AccueilSociétéEditorial - Un maroquin… pour se faire tanner le cuir !

Editorial - Un maroquin… pour se faire tanner le cuir !

On se souvient, lors du printemps arabe de l’année dernière, et des soubresauts politiques en Tunisie, d’avoir largement souri, à l’évocation – involontaire – par un media que l’on ne citera pas, du sort de « ministres tunisiens qui ne retrouvaient pas leur maroquin ».

ActualitéSociété Publié le ,

A Rabat, le problème ne se posait pas…
Les maroquins, chez nous aujourd’hui, sont donc attribués avec le gouvernement Ayrault numéro 2. Des maroquins désirés, enviés, convoités… paradoxalement alors qu’il s’agit de sièges éjectables. Battu aux élections : adieu le maroquin ; mise en examen : adieu le maroquin ; manifestation d’un demi million de personnes contre une réforme envisagée par ledit ministre : adieu le maroquin.
Le CDD ministériel (sans prime de précarité à l’arrivée), objet d’emploi du temps infernal, de pressions de toutes sortes et de toutes parts, de contraintes loin d’être négligeables, voilà qu’ils en rêvaient tous. En oubliant deux choses : d’une part que « l’instant ministériel s’avère fugace » (Sic transit gloria mundi, auraient dit nos ascendants) ; et d’autre part, que dans le fond, tous ces sacrifices ne sont même pas consentis en échange de la détention d’une parcelle de pouvoir.
Que n’ont-ils pas, nos aspirants à la fonction, rechercher l’étymologie du mot ministre ? Fonction de serviteur (ministerium). On est donc à l’opposé du magistère, fonction de maître, qui entre autres aura donné en français d’aujourd’hui le mot magistrat. De là à en conclure qu’un ministre ne pèse pas lourd face à un juge, c’est une question que l’on demandera aux anciens ministres qui ont été dans ce cas (celui d’une confrontation judiciaire) de trancher.
Sans oublier, encore un paradoxe, que les magistrats du Parquet, ceux qui sont en charge de veiller à la défense des intérêts de la société et de faire en sorte que les lois soient bien appliquées, s’appellent… le ministère public. Avouez qu’il y a des raisons… d’en perdre son latin.

D.T.

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