AccueilActualitéSociétéElie Marion, le « french prophet » qui prêcha en Allemagne

Elie Marion, le « french prophet » qui prêcha en Allemagne

Au moment de la révocation de l’Edit de Nantes, Elie Marion avait sept ans.

ActualitéSociété Publié le ,

Autour de lui, le monde protestant est alors en effervescence : environ 300 000 huguenots doivent quitter la France pour échapper aux massacres ordonnés par la Cour. Dans le Dauphiné, où le protestantisme est très présent, les départs sont nombreux : ne pouvant pas tous s’installer en Suisse, ils poursuivent leur route vers l’Allemagne. La ville libre impériale de Francfort-sur-le- Main, luthérienne de souche, joue en effet le rôle de « plaque tournante » du Refuge. Ainsi, de Francfort, les réfugiés se rendent soit en Brandebourg, où le grand Électeur favorise leur venue, soit vers d’autres États allemands, comme le landgraviat de Hesse-Cassel, Nuremberg ou Brême.

Crise de foi

Pendant ce temps, Elie Marion fait des études de droit à Toulouse, puis à Nîmes, dans l’optique de devenir notaire ou homme de loi. En tant qu’aîné de la famille, son père porte un soin particulier à son éducation, qui devrait lui permettre d’accroître la fortune et l’honorabilité de sa famille. C’était sans compter sur les événements religieux qui allaient secouer les Cévennes. Elie a 23 ans quand, en 1701, la vague du prophétisme déferle avec violence sur les Cévennes. Notre homme est ébranlé par la vision de ces jeunes prophètes qui, à Barre et dans les environs, appellent à la repentance puis, peu à peu, à la violence contre ceux qui persécutent les protestants. Au début de l’année 1702, le jeune homme est touché par ce qu’il appelle l’« Esprit divin » et se résout à rejoindre les camisards. Désormais prophète, il le restera jusqu’à sa mort. Au sein de la communauté cévenole, il n’agit guère comme un chef de premier rang, concentrant la majorité de ses actions sur des optiques religieuses. Mais étant un des rares intellectuels parmi ces combattants (il est aussi parti étudier à Londres), les dirigeants camisards utilisent ses capacités pour traiter habilement avec les autorités régionales.
Marion quitte définitivement la France au mois d’août 1705 et se rend à Genève, où il rejoint sa famille, exilée du royaume dès 1704. Si la Suisse a toujours fait figure de terre hospitalière vis-à-vis des protestants, les pasteurs genevois considèrent en revanche ces Cévenols d’un mauvais oeil. Se méfiant des prophètes, ils ne se cachent pas pour condamner leurs propos, qui s’écartent de l’orthodoxie calviniste. Elie Marion n’est pas le premier camisard à jouer le « French prophet » (nom que les Anglais ont donné à ces inspirés). Avant lui, Durand Fage, Jean Cavalier de Sauve ou encore Jean Allut avaient déjà dispensé leurs idéologies aux quatre coins de l’Europe : les Provinces-Unies et surtout l’Allemagne qui représentaient, à leurs yeux, un pays de mission et une terre mystique. .../...


Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5098 du samedi 26 avril 2014

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