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Editorial - Un air de famille

On passera sur les épisodes « vie privée » de la présidence de la République, dans un copié-collé de l’époque mitterrandienne, avec polygamie à la clef.

ActualitéSociété Publié le ,

Pas sûr que ce soit la meilleure posture pour rappeler à certains venus du sud qu’on ne peut pas prendre en compte leur demande de reconnaissance juridique par l’Etat français du droit à contracter plusieurs mariages. Ah ! La famille… Quand un gouvernement socialiste veut exorciser le passé – celui de la lutte contre les « 200 familles », celles de l’actionnariat de la Banque de France accusées, avant la guerre de 1939-45, de bloquer toute réforme voulue par les gouvernements de gauche – il trouve la solution, celle d’une « alliance » objective avec le Medef tant fustigé par la gauche de la gauche, mais au fond marqué du sceau de la « real politik ». Ah ! La famille, tantôt adulée par Victor Hugo (« Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille s’agrandit… »), tantôt clouée au pilori (« Famille, je vous hais ! Foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur. », citation d’André Gide qui n’hésitait pas à s’exclamer « Hugo, ce grand poète… Hélas »). Ah ! La famille, et ses défenseurs regroupés au sein du mouvement Manif pour tous, qui se font bruyamment entendre ces derniers temps. Des manifestants, oh le joli paradoxe, en partie inspirés par des clercs de l’église catholique qui ont fait profession de célibat. Ah ! La famille, les familles, en politique, qui renouent avec la détention héréditaire du pouvoir. On veut parler de tous ces députés ou sénateurs qui prennent filles ou fils comme assistants parlementaires ; de ces municipalités où l’on est maire de père en fils ; de ces partis politiques que l’on dirige de père en fille… Voire de ces organisations professionnelles patronales que l’on préside, avec quelques années d’écart, de père en fils. Ah ! Les familles, toutes entières accrochées à leur statut fiscal privilégié (vous avez dit quotient familial et sa réforme envisagée ?), le PDG du CAC 40 comme l’O.S. 2 (ndlr, ouvrier spécialisé 2) touchant la même somme en allocations familiales. Ah ! Les familles qui veulent se réunir dans quelques mois, dans un rituel touchant, pour les fêtes des mères, des pères et des grands-mères… A moins que ce ne soit, encore plus attendrissant, dans les conseils généraux, pour la remise de la médaille de la famille, labellisée République française. Attention pour les aspirants : il faut avoir élevé au moins quatre enfants de nationalité française dont l’aîné a atteint l’âge de 16 ans. Pas de doute, la famille aujourd’hui, c’est « tendance ». DT

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