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Editorial - Va comprendre, Charles...

Environ 110 000 personnes portent dans notre pays le prénom de Charles.

ActualitéSociété Publié le ,

Et sont susceptibles d’être surnommés Charlie. Au vu des réactions face aux attaques terroristes des jours derniers, le nombre de Charles/Charly a été multiplié par trente ou quarante. Et pour poursuivre à propos de ces événements sidérants, par le petit bout de la lorgnette, force est de constater que depuis au moins mille trois cents ans, ce prénom de Charles est étroitement lié aux confrontations de l’occident chrétien avec l’orient musulman.
Tout démarre avec le fondateur des Carolingiens, le fameux Charles Martel et son coup d’arrêt donné à l’invasion sarrasine à Poitiers (sans doute, quoique) en 732 (probablement) : c’est ce que l’on nous enseigne. Son petit-fils, né un siècle plus tard, lui aussi s’appelle Charles, Charles le grand, Charlemagne, si l’on préfère. Les Sarrasins, à son époque, sont au-delà des Pyrénées, et il part en expédition en Espagne en 778, échoue devant les murs de Saragosse, pille Pampelune en se retirant et son arrière-garde connaîtra des malheurs en retraversant les Pyrénées.
Sautons quelques siècles jusqu’aux croisades. C’est la septième qui nous intéresse, avec un certain Charles d’Anjou, le frère de Saint Louis. Le roi canonisé meurt devant Tunis au début de cette croisade et son frère Charles en prendra le commandement. Sans obtenir des résultats probants. Ce qui ne l’empêche pas, quelques années plus tard, d’acheter les droits pour la couronne du royaume de Jérusalem à Marie d’Autriche, contre une rente de quatre mille livres tournois par an. Jérusalem n’a pas de prix, mais un coût...
On arrive au XVIe siècle, et l’on est encore à Tunis : Charles Quint, souverain d’Espagne, d’Allemagne, des Pays-Bas, souhaite préserver ses intérêts en Méditerranée, s’empare de Tunis (1525) mais échoue à prendre Alger (1541). Pendant ce temps, son principal rival, le roi… François Ier (toute ressemblance avec une situation actuelle serait fortuite) s’allie avec l’empire ottoman...
Encore un siècle, et l’on se retrouve en 1683. Vienne est assiégée par les Ottomans. Un certain Charles de Lorraine, le 12 septembre, mettra, avec ses troupes allemandes et polonaises, en déroute les forces turques.
La Première Guerre mondiale est terminée. On est en 1929. Un certain Charles De Gaulle se retrouve officier d’État-major à Beyrouth, dans les troupes du Levant. Il participe aux opérations de pacification de la région du Bec du Canard, en Syrie (à l’époque sous mandat international français). Une région située à l’Est, aux confins de la Turquie et de l’Irak… Vous avez dit territoire du pseudocalifat de l’Etat Islamique en Irak et au Levant proclamé le 29 juin 2014 sur ces mêmes territoires ?
Charles De Gaulle toujours, et la boucle est bouclée si l’on ose dire : la page Une d’Hara-Kiri le 16 novembre 1970 annonce la mort du général avec le titre: « bal tragique à Colombey : un mort ». Le contexte : à Saint-Laurent-du-Pont (Isère), cent quarante-six personnes étaient mortes dans l’incendie d’une discothèque. Le journal fut interdit. Et le titre de son successeur, Charlie Hebdo, fait référence à Charles De Gaulle.
La boucle est bouclée, avec les Charles et les Musulmans ? Pas vraiment : peutêtre connaissez-vous le scénariste et dessinateur belge de BD, Jean-François Charles ; et les albums, fruit de sa collaboration avec Franck Giroud, intitulé Le Décalogue. Dix tomes au total. Toute l’intrigue repose sur un texte qui aurait été dicté par le prophète Mahomet et qui irait à l’encontre des prescriptions les plus violentes du Coran, le Djihad entre autres. Un texte gravé sur une omoplate de chameau…
Las, la réalité n’a pas rejoint la fiction…

D.T.


Sébastien Castellion (1515-1563), humaniste né dans l’Ain et formé au collège de la Trinité à Lyon (l’actuel lycée Ampère), s’avère plus que jamais d’actualité. L’auteur de Conseil à la France désolée (1562) écrivait en effet : « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle ».

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