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Entreprise : les nouvelles voies de la mobilité

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Entreprise :  les nouvelles voies de la mobilité

Les mobilités douces pénètrent de plus en plus les préoccupations des salariés et des entreprises. Le 16 septembre dernier, une enquête Ipsos – Sopra Steria plaçait la protection de l'environnement à la première place des préoccupations des Français (52 %) devant le pouvoir d'achat. Pour certains (souvent les premiers à avoir franchi le cap), les aspects environnementaux sont moteurs. Pour d'autres, c'est l'argument économique qui prime, qu'il s'agisse du particulier qui se rend sur son lieu de travail, ou du chef d'entreprise soucieux de maîtriser les dépenses liées à sa flotte. Face à ces tendances, la société via les collectivités, les chambres consulaires ou les associations, accompagne les changements de comportement, imaginant des voies plus facilement cyclables, des applications de covoiturage, voire organise des éco-quartiers qui repoussent au second plan les parkings et véhicules carbonés et diésélisés. Une aubaine pour une poignée d'entrepreneurs, de plus en plus nombreux, qui construisent et développent un modèle économique basé sur la performance des mobilités douces.

l'ademe : organisateur des changements

Alors que depuis le 1er janvier 2018, les entreprises de plus de 100 salariés se trouvent dans l'obligation de mettre en place un Plan de mobilité (PDM), elles peuvent bénéficier de l'accompagnement de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Explications avec Mathias Copy, chargé de mission sur le management des mobilités au sein de l'Ademe Auvergne-Rhône-Alpes.

Quelles sont les missions de l'Ademe en matière de mobilité ?

L'agence accompagne les entreprises dans la mise en place de leurs plans de mobilité, plus particulièrement en lien avec les lois de transition énergétique et très exactement avec l'article 51 de la loi d'août 2015, qui oblige les entreprises de plus de 100 salariés à composer leur PDM, et à le remettre à leur AOM (Autorité organisatrice de transport). L'autre condition pour être soumis au PDM, c'est que l'entreprise doit être située dans le périmètre d'un Plan de déplacements urbains (PDU). Ces PDU concernent en général les agglomérations de plus de 100 000 habitants, mais plusieurs intercommunalités en deçà de ce seuil en ont aussi réalisé spontanément.

De quelle nature est cet accompagnement ?

Il n'est pas direct. Nous intervenons via une collectivité ou un opérateur, que peuvent être les CCI. C'est le cas avec la CCI du Nord-Isère qui nous a demandé le financement d'un chargé de mission pour initier les PDM inter-entreprises. C'est le cas aussi de la CCI Lyon - Saint-Etienne - Roanne.

On finance un poste en lien avec les collectivités territoriales, calculé au prorata du temps que les chargés de mission passent sur ce thème. Le bénéficiaire doit nous préciser le plan de charges et le détail des missions. Sur le Nord-Isère, on est sur 14 000 entreprises ressortissantes, certaines soumises à obligation, d'autres qui profitent de l'élan pour s'y engouffrer. Souvent, les entreprises de plus de 100 salariés sont situées sur des zones d'activités et sont entourées d'artisans ou de PME. Par effet de synergie, les wagons raccrochent la locomotive, sur la base du volontariat.

Quelles sont les grandes étapes de l'organisation du PDM ?

Il faut d'abord procéder au recensement des entreprises obligées ou intéressées par le PDM. Il y a souvent sur les zones d'activité des associations d'entreprises qui sont de bons interlocuteurs, qui peuvent conventionner avec les CCI. Elles sensibilisent aussi les chefs d'entreprises et leurs responsables qualité de vie et développement durable. Il y a ensuite une phase de diagnostic où l'on recense le nombre de salariés présents, leur origine géographique de résidence, le type de transports utilisés pour se rendre au travail… Enfin, la CCI accompagne les entreprises ou l'association d'entreprises dans le plan d'action opérationnel, lequel passe souvent par la sensibilisation au covoiturage (mise en relation avec des opérateurs spécialisés…)

Avez-vous un rôle concret dans la mise en place opérationnelle ?

Nous sommes en charge du diagnostic et de l'identification des solutions. Une fois le plan établi, c'est aux ZA, aux CCI et aux AOM de concrétiser des solutions. Mais nous pouvons intervenir sur certaines formations. Par exemple, alors que des zones nous font remonter la nécessité de maîtriser la dépense carburant des entreprises, nous proposons des webinaires de formation à l'éco-conduite. En effet, les préceptes de l'éco-conduite sont assez simples à mettre en œuvre (par exemple, pas de grosse accélération, anticiper le freinage…), mais le temps de retour en économie de carburant est fulgurant. On parle de 30 %.

