AccueilSociétéEditorial - Un hommage collatéral

Editorial - Un hommage collatéral

Jamais je ne remercierai assez mon père qui, dès ma naissance en 1947, a tout fait pour me faire découvrir le vaste monde, les pays d’Europe centrale d’abord mais aussi et très vite ceux de l’Afrique, de l’Amérique latine et même la Chine.

ActualitéSociété Publié le ,

C’est ainsi que j’ai pu être accepté par tous et que mon père a pu connaître la fierté de voir ses nombreux enfants, tous pareils à moi ou presque, se rendre indispensables dans de très nombreuses contrées.
Il faut reconnaître que moi et mes frères, on était vraiment fait pour rendre de très grands services, et cela pour presque rien car nous ne coûtons pas très cher vu notre rusticité. Vous en connaissez beaucoup, parmi vos semblables, qui permettent à des peuples opprimés de faire entendre leur voix ? Ou bien encore qui règlent définitivement les difficultés liées à des empêcheurs de tourner en rond ? Car moi et mes frères sommes très efficaces pour éviter que les situations délicates trainent en longueur. On arrive et hop, c’est vite solutionné. Radicalement.
Sans compter que l’on en oublierait que moi et mes frères sommes sexagénaires, tant nous avons conservé tous nos moyens ! Aussi efficaces que dans les années cinquante ; au reste, personne ne s’y trompe, on fait toujours appel à notre grande fratrie en cas de coup dur. A se demander pourquoi nos grands et multiples services n’ont pas encore été récompensés par les instances internationales : pourquoi pas la médaille des Nations unies, voire le prix Nobel de la paix ? Pourtant, ce n’est pas faute de nous faire entendre car, c’est vrai, nous sommes un peu bruyants.
Ainsi, c’est bien pour ce que nous considérons, moi et mes frères, comme une injustice, que nous avons décidé d’en appeler à l’opinion publique et que nous sollicitons les média pour ce faire. Nous voulons que nos services soient reconnus haut et fort. Et nous profitons de notre dernière action d’éclat, au bord de la mer Noire puisqu’il y a quelques mois, quand notre père est mort, le 23 décembre de l’année dernière, l’occasion n’a pas été saisie de nous rendre hommage à moi et mes frères.
Notre père qui nous a transmis son nom bien sûr, Mikhaïl Kalachnikov. Et oui, moi et mes frères, on nous connaît dans les milieux militaires sous le nom d’AK 47, mais notre vrai nom, Kalachnikov s’emploie dans toutes les langues.

DT

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?