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Editorial - Une loi gravée dans le marbre

Il va y avoir du travail supplémentaire pour les marbriers et autres graveurs de pierre.

ActualitéSociété Publié le ,

Car la loi qui a été adoptée définitivement le 22 février dernier fait obligation aux communes d’inscrire sur leurs monuments aux morts les noms des habitants « morts pour la France » quel que soit le conflit concerné. Depuis la fin des opérations en Algérie au début des années 1960, il y a eu plus de six cents militaires dans ce cas ; en revanche, pour les « morts pour la France » depuis les années 1920, date d’érection de l’écrasante majorité des monuments aux morts, c’est par centaine de milliers qu’il faut (macabrement) compter. Les monuments existants ont-ils suffisamment de place libre à graver ?
Etonnante cette loi qui vient d’être votée, et qui transforme le 11 novembre (cérémonie publique commémorant l’armistice de la Première Guerre mondiale depuis la loi du 24 octobre 1922) en journée d’hommage à tous les morts pour la France. Car, et c’est bien un paradoxe, seuls les morts pour la France durant la Première Guerre mondiale ne seront dorénavant honorés qu’une fois, alors que la majorité des autres pourront l’être… deux fois. Il n’a en effet échappé à personne que la réforme législative du 22 février 2012 ne crée pas un Memorial Day à la française puisque les onze autres cérémonies commémoratives officielles, créées par lois ou décrets entre 1920 et 2006, n’ont pas été supprimées. Vous avez dit jours fériés et souvenir d’une réforme de ce type avortée lorsque le président de la République s’appelait Valéry Giscard d’Estaing ?
C’est ainsi donc que les combattants d’Algérie, Tunisie et Maroc pourront être honorés le 5 décembre et le 11 novembre ; les harkis et autres membres des unités supplétives le 25 septembre et le 11 novembre ; les combattants d’Indochine le 8 juin et le 11 novembre ; les combattants de la Seconde Guerre mondiale le 8 mai et le 11 novembre… Mais les poilus que le 11 novembre.
Et puis, il est une combattante du Moyen Age qu’il sera toujours possible de commémorer très officiellement, le deuxième dimanche de mai, et cela en vertu de la loi du 10 juillet 1920, qui n’a pas été abrogée, instituant la « fête de Jeanne d’Arc (fête du patriotisme) ». Eh oui ! La Pucelle (une demoiselle) appartient légalement à tous les Français et en aucun cas comme certains voudraient vous le faire croire à un mouvement politique extrémiste.

D. T

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