AccueilSociétéEditorial : Une Chinoise, des Chinois... émoi, émoi, émoi !

Editorial : Une Chinoise, des Chinois... émoi, émoi, émoi !

Loin de nous l’idée saugrenue d’empoicrer une telle institution, royaume où l’élégance le dispute au charme.

ActualitéSociété Publié le ,

Mais enfin… Décerner l’envié titre de Miss Monde à la représentante chinoise, sur ses terres (à Ordos, une mégapole située en Mongolie intérieure, dans le nord de l’empire du Milieu), devant un public entièrement acquis à sa cause, relève presque de la gageure, voire de l’insulte. Une insulte non à la beauté de Yu Wenxia, poupée au sourire hyalin et à la gestuelle d’un automate effusif dans sa victoire, qui succède ainsi à la Vénézuélienne Ivian Sarcos, mais une insulte à ceux qui, naïvement, tel un mirage familier et inoffensif au coeur d’une conjoncture par trop défavorable, ne décèlent dans ce concours que l’aspect esthétique. Or cet événement obreptice comprend une charge politique de plus en plus prégnante. D’où notre émoi…

Et peut-on passer sous silence la poussée de fièvre nationaliste entre cette même Chine, aux desseins omnipotents, et le Japon ? Des militants nippons agitant de manière frénétique le drapeau blanc frappé du disque rouge sur les îles de l’archipel des Senkaku : la scène s’apparente à une provocation pour un gouvernement chinois qui revendique toujours ces îlots proches de Taïwan. Résultat : une population chinoise belliqueuse prompte à brûler le drapeau du voisin honni, mettant à sac certains fleurons de l’économie nippone, à l’instar des voitures et des restaurants de sushis. Une flambée de violences qui inquiète. D’où notre émoi…

Visage rotond et inexpressif, quasi absente, Gu Kailai écoute impassible la sentence qui l’accable. L’épouse du maire déchu de Chongqing et ancienne étoile montante du Parti communiste, Bo Xilai, a été condamné à mort pour le meurtre de l’homme d’affaires britannique Neil Heywood. Une peine selon toute vraisemblance commuée en prison à vie. Désormais, le destin de Gu Kailai s’écrira (à l’encre de Chine ?) entre quatre murs orbes. Quant à Bo Xilai, l’un des caciques du parti unique, il attend avec fébrilité l’ouverture de son procès. L’ancien responsable, suspendu du Bureau politique, sera jugé par la Commission disciplinaire du parti dans la plus grande discrétion, a contrario du très médiatique voire odéonesque procès de son épouse. Une justice chinoise qui ne se soumet pas au jeu de la transparence ! D’où notre émoi…

Des atermoiements judiciaires et des volontés expansionnistes qui ne peuvent cependant minimiser le remarquable parcours des athlètes chinois aux Jeux olympiques de Londres. Censé dresser un état des forces en présence dans la géopolitique du sport, le tableau des médailles révèle la belle moisson de la phalange asiatique – deuxième place derrière les Etats-Unis. La Chine glane bon an mal an 88 breloques, dont 38 du plus précieux métal. De son côté, Chen Guanming, illustre anonyme, a traversé seize pays et accompli plus de 60 000 kilomètres afin d’arriver à temps pour l’ouverture des Jeux à Londres. Un exploit réalisé en pousse-pousse. Mais un exploit non couronné de médaille. D’où notre émoi…

L.O.

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