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Entreprises : en région lyonnaise, l’engagement des patrons ne se dément pas

Souvent galvaudée, la notion d’engagement tient une place toute particulière dans le quotidien des chefs d’entreprise. Plus largement, celle-ci nourrit aussi leur représentativité à travers la prise de mandats au sein de grandes instances publiques. En région lyonnaise, cet engagement ; fondateur d’un certain militantisme syndical patronal, reste puissant.
Entreprises : en région lyonnaise, l’engagement des patrons ne se dément pas
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"Engagez-vous qu’ils disaient !". La formule empruntée au légionnaire romain dans la célèbre BD d’Astérix et Obélix, montre avec force les enjeux autour de l’engagement, qu’il soit associatif, politique, sociétal ou encore économique. Mérite, courage, abnégation, opportunisme et un peu d’inconscience parfois, apparaissent ainsi comme les maître-mots associés à une telle démarche.

Et si l’on file la métaphore militaire, l’engagement correspond dans l’armée, à un contrat par lequel une personne déclare vouloir servir pendant un temps déterminé.

Dans le milieu économique, les chefs d’entreprise se sont appropriés cette notion, sans limite de temps. En effet, quand on est patron, on l’est à vie. Et malgré parfois des échecs, la capacité de rebond qu’ont ces meneurs si singuliers, est de nature à emmener, au-delà de sa propre personne, des équipes, qu’il faut pouvoir motiver, faire progresser, tout en assurant leur bien-être en entreprise, et le tout, dans la durée…

Tâche d’autant plus ardue, que depuis un peu plus deux ans, les entreprises ont subi crise sur crise : Covid, guerre en Ukraine, avec comme corollaire des trous de trésorerie, des pénuries de matériaux et des hausses de coût de l’énergie impactant leurs production… Sans oublier l’une des crises les plus profondes et durables, celle de l’emploi. Car jamais, le marché du travail n’aura été aussi schizophrène avec près de 300 000 postes non pourvus par an, selon Pôle Emploi et un taux d'emplois vacants dans les entreprises de plus de 10 salariés à près de 1,4%– tandis que le taux de chômage se maintient à un niveau élevé avec 7,3 % au 2e trimestre 2022.

En France, le syndicalisme patronal n’a pas toujours eu bonne presse

Un paradoxe qui ne rend que plus flou, le cheminement des entrepreneurs, qui aiment fixer un cap mais qui, on le sait, ont horreur naviguer à vue.

En France, le syndicalisme patronal n’a pas toujours eu bonne presse mais les crises récentes montrent que l’étiquette de "grands patrons" s’élime, au bénéfice d’une vision beaucoup plus bienveillante et qui s’accorde mieux avec le maillage réel des entreprises françaises.

Au Medef par exemple, les adhérents des grands groupes ne représentent que 5 %, derrière les ETI (11 %) ou les entreprises de – 10 salariés (39 %). Et c’est bien par la mobilisation des organisations patronales dans leur ensemble auprès des différentes instances gouvernementales que les entreprises se sont vue par exemple payer moins d’impôts de production.

La force d’un syndicat c’est aussi celle d’une représentativité solide grâce à des adhérents issues de différentes filières et de taille d’entreprise, qui prennent des mandats dans diverses instances comme l’Urssaf, Pôle Emploi, la Sécurité sociale ou les Conseils de Prud’hommes. Des femmes et des hommes chefs d’entreprises présents au sein d’instances de leur écosystème pour mieux faire entendre leurs problématiques et attentes et s’éveiller à des enjeux qui dépassent de loin leurs propres entreprises.

Un Forum de l’engagement à Ecully le 7 juillet

Ce statut de mandataire, si précieux au fonctionnement d’un d’une organisation interprofessionnelle), sera à l’honneur lors du Forum de l’engagement qui aura lieu à Valpré (Ecully) le 7 juillet. A la manœuvre, le Medef Lyon-Rhône, en partenariat avec le Medef Auvergne-Rhône-Alpes. Objectif de cet évènement : promouvoir les mandats de représentation dans les instances du territoire, témoigner de la reconnaissance aux mandataires, répondre aux interrogations des entrepreneurs de façon vivante et en toute transparence et susciter des vocations.

Le Medef Lyon-Rhône, présidé par Gilles Courteix, adresse ce forum à ses adhérents, ses mandataires (et ceux régionaux), aux membres d’instances et d’institutions dans lesquelles le Medef désigne des mandataires et à tous les entrepreneurs du territoire. Les participants pourront découvrir les pôles de mandats dans lesquels le Medef est représenté comme les universités, les juridictions, les écoles, le domaine du logement ou encore l’emploi et la formation.

