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Editorial - (très) chers amis…

De surprise, aucune.

ActualitéSociété Publié le ,

Itou pour le suspense. Circulez, il n’y a rien à voir. Pas tout à fait, puisqu’après six décennies à présider aux destinées du conseil général du Rhône, les centristes ont rendu leur tablier de chef à l’UMP désormais aux commandes du conseil départemental, un navire flambant neuf. A la barre, largement élu dans son canton de Brignais, le capitaine Guilloteau a vu sa stratégie, affinée depuis des années, porter ses fruits. L’alliance décrétée en haut lieu par le binôme Sarkozy-Lagarde – l’ancien chef de l’Etat évoquant à maintes reprises « nos amis de l’UDI » – a trouvé un écho favorable sur des terres où régnait le cacique Michel Mercier (président du conseil général de 1990 à 2003). Cette politique consensuelle n’a pas fait que des heureux, certains centristes refusant de s’aligner derrière la figure tutélaire de Christophe Guilloteau lors du vote de la présidence de l’institution et ayant, dès le soir du second tour, émis sinon des critiques ouvertes, pour le moins exprimé de réelles réticences. Le prédécesseur de Guilloteau, Danielle Chuzeville, a rapidement exprimé son scepticisme à l’égard du personnage aujourd’hui aux manettes, doutant de ses capacités de rassembleur, fustigeant tout autant « son attitude peu constructive » que celle de « nos amis-adversaires de l’UMP », jugée agressive, dans le canton d’Anse. La politique reste la politique, un terrain où (presque) tous les coups sont permis, se muant en exutoire pour certains. Fi des querelles, des dissensions, des désaccords… Christophe Guilloteau n’a pas fait le plein chez ses « amis » centristes, loin s’en faut… Mais le nouvel homme fort du Département fait preuve de lénité. Sûrement parce que la victoire est un onguent des plus doux. Magnanime, il a octroyé deux strapontins de viceprésidents à ses homologues centristes (6e et 7e)… De l’autre côté de l’échiquier politique, résultante cinglante du verdict des urnes, la lame de fond, tranchante comme une faucille, a balayé les espoirs d’une gauche désunie. Un seul bastion sauvé, celui de L’Arbresle. Maigre consolation. A l’aune des élections municipales à Vénissieux, qui ont permis à Michèle Picard, maire communiste sortante, de reconquérir son siège, la fracture semble entérinée entre les divers appareils. Si elle domine la droite et le FN, et en dépit d’une participation faible (moins de 40 % de votants), Michèle Picard peut s’enorgueillir d’être la force principale à gauche. Le PS, en la personne de Lotfi Ben Khelifa, soutenu activement par Gérard Collomb, a fermé la marche de cette quadrangulaire. Un résultat préoccupant, qui scelle une campagne laniaire entre les deux partis de gauche. Et lorsqu’on exhume tous les communiqués de presse, ceux de la fédération du Rhône du PCF sont lourds de sens. Le dernier en date, le 1er avril, charge scripturale à l’endroit des édiles socialistes en place à Vaulx-en-Velin, apportait son soutien aux agents municipaux en grève, qui réclamaient l’amélioration de leurs conditions de travail, le respect du service public et l’instauration d’un véritable dialogue social. Entre le PS et sa frange plus extrême qui voit rouge, le dialogue semble rompu. D’où la prise de parole du taulier, Gérard Collomb, qui en appelle au rassemblement. Un voeu pieux ? Le maire de Lyon sait la tâche ardue, mais cette tentative, à l’instar de l’entrevue entre le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis et des représentants d’Europe Ecologie les Verts qui a abouti à la naissance de groupes de travail sur des thématiques variées, dont l’une purement écologiste, est un premier pas vers une reconstruction de l’union de la gauche. Dans l’optique d’éviter une vague bleue lors des Régionales de fin d’année, échéance électorale cruciale après le camouflet reçu au mitan de ce quinquennat.

L.O.

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