AccueilActualitéESMOD : Alain Boix, une vie cousue de rencontres

ESMOD : Alain Boix, une vie cousue de rencontres

ESMOD : Alain Boix, une vie cousue de rencontres

Actualité Publié le ,

En juillet 2009, lorsqu’il visite les bâtiments désaffectés de l’ancien Musée des télécommunications, alors squattés et tagués, Alain Boix a le coup de foudre. « J’ai tout de suite imaginé l’ESMOD dans ces locaux, à proximité du Village des Créateurs. » Mais il lui faudra déployer une patience et une combativité incommensurables pour gagner son pari et installer son école dans ce quartier historique de la mode et de la création. Enfin, la première pierre est posée le 25 novembre 2014 et un an de travaux sera nécessaire pour donner une nouvelle vie pleine de couleurs au site.

Des éléments de l’histoire et du lieu ont été préservés : le grand escalier en pierre a gardé ses murs couverts de graffitis, une partie de la charpente métallique s’est transformée en banque d’accueil, des tuyaux apparents et des murs en béton bruts sont restés en place et les terrasses offrent une vue imprenable sur la ville des soyeux. Au total, une surface de 1 700 m2 pour un budget total de 4,2 M€, entièrement financés par l’ESMOD. Pour parvenir à ses fins et concrétiser ce projet original, Alain Boix a déployé ses talents de créateur et de futur maître des lieux. « Le concept était de pouvoir mélanger le fashion design et la création et de conserver l’authenticité des lieux. Ce ne fut pas toujours facile de convaincre les professionnels du bâtiment ! Mais désormais, nous sommes chez nous. »

Diplômé en 1985 de l’ESMOD Nice, le directeur connaît bien son école. Après sa formation de trois ans en stylisme modélisme, il s’exerce au métier en free lance à Paris puis s’envole pour Tokyo où il restera sept ans. Au Japon, il donne des cours de stylisme à l’ESMOD locale tout en étant illustrateur de magazines. Puis il crée sa marque de prêt-à-porter féminin de luxe. Il réalise alors, chaque année, quatre collections et soixante défilés pour des clientes japonaises exclusives. « L’objectif était d’avoir énormément de références pour que ces femmes de grand standing ne portent pas le même vêtement », raconte Alain Boix, dont la marque éponyme employait vingt personnes. Mais la crise économique n’épargne pas les produits de luxe et le créateur décide d’arrêter et de rentrer en France. Avec une grande nostalgie : « Le Japon est mon deuxième pays », avoue-t-il.
De retour à Paris, il multiplie les rencontres avec les grands créateurs de mode et, de fil en aiguille, il est engagé par la société de haute-couture Mahlia Kent pour produire les tissages. Une belle aventure qu’il interrompt après la disparition de la créatrice. Un break dans sa carrière s’impose et il retourne dans sa région natale de Montpellier, qui lui donne de l’inspiration pour une nouvelle vocation artistique. Là, il peint, expose ses toiles et réalise quelques illustrations. Puis il se lance dans une aventure encore inédite en devenant directeur artistique de la collection d’uniformes de la police belge. « Une expérience extraordinaire ! »

Si rien n’arrête Alain Boix, rien ne semble le retenir davantage. Lorsque le vent tourne et que la passion ne le guide plus, il s’en va et prend du recul. Le Sud de la France reste son point d’attache géographique et l’ESMOD, sa référence professionnelle. Aussi, lorsque Satoru Nino, le président du groupe ESMOD International qu’il a connu au Japon, lui propose de reprendre la direction de l’école lyonnaise, il n’hésite pas. « C’était une nouvelle histoire de rencontres, comme toutes celles qui ont jalonné mon parcours. Alors, j’ai accepté ce challenge. »

En 2003, il reprend la succession d’Isabelle Gleize qui s’en va diriger le Village des Créateurs, un tremplin pour de nombreux étudiants de l’ESMOD. Alain Boix vient chaque jour à l’école avec le même entrain, toujours prêt à lancer des projets pour stimuler ses 160 élèves. « Je suis à fond ! J’aime apporter de la nouveauté, de la fraîcheur, de l’insolite pour que ce bel écrin dans lequel nous vivons aujourd’hui respire la création et la joie de vivre. »


L’ESMOD : un réseau international

L’ESMOD a été créée en 1841 à Paris. Elle est la plus ancienne école de mode au monde. Aujourd’hui, elle dispense près de 40 programmes autour de deux grands axes de formation : fashion design et création, et fashion business. Elle est implantée dans quatorze pays et accueille plus de 3 700 étudiants qui obtiennent un diplôme en trois ans, débouchant sur l’ensemble des métiers du secteur de la mode, du textile et de l’habillement. Elle développe de nombreux partenariats avec des universités françaises et étrangères.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?