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Editorial - Y'a plus de repères

Grand’père qui lisait chaque jour Le Gaulois jusqu’à ce qu’il soit repris en 1929 par Le Figaro, moins railleur mais tout aussi conservateur et mondain, Grand’père donc avait coutume de dire qu’en France, les gouvernements de gauche vidaient les caisses que, une fois de retour au pouvoir, les gouvernements de droite s’évertuaient à re-remplir.

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Que dirait-il, aujourd’hui, Grand’père, avec un gouvernement de gauche qui s’évertue à vouloir remplir les caisses de l’Etat par une imposition forcenée, caisses bien vides alors que l’on a vécu une dizaine d’années de gouvernement de droite. Y’a plus de repères.
Grand’père, qui avait connu, vous l’aurez compris, le début du XXe siècle, n’avait pas gardé un bon souvenir des emprunts russes, cette épargne des Français placée dans les entreprises de l’empire tsariste et dont les titres-papier (la dématérialisation n’était pas encore intervenue) ont fini après 1917 comme ersatz de papier-peint dans les toilettes (« Faut pas gâcher »...). Il serait étonné aujourd’hui, Grand’père, du renversement de situation, les pays du monde finançant notre dette française en ayant souscrit plus de 1 000 milliards d’emprunt de notre puissance publique. Y’a plus de repères.
Grand’père, qui a vécu le grand traumatisme de la Première Guerre mondiale, demeurait hanté par la boucherie des premiers mois du conflit, les fantassins français en pantalon rouge (!) chargeant des mitrailleuses qui les hachaient sur place. Aujourd’hui, comprendrait-il, Grand’père que ce soit... les bonnets rouges, patrons et ouvriers mêlés, qui montent à l’assaut des forces de l’ordre, dans un contexte, reconnaissons-le, moins tragique. Y’a plus de repères. Grand’père, fidèle aux traditions, n’aurait jamais rendu visite à ses chers disparus le 1ernovembre, fête de tous les saints: c’était réservé au 2 novembre, fête des morts. Aussi tomberait-il des nues, Grand’père, si on lui apprenait qu’on avait rendu hommage aux morts sans toit, au cimetière de la Guillotière, un mercredi 6 novembre, le matin, le préfet rendant hommage, lui, aux policiers morts pour la France, le même jour, mais l’après-midi, au cimetière de Loyasse. Y’a plus de repères.
Dans une telle situation, il n’y a plus qu’à faire confiance aux informaticiens : ils vont nous bidouiller, il suffit de leur demander, une sorte de GPS amélioré. Pour mieux nous repérer. Et cela, l’informatique-miracle, Grand’père n’a pas connu... Le regretterait- il ?

DT

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