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Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

Entreprises et sport un mariage d'amour… et de business

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Entreprises et sport un mariage d'amour… et de business

Depuis plusieurs années maintenant, des investisseurs de tous pays s'intéressent à l'acquisition de clubs de sport professionnels, en France comme à l'étranger, plongeant ces disciplines et l'économie du sport dans une course à la croissance qui rappelle en tout point les fondements de l'économie traditionnelle. Cette évolution majeure s'accompagne d'une montée en puissance des partenariats signés avec les entreprises, des plus petites aux plus grandes. La passion pour le sport et l'envie d'accompagner un projet collectif sur un territoire bien défini expliquent en partie cet engouement, mais la quête d'une meilleure visibilité et d'un coup de pouce supplémentaire pour conquérir de nouveaux marchés sont également les moteurs de ce choix. Longtemps en avance sur les autres sports dans ce domaine, le football n'a plus aujourd'hui l'apanage de cette financiarisation et de cette attractivité qui fascine les entreprises. Et bien que les enveloppes soient moindres, la tendance n'en reste pas moins identique, qu'il s'agisse de rugby, de basket… Longtemps pénalisé par un manque de visibilité, le sport féminin entre également à son tour depuis quelques années dans le mouvement. A l'heure où Lyon se prépare à accueillir devant les caméras du monde entier les demi-finales et la finale de la Coupe du Monde de football féminin l'été prochain, certaines entreprises n'hésitent d'ailleurs pas aujourd'hui à parier quasi exclusivement sur ces formations.

Pierre Caillet : « Nous estimons le capital joueur des clubs de football »

Fondateur de la société lyonnaise Ginkyo, spécialisée dans l'évaluation des actifs immatériels des entreprises, Pierre Caillet se penche depuis quelques années sur le monde du football, en concentrant ses études sur le capital joueur. Il a créé une seconde société à cet effet : Ginkyo Ratings.

Quel est le rapport entre l'activité de Ginkyo et celle de Ginkyo Ratings ?

Ginkyo est une société que j'ai créée en 2009. Elle est spécialisée dans l'évaluation financière avec une spécialité dans l'évaluation des actifs immatériels des entreprises, car nous sommes entrés dans une nouvelle économie marquée par le numérique, la robotique, la dématérialisation des activités physiques, la croissance des activités de services… Dans cette nouvelle économie, si une entreprise investit dans son capital humain, dans la formation, ou dans le recrutement, pour gagner en compétitivité, cela a pour conséquence une détérioration de ses résultats, puisque le système comptable intègre le capital humain comme une charge dans les états financiers. Très logiquement nous avons donc pensé à dupliquer ce modèle dans le football.

Pourquoi ?

il y a un paradoxe de la comptabilité qui est le suivant : on comptabilise la richesse acquise par l'entreprise d'une certaine manière et la richesse créée par l'entreprise d'une autre manière. Dans le football, quand un club achète un joueur sur le marché à l'occasion du Mercato, le montant du transfert, qui correspond à la valeur du contrat joueur, est activé dans le bilan comme un actif et immobilisé sur la durée du contrat. Si ce même club investit dans la formation et produit ses propres joueurs, comme il n'y a aucune transaction financière entre le centre de formation et l'effectif professionnel, ces joueurs n'apparaissent nulle part dans les états financiers du club. Ce qui signifie que les clubs formateurs ne voient apparaître dans leur état financier que les charges représentées par la formation, mais jamais les actifs immobilisés correspondant à la valeur des joueurs formés en interne. De ce fait, les états financiers des clubs formateurs ne sont pas du tout représentatifs de la réalité. Cela pose un problème de communication financière au club, car l'actif du club est minoré et c'est un frein à l'investissement. De la même manière au moment de faire entrer un nouvel actionnaire, on n'a pas les éléments financiers qui permettent de valoriser le club tel qu'il est réellement.

En quoi le travail réalisé par Ginkyo Ratings permet-il de répondre à ce paradoxe ?

Nous avons développé un standard pour l'évaluation et la comptabilité du capital joueur des clubs de football, avec le soutien de la Direction Générale des Entreprises, donc du ministère des Finances, et de l'observatoire de l'immatériel. Dans la continuité de ces travaux, nous avons créé la première agence de notation extra financière des clubs de football, qui a été accréditée fin 2018 par le pôle finance et innovation.

Qui vous sollicite ?