Vincent François, ancien négociateur au Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) sera « le grand témoin » de cette manifestation et proposera une conférence intitulée : "La crise de l’engagement, une fatalité ou un défi ?". Il déclinera notamment les leviers de la performance qui permettent de négocier, de performer et de construire une équipe qui gagne.

Jean-Luc Raunicher : "Au niveau régional, 350 mandataires du MEDEF sont investis dans une cinquantaine d’organismes"

Pour Jean-Luc Raunicher, Président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, "l’engagement des mandataires, outre l’enjeu de la représentativité, est clairement associé à la défense des entreprises et à la promotion de l’esprit d’entreprendre, au sein des différentes instances gérées patronalement ou paritairement, comme l’Urssaf, la Carsat, les CCI", délivre-t-il.

"Au niveau régional, 350 mandataires du MEDEF sont investis dans une cinquantaine d’organismes, et ce bénévolement bien sûr. C’est un vrai engagement au service de l’intérêt général ! Avec nos mandataires, nous souhaitons également insuffler un vent nouveau, contribuer à désinstitutionaliser notre organisation professionnelle pour promouvoir un MEDEF de contact, sur le terrain, au plus proche de toutes les entreprises de notre région".

Entreprises et engagement environnemental

Parmi les nombreux volets de l’engagement dans lesquels les chefs d’entreprises s’inscrivent, il y a celui de l’environnement. Présent en région à l’occasion de l’Assemblée générale du Medef Isère le 23 juin dernier, le président national du Mouvement des Entreprises de France, Geoffroy Roux de Beyzieux, s’est justement exprimé sur l’engagement des dirigeants à l’échelon environnemental, constatant que "l’inflation est due à des facteurs conjoncturels que structurels.On veut quitter l’énergie fossile pour aller vers les EnR : donc l’énergie coûtera plus cher de manière durable. Toutes les entreprises sont désormais engagées dans une forme de transition, même si cela dépend de la taille et du secteur d’activité. Mais où ? combien ? Et comment ? Un transporteur routier qui doit rouler en électrique dans les ZFE, ne pourra pas augmenter ses prix pour rembourser ses nouveaux investissements".

Et le patron des patrons de poursuivre : "Produire plus vert, dans 95 % des cas, c’est produire plus cher. Aujourd’hui, le carbone qu’on émet n’est pas taxé. On va tous aller petit à petit vers une taxation du carbone. La prise en compte des émissions va être de plus en plus forte, pour les entreprises comme pour la consommation des particuliers. Les entreprises ne réussiront pas la transition si les citoyens ne les accompagnent pas. On ne peut pas produire plus cher, parce que plus vert, si les consommateurs n’achètent pas. Il y a de la schizophrénie entre les résultats des études qui mettent en avant les bonnes volontés des citoyens, et ce qu’ils sont réellement prêts faire".

Geoffroy Roux de Beyzieux insiste aussi sur la nécessité de regarder l’empreinte carbone plus que les émissions.

"Si on arrête de faire rouler les camions et qu’on ferme toutes les usines, on n’émet plus aucune émission. Mais on aura tout remplacé par des produits importés qui auront une lourde empreinte. D’où notre soutien à la mesure de taxe carbone, qui a des défauts, mais qui philosophiquement, prend en compte le coût du transport et le mix énergétique".

Pour un ancrage territorial cohérent

Comprendre l’écosystème et le territoire dans lesquels on évolue, c’est aussi l’une des vertus du statut de mandataire comme en témoigne Mylène Franceschi, déléguée régionale du Groupe La Poste en Auvergne Rhône-Alpes et membre de la commission écologie du Medef Lyon-Rhône et aménagement du territoire de la CCI Régionale.

"En tant que représentante d’une entreprise de service public, la question de l’aménagement du territoire m’intéressait tout particulièrement. On peut avoir des visions différentes pour un même sujet, c’est cela qui rend enrichissant notre mission. Des sujets comme la décarbonation dans les métropoles et plus globalement de transition écologique, d’artificialisation des sols, d’accès au centre-ville, ou d’emplois, sont des thématiques qui animent nos réunions et qui font partie aussi des enjeux liés au développement de notre groupe localement. Echanger et partager des expériences avec par exemple une PME, forcément plus agile, nous donne des clés de compréhension et nous pouvons à l’inverse lui apporter une certaine expertise des grands groupes sur différents sujets".

Au-delà de pouvoir représenter son groupe, Mylène Franceschi explique l’intérêt de travailler dans une logique gagnante-gagnante en s’enrichissant des autres.

"Travailler ensemble sur des sujets communs et avec des visions différentes est source d’innovation".

La dirigeante tient aussi à évoquer le rôle d’un tel engagement auprès d’instances comme les Conseils de Prud’hommes, "qui ne pourraient pas fonctionner sans mandataires. Donner ainsi de son temps est fondamental et nécessaire auprès de telles structures qui sont nécessaires à la cohérence de notre société".

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