il a réalisées pendant les années 77 à 80 : « Mickey » 1978-79 ; « La Bataille navale » 1978 ; « Les GI’S américains contre les soldats japonais » 1978-79 ; « Autoportrait » 1981 ; « Ambiance de l’Est » 1981 ; « La femme aux piments » 1979-80…

Il s’approprie des images appartenant à d’autres artistes pour les modifier totalement

Puis elles sont regroupées par thèmes : le couple (« Geneviève et Robert » ; « Un homme et une femme mais pas de celui qui louche » 1988) ; la religion (« Le Christ sur la croix » ; « Le Calvaire façon Combas ») ; les batailles (« La guerre de Troie » 1988 ; « Waterl’eau » 1982) ; les femmes (« La femme chat » 2010 ; « Premier portrait de Geneviève ma nouvelle fiancée » 1987) ; le sexe ; le sud et sa ville de Sète (« Le tuage du lapin » 2000 ; « Le marin débarqué ») ; le mysticisme (« La Reine à l’envers » 1991 ; « Isis la mémère déesse » 1994) ; la musique et enfin la mort, traités avec des icônes modernes et populaires.
A la fin des années 80 et les suivantes, on note une évolution dans le style de Combas qui revient à quelque chose de « plus peinture », à des oeuvres plus cloisonnées (« La Bêbête à Roujeole » 1984), plus décoratives, évoquant le vitrail (« Le Dormeur Duval » 1993) et l’enluminure.
Dès les années 90, il travaille sur les « satellites », une pratique qui consiste à s’approprier des images appartenant à d’autres artistes pour les modifier totalement en leur apportant souvent une troisième dimension par des rajouts d’objets réels (« Le Mathieu rigide et froid » 2008).
Il réinterprète aussi des textes en images, reprend des sujets connus (« La bataille de San Romano » 1993 ; « Hommage au Douanier Roussi » 1995), écrit des légendes qui racontent le tableau, ou l’inverse. On reconnaît une oeuvre de Combas à sa palette haute en couleurs vives et chatoyantes et aux motifs simplifiés cernés d’un trait noir ne laissant aucune place au vide : ils s’enchevêtrent en volutes et arabesques qui occupent toute la surface de la toile souvent de très grand format. Les personnages sont animés de mouvements frénétiques qui évoquent les rythmes musicaux endiablés et parfois cacophoniques du rock n’roll. Les têtes caricaturées ont des bouches énormes et des yeux exorbités ; les corps à la chair rose dévoilent des muscles tendus.

Des cimaises tapissées de pochettes de disques vinyles 33 tours

A toutes ces oeuvres peintes et dessinées, il faut ajouter une oeuvre sculptée polychrome importante, du mobilier en bois ou métal (chaises), des céramiques, des lampes décorées et des sculptures : « Nez en l’air féminin » 1987 ; « Pot de jambes en bouquet de pieds et de mollets » 2004 ; « Avé César Avé Jules » 1996 ; « Le cavalier à la Concorde » 2001…
Une grande salle au troisième étage réunit de nombreuses toiles présentées sur des cimaises tapissées de pochettes de disques vinyles 33 tours : « Anja aux tresses de main » 1986 ; « Hard rock » 1985 ; « Femme guitare » 1986 ; « L’orchestre symphonique » 1995…
La face la plus méconnue de l’oeuvre de Robert Combas est celle consacrée à la musique qu’il compose avec son complice et ami Lucas Mancione et qu’il joue avec ses musiciens : une musique simple, mélancolique car chargée de souvenirs, parfois pessimiste malgré ses emprunts au répertoire populaire. Une mise en scène de salle de spectacle plonge le spectateur dans une ambiance musicale de concert rock (« Rock n’roll noir et musique de genre du théâtre doré » 2003). Elle rappelle aux visiteurs la place tenue par la musique dans l’oeuvre de Robert Combas qui dit lui-même que « sa peinture est du rock » ! Une grande exposition remarquablement documentée d’un artiste au travail peut-être un peu trop répétitif, reconnu internationalement, dont l’oeuvre picturale et musicale reste indissociable.

Brigitte Roussey


MAC de Lyon, 81, quai Charles-de-Gaulle à Lyon 6e.
Du mercredi au vendredi de 12 h à 19 h, 10 h-19 h les samedi et dimanche.
Jusqu’au 15 juillet.

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