Ce sont les clubs qui nous sollicitent pour procéder à l'évaluation et à la valorisation financière de leur capital joueurs. L'Olympique Lyonnais est le premier club à nous avoir fait travailler il y a quelques années. C'est d'ailleurs avec eux que nous avons mis au point notre modèle, en travaillant en étroite collaboration avec leur centre de formation et avec leur cellule de recrutement pour élaborer un référentiel d'évaluation des jeunes joueurs. Le référentiel en question prend en considération les compétences techniques, physiques, tactiques, mentales, relationnelles… de ces joueurs. On peut ainsi évaluer tous les joueurs en fonction de critères spécifiques à chaque poste, ce qui nous permet d'évaluer la juste valeur financière du capital joueur d'un club. On l'active ensuite dans les états financiers du club pour produire un bilan patrimonial à la juste valeur. Cela donne une idée plus juste de la valeur globale d'un club quand un investisseur veut se positionner, car le capital joueur est le principal actif d'un club. Enfin, si l'on excepte l'OL qui est propriétaire de son stade. Pour un dirigeant d'entreprise qui veut investir dans un club, il est essentiel d'avoir une approche extrêmement fine de la valeur du capital joueur.

Est-ce que d'autres clubs vous ont sollicité ?

Nous démarrons notre activité commerciale, même si nous travaillons sur ces programmes depuis 2015, car jusque-là nous n'avons fait quasiment que de la R&D. Nous sommes aujourd'hui en discussion avec d'autres clubs formateurs à commencer par Saint-Etienne, mais aussi Nice, Montpellier…

Federaly choisit le sport pour accompagner son développement sur tous les territoires

Organisé autour d'une activité principale de contractant général, Federaly Groupe s'est imposé sur le marché des projets immobiliers, résidentiels et tertiaires sur quatre territoires rhônalpins. Avec, à chaque fois, la mise en place d'un partenariat pour accompagner un club sportif dans son développement.

Né il y a cinq ans de la réunion d'entreprises parfois centenaires, Federaly Groupe décline son activité de contractant général du Rhône à la Drôme, en passant par l'Isère et, depuis peu, la Haute-Savoie. Un développement qui repose en premier lieu sur le savoir-faire professionnel de ce petit groupe (70 personnes et 22 M€ de chiffre d'affaires additionné), mais que son président Ruben Jolly adosse également, depuis quelques années, sur des partenariats sportifs. « Nous avons pris l'habitude de conforter ainsi notre implantation sur chaque territoire », confirme-t-il.

A Valence et à Roussillon, Federaly Groupe a joué la carte du rugby, en se positionnant depuis cinq ans aux côtés du Valence Romans Rugby et du CS Vienne Rugby. Dans la région lyonnaise, en revanche, c'est en se tournant vers le basket et Lyon ASVEL féminin que Ruben Jolly a initié la même démarche il y a quatre ans. « Deux sports qu'on peut penser très différents, mais qui sont au final très proches dans l'état d'esprit qu'ils véhiculent, analyse-t-il. Le foot, pour lequel nous avons été pas mal sollicités, est sans doute très bien pour développer le réseau, mais nous recherchons avant tout la convivialité. Et nous l'avons trouvée avec ces clubs et dans ces sports, même s'ils apportent une moins grande visibilité. »

Des choix validés par les collaborateurs de l'entreprise, qui sont très nombreux à suivre « leurs » clubs, non seulement au bord du terrain mais aussi sur les réseaux sociaux. « Au quotidien, nous évoluons dans un univers très masculin et en décidant de nous engager derrière une équipe féminine, c'était aussi une façon de prendre le contrepied et de tordre le cou à des idées reçues », ajoute Ruben Jolly. Avant d'avouer : « A titre personnel, je reconnais que je préfère aujourd'hui aller au basket féminin. »

Sur le plan financier, Federaly Groupe signe chaque année un chèque de 50 000 € au profit de chacun des trois clubs. « Ce n'est pas un biais pour renforcer notre notoriété et ainsi aller chercher du business, insiste-t-il. C'est plutôt une démarche d'entreprise citoyenne, qui veut jouer à fond la carte du territoire sur lequel elle se développe. »

Une stratégie que Ruben Jolly entend dupliquer très bientôt dans la région d'Annecy, où Federaly Groupe vient d'ouvrir un établissement. « Nous allons certainement prendre un quatrième club en partenariat pour nous insérer plus fortement dans la vie quotidienne du territoire. Nous n'avons pas encore ciblé lequel. Ce sera peut-être dans le hockey, peut-être encore dans le basket… On ne sait pas. Il faut simplement que ce soit un endroit où nos collaborateurs passent un bon moment. »

ldlc Asvel : « What's my name ? »

Tandis qu'il prépare son entrée dans l'élite du basket européen la saison prochaine (championnat d'Euroligue), le club de Tony Parker se fait aussi un nom auprès des entreprises de plus en plus attirées par le parquet villeurbannais. Performances sportive et financière, constance, structuration, convivialité et projet de territoire sont parmi les ingrédients clés de la recette gagnante de l'Asvel.

