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EMPREINTES DE MAIRES - Justin Godart

Pour terminer notre chronique, nous évoquerons l’un des remplaçants d’Herriot durant son absence pendant la guerre 1939-1945, Justin Godart, qui aurait pu être maire en 1905, car il est plus connu, plus âgé et plus engagé politiquement qu’Herriot.

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Comme cela ne s’est pas fait, il a préféré quitter la ville pendant quarante ans, plutôt que d’être l’éternel second.

Travail et hygiène

Né à Lyon en novembre 1871, il est très assidu au cours de ses études, jusqu’à être docteur en droit. Professeur, il enseigne à l’université et à l’école de la Martinière, A côté de cela, il est membre de la commission exécutive du parti radical. Il entre au conseil municipal en 1904, est élu député en 1906, puis sénateur en 1927. Spécialiste des questions sociales et d’hygiène, il est très actif à l’Assemblée, son oeuvre législative est remarquable. Il défend le capital humain, la vie, et demande que le salaire des femmes soit identique à celui des hommes. Il parle de retraite, de lutte contre le chômage, de repos hebdomadaire, de diminution des heures de travail, de syndicats... bref, de thèmes bien connus aujourd’hui ! Il plaide également en faveur de l’industrie de la soie lyonnaise, et obtient un crédit qui contribuera au relèvement de ce secteur. Il dépose aussi des rapports sur le travail de nuit, la journée de huit heures, et se préoccupe beaucoup de santé. Ministre à plusieurs reprises, il agit toujours en faveur du travail et de la santé.

Le maire de Lyon

Le 4 septembre 1944 est prononcée la déchéance de la délégation municipale nommée par Vichy, et l’administration de la ville est rétablie en sa forme républicaine. Le 6 septembre, Justin Godard est nommé par le commissaire de la République, Yves Farges, conseiller municipal chargé d’exercer, à titre provisoire, les fonctions de maire de Lyon. Il précise alors que son travail consistera à assurer santé et prospérité à la cité. Devant l’ampleur des dégâts causés par les bombardements allemands, Justin Godart procède à la création d’un service municipal de reconstruction, et fait établir des passerelles sur les fleuves, de nombreux ponts ayant été détruits.
Dans les quinze jours suivant la Libération, l’eau, le gaz, l’électricité, le téléphone et les transports publics sont rétablis. Le maire oeuvre pour la réouverture des écoles et des cantines. Une commission de ravitaillement est installée à la mairie pour approvisionner la ville : eau, bois, farine, charbon. Il récupère la statue d’Ampèrevolée par les Allemands, et fait en sorte que les noms de rues immortalisent certains personnages, tels Antonin Jutard ou Vivier-Merle, Jean Jaurès et Roger Salengro. Au niveau culturel, il fait restaurer le musée Gadagne et s’occupe de rouvrir les bibliothèques.
Il juge le capitalisme dangereux et prend parti contre, sauf lorsqu’il contribue à la création de richesses qui permettent d’obtenir un salaire raisonnable. Il défend la petite entreprise et le petit commerce. Le 18 mai 1945, Herriot revient à Lyon. Le lendemain, Justin Godart lui remet les clefs de la mairie.
Sa grande joie est d’avoir été maire provisoire de Lyon à la Libération, car même loin de sa ville, il lui est resté très attaché. Il a fortement participé à la fondation de la « lyonnitude », qui exprime l’identité économique, culturelle et politique de Lyon. La Ville lui a d’ailleurs décerné une place à la Croix-Rousse, qu’il a bien méritée.

Bruno Lépine

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