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Editorial - Train-train

Mettez-vous à la place de ces pauvres bêtes, les normandes, les montbéliardes, les frisonnes et autres salers et tarines, à qui l’on a retiré leur seule distraction, voir passer les trains, la semaine dernière ! Ils y ont pensé, les syndicalistes de la SNCF, aux effets dévastateurs sur le moral des vaches ? Au train où allaient les choses la semaine dernière, l’inquiétude pointait chez les éleveurs : y aurait-il baisse de la production laitière ? Et pas question pour les autorités de prendre des mesures drastiques du type recours au train des équipages (comprenez l’armée) comme au début du siècle dernier.

ActualitéSociété Publié le ,

On pense à un certain Jules Moch, ministre socialiste en 1948, par exemple. C’est devenu quasi-impossible et franchement démodé, ce serait, si l’on ose l’expression, avoir un train de retard.
On l’aura compris, l’actualité a pris le train en marche la semaine dernière. Un exemple : les rumeurs qui allaient bon train et qui enflaient sur les fausses factures destinées à financer une campagne présidentielle avec une question revenant en boucle sur la destination des 17, voire 20M€ supposés. Cet argent est-il allé uniquement dans le financement de la campagne ou bien dans d’autres poches, selon le vieux principe qu’un train peut en cacher un autre ?
On a eu droit aussi, la semaine dernière, à l’équipe de football espagnole éliminée sans gloire de la coupe du monde. Si l’on était trivial, on dirait, de façon imagée, qu’ils se sont fait botter le train. Et toujours en Amérique du sud, l’Argentine apprenait qu’elle n’était pas sortie d’affaire pour le remboursement de sa dette avec la conséquence probable de devoir encore réduire son train de vie. Dans le même temps, les fêtards invétérés se mettaient en train pour la nuit du 21juin, non pas pour une commémoration républicaine de la «récupération» du roi LouisXVI en fuite à Varennes en 1791, mais pour la sempiternelle et bruyante fête de la musique: à fond de train, les décibels!
Et puis comme il n’y a pas que le foot dans la vie, les amateurs de cyclisme se préparent eux-aussi pour la Grande boucle. Pour certains passionnés et argentés, ce sera le train pour aller voir le départ puisque le Tour de France, pour ceux qui l’ignorent encore, débute dans la perfide Albion. Pour les autres, une des interrogations portera sur la vitesse moyenne des coureurs. Le train d’enfer du début des années 2000 a en effet baissé, avec l’intensification de la lutte contre le dopage. Mais la sacro-sainte règle du cyclisme, filer le train dans les échappées, elle, n’a pas de raison de disparaître. Le train-train, donc.

DT

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