Deux partenariats forts ont récemment marqué l'évolution de l'Asvel. Le premier conclu avec le groupe de travail temporaire Adequat qui a donné son nom au futur centre de formation du club à Gerland (La Tony Parker Adequat Academy) et le deuxième, avec l'opération retentissante de naming de LDCL qui a conduit à la refonte du nom du club avec le groupe informatique lyonnais. Les montants n'ont pas été communiqués mais portent sur plusieurs dizaines de millions d'euros. « Dans les deux cas, nous partagions des valeurs communes comme le développement, l'ambition, le partage et bien sûr l'appétence pour le sport de haut niveau », explique Gaëtan Müller président délégué de l'Asvel. Un cahier des charges identique pour les neuf autres partenaires officiels actuels. « Notre objectif est de ne pas dépasser la quinzaine de partenaires officiels et nous avons la chance de pouvoir choisir ceux avec qui nous souhaitons poursuivre notre aventure », poursuit le dirigeant.

Parmi ceux-ci, l'entreprise Floriot Construction actuellement en redressement judiciaire (à l'heure ou nous imprimions cet article le TC de Lyon ne s'était pas encore prononcé sur l'offre de reprise proposée. Audience prévue le 7 mars) inquiète forcément le staff de l'Asvel. « La situation de l'entreprise m'attriste. Certaine fois pourtant cela fait partie de la vie des entreprises. Nous serons bien évidemment attentif au jugement rendu par le
tribunal. Nous avons envisagé plusieurs scénarios. Tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir ».

Volteo Batteries s'appuie sur l'OL pour prendre pied à Lyon

Présent à Lyon depuis 2009, le groupe bordelais spécialisé dans la distribution de batteries souhaite renforcer ses positions à Lyon et prendre pied fermement dans l'univers industriel. Un défi qu'il entend relever en s'appuyant sur son partenariat avec l'OL.

Pour Thierry Parienty, Pdg du groupe Volteo Batteries (50 salariés et 2,3 M€ de chiffre d'affaires), et l'ensemble de ses équipes, la venue des Girondins de Bordeaux au Groupama Stadium n'est pas anodine. Né à Bordeaux, il y a une quinzaine d'années, le spécialiste des batteries de démarrage est en effet impliqué depuis longtemps dans le sport. « Nous investissons dans le sport depuis de nombreuses années et notre Pdg est même président du club de Hockey sur glace de Bordeaux », raconte Jorge Ferreira, Directeur de la filiale de Lyon.

Installé à Saint-Priest depuis 2009, Volteo Batteries est également devenu partenaire de l'Olympique Lyonnais. Née du regroupement de plusieurs distributeurs, qui commercialisent des batteries pour les voitures, les motos, les avions… mais aussi des piles de montres, l'entreprise compte sur sa présence dans les tribunes du Groupama Stadium pour renforcer sa notoriété et développer ses réseaux régionaux. « Nous souhaitons également en profiter pour développer notre clientèle industrielle, qui est particulièrement importante dans la région », ajoute-t-il enfin.

Stal Participations joue la carte du foot féminin

Dans un premier temps fournisseur de l'OL lors de la construction du stade, puis partenaire officiel du club à sa mise en service, le groupe Stal est depuis cette année partenaire majeur de l'OL… féminin.

Anthony Stal, président du groupe Stal Participations, est un chef d'entreprise passionné de football. Installé à Chassieu à partir de 1984, ce groupe familial de Travaux Publics emploie aujourd'hui quelque 250 personnes pour 38 M€ de chiffre d'affaires. Très tôt, pour conforter ses positions et accélérer la croissance de son groupe, Anthony Stal s'est engagé aux côtés de l'Olympique Lyonnais. « Nous avons participé à la construction du stade et nous avons été partenaire du club dès l'ouverture du Groupama Stadium », explique-t-il. Un engagement qu'il ne regrette surtout pas, même s'il a décidé de revoir légèrement sa position cette saison.

« Nous avons infléchi notre stratégie, en orientant notre partenariat en direction des féminines », précise-t-il, avant de souligner que cette décision n'a aucune origine financière. « Le ticket d'entrée n'a pas joué dans notre choix. Nous avions un partenariat avec l'équipe masculine qui nous convenait très bien, mais à un moment donné on a eu une réflexion plus globale et nous avons souhaité développer de nouvelles choses », ajoute-t-il.

Lui-même président du club amateur de Chasselay Décines, qui évolue au niveau régional, Anthony Stal a vu progresser ces dernières années sa section féminine. « Sur 740 licenciés, nous avons 160 filles », se réjouit-il, convaincu qu'il y a derrière le football féminin des valeurs qu'il a envie de défendre. « Comme je m'efforce déjà de le faire dans l'entreprise », conclut-il.




Jacques DONNAY
Journaliste

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