Evidemment, outre l'économie financière sur le carburant, on économise des particules fines, des gaz à effet de serre… Car les flottes d'entreprises sont souvent diésélisées.

Estimez-vous que les entreprises se sont bien accaparé les PDM, et que la mobilité douce fait partie des préoccupations des dirigeants d'entreprises ? 22 mois après l'obligation, les entreprises soumises au PDU jouent-elles le jeu ?

Oui, ça devient une préoccupation sous-jacente. Toute entreprise aime maîtriser le poste énergie. Là où avant c'était essentiellement lié à une maîtrise de coût, on se rend de plus en plus compte que cela va de pair avec l'environnement. Malgré tout, nous sommes sur un chiffre qui est trop bas. Nous ne sommes pas aujourd'hui à 100 % des entreprises de plus de 100 salariés qui ont répondu à cette obligation.

Un mot sur le challenge mobilité ?

On incite toujours à participer aux challenges mobilité. Un jour précis dans l'année, les dirigeants et salariés sont invités à changer leur mode de mobilité pour se rendre au travail. Cela passe très souvent par l'organisation de covoiturage, le train, le bus, le vélo… Mais fait émerger d'autres façons de se déplacer très originales. Le kayak, ou le cheval par exemple. Globalement, l'idée de cette journée est de montrer qu'il y a d'autres façons de faire. Parfois elles sont adoptées à 100 % après les avoir essayées Parfois c'est quelques fois dans la semaine. Mais c'est déjà ça. C'est souvent plus une organisation qu'un effort.

Auvergne-Rhône-Alpes roule pour l'hydrogène

La Région Auvergne-Rhône-Alpes a été lauréate du Trophée de l'Innovation pour son programme de développement de l'hydrogène. Trophée remis le 30 septembre à l'occasion du Congrès des Régions de France, à Martine Guibert, vice-présidente déléguée aux Transports de la Région.

Faire d'Auvergne-Rhône-Alpes le premier territoire à hydrogène en France et en Europe », telle est l'ambition de Laurent Wauquiez, président de la Région Aura. La collectivité avait en ce sens lancé en 2017 le projet « Zero Emission Valley » (Programme d'un montant de 70 M€, soutenu par la Commission Européenne et dans lequel la Région a investi 15 M€ : 8 M€ pour l'aide aux véhicules et 7 M€ dans la société Hympulsion, en charge de déployer les stations hydrogène) pour accélérer le déploiement de l'hydrogène et développer la mobilité zéro émission de demain.

Capacité de stockage et de conversion d'énergie figurent parmi les avantages liés à l'utilisation de l'hydrogène face aux enjeux liées à la qualité de l'air.

La Région concentre de nombreux acteurs de la filière qui selon Laurent Wauquiez « présente un potentiel de croissance et un gisement d'emplois important ».
L'Afhypac, (association nationale réunissant les acteurs de la filière hydrogène) prévoit à l'échelon national, pour 2023, un développement à 100 stations et 5 000 véhicules.

A l'horizon 2050, l'hydrogène pourrait représenter 20 % de la demande en énergie finale, une réduction d'émission de CO2 annuelle de 55 millions de tonnes, 40 Mds € de chiffre d'affaires et 150 000 emplois.

Après l'inauguration en août dernier de la première station hydrogène à Clermont-Ferrand, celle de Chambéry devrait être opérationnelle d'ici la fin de l'année. Les prochains déploiements seront effectués à Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Moûtiers.

Lyon première ville des mobilités

Le classement du think tank Les Clés de la Mobilité positionnait Lyon au premier rang des agglomérations championnes de la mobilité en mars dernier.

Aux réseaux de trams, métros et bus existants, la ville déploie des solutions alternatives toutes aussi étoffées : trottinettes électriques, vélos (avec Vélo'v) et autopartage. Sans oublier plus récemment, la future voie réservée au co-voiturage qui sera testée début 2020 sur le boulevard urbain (Ex-A6/A7) sur le tronçon Dadilly/Pierre-Bénite. La reconnaissance de Lyon comme championne de la mobilité provient surtout d'une stratégie globale de la Métropole de Lyon en tant que ville intelligente, sur fond d'objectifs environnementaux clairement établis. D'autres expérimentations et projets Navya (voiture autonome) Optimod (application qui calcule un déplacement en temps réel quels que soient le ou les modes de transport utilisés) ou Opticities (programme pour l'amélioration de la mobilité urbaine) animent également la métropole lyonnaise.




Caroline THERMOZ-LIAUDY
Journaliste

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