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Editorial - Templiers : spoliation d'héritage

« Commandeur d’un nouvel ordre templier… mouvement de croisés ».

ActualitéSociété Publié le ,

C’est reparti pour un tour avec Anders Behring Breivik en Norvège dans les délires paranoïaques à propos de l’ordre du Temple, qui dans ce cas très précis n’ont rien de risible loin de là, avec les conséquences qu’hélas on connaît. Etonnante, cette fixation d’esprits dérangés sur « les pauvres chevaliers du Christ et du temple de Salomon », appellation de cet ordre religieux et militaire créé en 1129 et dissous en 1311. En 1311, il y a exactement sept siècles, et qui plus est dans notre région, à Vienne pour être précis, lors du concile convoqué par le pape Clément V le 16 octobre.
Depuis des générations en effet, et le dernier épisode en Norvège n’en est qu’un des terrifi ants avatars, les Templiers ont inspiré divagations, élucubrations et, moins pire, rêveries aussi extravagantes qu’anodines. Ces derniers temps, les jeux vidéo ou le cinéma (« Le Sang des Templiers » vient de sortir en salle) ont pris la relève des romanciers chtarbés et pseudo scientistes déjantés, pour ne pas évoquer des sectes douteuses.
Ce qui apparaît étonnant dans l’affaire norvégienne, c’est cette revendication du « parrainage » templier au nom du refus du multiculturalisme alors qu’exactement à l’inverse, parmi les arguments invoqués pour la condamnation des Templiers, figurait leur trop grande proximité avec la culture musulmane, en l’occurrence l’adoration d’une idole appelée le Baphomet… Dans le même sens, on rappellera que les Templiers, forts de leur connaissance de la Terre sainte à l’époque du royaume chrétien de Jérusalem, ont souvent plaidé pour la négociation avec les musulmans, et systématiquement cherché à dissuader les nouveaux croisés arrivant tout feu tout flamme d’Europe de rechercher l’affrontement et la bataille rangée. A juste titre semble-t-il puisque lorsqu’ils ne purent imposer leurs vues, ce furent des désastres comme à Hattin (1187) voire à Mansourah (1250).
C’est donc bien rajouter à l’horreur une imposture que d’engager les Templiers sous la bannière du combat contre le multiculturalisme. On devait bien à Jacques de Molay et ses compagnons, brûlés injustement en 1314, le rétablissement de leur vérité.
Jacques de Molay dont une rue porte le nom, à Vienne.

DT

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