AccueilCultureExpositionExposition à Lyon : Manifesta invite la galerie Claire Gastaud

Exposition à Lyon : Manifesta invite la galerie Claire Gastaud

Pour cette invitation à une galerie régionale, Manifesta s’offre à Lyon un peu de légèreté comme un pied de nez à la morosité ambiante.
Exposition à Lyon : Manifesta invite la galerie Claire Gastaud
© Guillaume Grasset - I have a dream de Tania Mouraud

CultureExposition Publié le ,

Titrée joyeusement Contente d’être aujourd’hui, cette exposition d'envergure réunit une dizaine d’artistes, très différents, défendus par la galerie clermontoise et parisienne Claire Gastaud.

Manifesta, pour ceux et celles qui ne connaissent pas, est un lieu ouvert en 2019, peu de temps avant la crise sanitaire, à mi-chemin entre la galerie et le show-room pour les entreprises.

Fondé par Céline Melon, il a tout de l’appartement cossu et dispose d’espaces de taille et d’ambiances diverses, de l’entrée où figure un wall-drawing (comprendre une œuvre peinte sur un mur) de Marie-Claire Mitout, artiste franchement étonnante, à découvrir d’urgence, à des salles à l’étage où peuvent prendre place les grands formats de Nils-Udo.

Manifesta, une passerelle entre l’art et les entrepreneurs

Lieu pensé pour être une passerelle entre l’art et les entrepreneurs, il offre une vision décalée de l’art contemporain en le sortant du white cube. Céline Melon avait jusqu’à aujourd’hui invité des galeries parisiennes et la galerie Henri Chartier, bien connue à Lyon.

En 2022, elle s’ouvre à la région, en conviant Claire Gastaud à présenter ses artistes-phares. Des artistes à la fois très connus tels Nils-Udo ou Georges Rousse et de jeunes artistes régionaux telle Milène Sanchez, tout fraîchement diplômée de l’École supérieure d’art et de design de Saint-Étienne et lauréate du prix Horizon de Desjoyaux (une entreprise stéphanoise).

Faire dialoguer les oeuvres

Présenté par Céline Melon comme une « alternative à une foire », les espaces qu’offre Manifesta permettent de cheminer d’un univers à un autre, mais aussi de faire dialoguer les œuvres. C’est le cas à l’étage où se côtoient et s’entrechoquent Georges Rousse et ses photographies très grand format et les tableaux hyperréalistes de Léo Dorfner.

Mais on restera littéralement scotchée à l’œuvre de Marie-Claire Mitout, qui déploie ses petites phrases sur les murs mais peint aussi de petits tableaux, malicieusement intitulés Les plus belles heures, et absolument délicieux. Peints à la gouache sur papier, ils constituent la série intitulée Le meilleur du jour, croquant des scènes de la vie quotidienne de l’artiste lyonnaise.

Entamée en 1990, la série comporte plus de 1 100 tableaux, que l’artiste n’avait pas voulu vendre jusque là et dont une trentaine sont exposés ici. L’un d’eux immortalise d’ailleurs une scène dans le jardin du Palais Saint-Pierre.

Saynètes de la vie de tous les jours mais aussi hommages à la peinture classique ou à des artistes modernes comme Niki de Saint-Phalle, ces petits formats à la composition assez incroyable sont autant de reflets de la vision de Marie-Claire Mitout, forment une œuvre à la fois conceptuelle et philosophique qui s’inscrit comme un leitmotiv puisqu’elle poursuit la série…

© Guillaume Grasset / Vue de la série de Marie-Claire Mitout, Les plus belles heures

On pourra se repaitre avec plaisir du travail de Tania Mouraud, figure artistique de la scène française jusqu’ici assez peu montrée à Lyon, mais mise à l’honneur ces temps -ci puisque la galerie la BF15 lui offre également son espace dès cette semaine et que la galerie Ceysson et Bénétière, qui a ouvert un espace à Lyon l’année dernière rue Longue, la défend également et l’expose bientôt. Célèbre pour son travail sur l’écriture et la typographie, mais aussi pour avoir investi l’espace public avant l’heure (elle a brûlé toutes ses toiles en public en 1968, au retour d’une Documenta), elle présente quatre œuvres, dont un grand format, Même pas peur, qui claque sur le mur peint en bleu (presque) Klein tel un rayon lumineux.

A l’instar des toiles de la jeune artiste Milène Sanchez qui semblent comme éclairées de l’intérieur. Pour mettre l’accent sur des détails, ceux qu’on ne peut discerner au premier abord et qui deviennent visibles grâce aux gros plans que permet la technique picturale. Sans oublier les images fantomatiques de Nicène Kossentini qui interrogent la mémoire et l’oubli ou les étranges céramiques de Delphine Gigoux-Martin et son étonnant travail sur la matière.

A signaler, Céline Melon a veillé à une parité exemplaire, et c’est encore suffisamment rare pour être souligné.

Jusqu’au 31 mars, manifesta-lyon.fr
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