AccueilSociétéExposition - 11e Biennale de Lyon : « Une terrible beauté est née »

Exposition - 11e Biennale de Lyon : « Une terrible beauté est née »

La Sucrière est un ancien entrepôt portuaire des Docks du Port Rambaud resté actif jusqu’en 1960.

ActualitéSociété Publié le ,

Plus de 7 000 m2 ont été réaménagés en 2003 pour en faire un espace d’exposition important. Dès l’entrée dans le bâtiment, on est frappé par l’ambiance presque paisible qui règne dans les salles, ce qui n’avait pas été le cas dans les Biennales précédentes ! Après avoir traversé les draperies de Ukka Von Brandeburg et jeté un coup d’oeil vers l’homme nu qui marche avec ses sangles, on passe devant un gros rat enfermé dans une cage, une sculpture de Michel Huisman, et, un peu plus loin, un animal aux grandes oreilles d’Erika Verzutti, issu de sa série « Pet Cemetery ». On monte quelques marches pour approcher la grande installation aquatique d’Eduardo Basualdo : « Le silence des sirènes » 2011, qui symbolise la Terre submergée par les eaux après avoir été heurtée par la Lune. A l’étage,
une série de dessins « expressionnistes » d’Elly Strik de 2001- 2010 – un très grand dessin à la mine de plomb du Hollandais Robbie Cornelissen, époustouflant de minutie pour décrire un univers urbain fantasmé – une série de sculptures d’Erika Verzutti et une salle entière dédiée aux oeuvres d’Artur Bispodo Rosario. Enfin, « Série d’objets » 1937-1997, de Stano Filko, est un énorme élément sphérique qui se gonfle et se dégonfle en occupant tout le centre de la salle. On quitte la Sucrière agréablement surpris de n’avoir pas subi l’agressivité habituelle des oeuvres sélectionnées, ni le pessimisme bien vu dans ces manifestations !

Des artistes brésiliens à l’Usine

L’ancienne fabrique de soie artificielle, l’Usine, de Vaulx-en-Velin, accueille la Biennale pour la première fois. Elle expose des oeuvres d’artistes brésiliens comme Jarbas Lopes (« Work in progress » 2011) ou Augusto de Campos (« Axenord » 1957), les peintures de Michel Huisman (« No.84 : le Poisson »)…
A la Fondation Bullukian, une oeuvre importante de Richard Buckminster Fuller est installée dans le jardin et, à l’intérieur, une installation mise en scène sur une table et une sélection d’oeuvres graphiques accrochées aux cimaises.
Le MAC de Lyon expose sur trois niveaux de nombreuses oeuvres graphiques, mais aussi quelques sculptures, des installations et des vidéos. Le parcours débute avec les affi ches et coupures de journaux de Fernando Bryce ; une série de portraits, dessins et techniques mixtes sur papier de Virginia Chihoto ; puis, une installation étonnante de Michel Huisman composée de 75 oiseaux et remontoirs disposés dans 75 boites identiques : « Surrending Birds ». A l’arrivée
de l’escalier, au deuxième niveau, une installation cauchemardesque de Diego Bianki : « The Ultimate Realities » 2011, des portraits dessinés de Hannah Van Bart, et, au troisième étage, un bel ensemble d’aquarelles et encre sur papier de Yun-Fei (« Dinner at the Tobacco Minister’s »). Quelque 3 000 km de fils noirs enchevêtrés de Cildo Meireles occupent tout le sol de l’étage et en structure l’espace. On note les dessins d’Elly Strick, de Christian Lhopital et d’Arturo Herrera, ainsi que les photographies de Blaise Adilon accrochées dans l’escalier (quelques beaux portraits). Le parcours se termine au rezde- chaussée avec la présentation des vidéos du Tchèque Zbynek Baladràn et de l’Américaine Sarah Pierce.

Des Biennales trop hermétiques ?

On ne doit pas limiter l’art contemporain à ce que l’on peut voir dans les Biennales car, heureusement, d’autres manifestations, certes moins médiatisées, se consacrent elles aussi à promouvoir l’art d’aujourd’hui,
mais souvent avec peu de subventions alors que les Biennales coûtent très cher à la ville, à la région et aux contribuables !
Trop médiatiques, ces Biennales n’attirent plus le grand public car il s’est lassé de voir des oeuvres qui se renouvellent peu et qui deviennent même parfois ennuyeuses en restant trop souvent hermétiques pour le plus grand nombre.
La « Terrible beauté » de la Biennale de Lyon, bien qu’elle soit plus accessible après avoir supprimé l’overdose des vidéos dont on avait souffert dans la manifestation précédente et privilégié le dessin et le travail graphique, manque encore cette année son rendez-vous avec la gaîté, la beauté, la poésie et le rêve !

Brigitte Roussey


• La Sucrière, 47-49, quai Rambaud à Lyon 2e.
• Musée d’art contemporain de Lyon, cité internationale,
81, quai Charles-de-Gaulle à Lyon 6e.
• Fondation Bullukian, 26, place Bellecour à Lyon 2e.
• L’Usine T.A.S.E, 14, rue du Textile à Vaulx-en-Velin.
Du mardi au vendredi de 11 h à 18 h, 19 h les samedi et
dimanche. Jusqu’au 31 décembre.

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